F-Liste de la blogosphère francophone

Les blogueurs Français, inspirés par les blogueurs États-Uniens, inspirés par on ne sait trop qui ont démarré une “F-Liste” dont l’objectif est d’augmenter la visibilité des petits blogues par le rang sur Technorati ou le Page Rank. La chose fonctionne ainsi:

« Reprenez dans son intégralité la liste de liens de la “F-Listâ€? telle qu’elle figure là où vous la découvrez.

* Ajoutez en début de liste le blog qui vous a permis de récupérer la F-List.

* Ajoutez les blogs que vous lisez régulièrement

* Postez sur votre blog.

La liste va ainsi circuler de blog en blog en s’étoffant rapidement de tout ce qui mérite d’être lu. (Important : n’ajoutez pas vous-même votre blog dans votre liste, vos suiveurs le feront.) »

Philippe Martin a eu l’idée de démarrer un truc semblable au Québec. Il m’a “pingé” (pingué ?) pour le bénéfice du projet d’OXFAM “Change la face du monde” (très beau projet par ailleurs). Je reprends donc la liste en incluant ledit projet, Philippe, et quelques blogues que je consulte:

Un petit pas pour l'homme

Je me suis mis à lire le blogue de Stéphane Dompierre lorsque celui-ci fit une parodie plutôt virulente et tout à fait à propos de la télésérie C.A. (sa description de l’émission Le Banquier est assez juste aussi).

Tout ça m’a donné envie de lire son livre.

Je viens de le terminer et l’ai beaucoup aimé. Très sympathique, assez drôle. Un portrait beaucoup plus plausible du mâle contemporain que ce qu’a pu rendre Louis Morissette dans C.A. qui avait pour dessein bien plus de placer des produits et de mauvais vulgarismes que de placer le trentenaire dans son contexte.

Tout ça pour dire que ça peut être payant pour un auteur (bon, c’est jamais trop payant d’être un auteur) de bloguer…

Venez me noyauter, juste pour voir

Ainsi, le Parti Libéral du Québec est à former un “escadron” de jeunes bénévoles qui iront “noyauter” les blogues de leurs commentaires pro-Libéraux.

Si cette initiative consacre l’idée que les blogueurs ont une influence grandissante, il reste que ses effets risquent d’être mineurs. Même si les blogueurs accordent une grande importance aux commentaires émis sur leurs sites, il s’agit que les propagandistes manquent le moindrement de subtilité pour que leurs interventions soit considérées comme du spam. Pas besoin d’askimet pour reconnaître un Libéral en train de “véhiculer les idées et valeures (sic) du PLQ au sein des nouveaux médias que sont les blogues”.

D’ailleurs, je me suis toujours demandé ce qui poussait quelqu’un à devenir un jeune Libéral. Mais ça, c’est une autre histoire…

Le journalisme civique, qu'ossa donne ?

Avant noël, je participais au congrès de la Fédération des journalistes professionnels du Québec, sur un panel à propos des médias citoyens.

Aujourd’hui, je répondais à une enquête d’un type fort sympathique, pour le compte de Patrimoine Canada, à propos des initiatives basées sur le contenu créé par l’utilisateur.

Début mars, j’irai en Europe faire de la prospective pour l’Agence de Presse Étudiante Mondiale avec qui Cent Papiers a récemment établi des liens privilégiés.

Les 22 et 23 mars, je ferai une présentation de Cent Papiers au colloque “Territoires émergents” de l’UQAM, en compagnie d’une demoiselle de “Parole citoyenne” de l’ONF.

Les 24 et 25 mars, je serai paneliste dans le cadre des “Nuits de la philosophie“, dans un atelier sur le cyberjournalisme.

Début avril, je présenterai probablement un atelier sur la mise sur pied de projets internet dans le cadre des “Rendez-vous jeunes citoyens“.

Voilà où me mène le journalisme civique pour l’instant. Dans trois mois, quand j’aurai (presque) terminé mon mémoire, je n’ai aucune idée de ce que je vais faire de ma vie. Ah, c’est vrai… je suis urbaniste…

Blogues et politique

Intéressant billet de Marc Snyder sur l’influence possible des blogues sur la campagne électorale. Selon lui, pour que les blogueurs aient un effet sur la campagne, il faudrait entre autres que:

“Un blogue politique (partisan ou non) doit sortir un “scoop”, une exclusivité. Quelque chose d’assez intéressant pour que d’autres blogues reprenne l’histoire et que cette histoire se retrouve dans les médias traditionnels (en espérant que les médias traditionnels donnent le crédit au blogue).”

En septembre dernier, j’avais révélé ce que je croyais être un scoop: des accusations de plagiat envers le ministre Benoît Pelletier. La nouvelle avait été reprise dans Le Devoir, mais par la suite, plus rien. Seul le Périscope avait “blogué” sur la chose. Antoine Robitaille, à qui j’écrivais que l’histoire n’avait pas ému grand monde, crois tout de même que l’événement a été noté au dossier du ministre et que d’autres choses pourraient venir. N’empêche que je suis surpris qu’aucun parti politique adverse n’ait pensé à se servir de cette nouvelle.

Tout ça pour dire qu’on pourrait aussi ajouter à la liste de Marc Snyder qu’il serait pertinent que les blogueurs politiques relaient massivement ce genre de nouvelle pour qu’un effet se fasse ressentir.

À moins bien sûr que je sois dans le champ et que ladite nouvelle ne soit pas digne d’intérêt…

Le Banquier

Je suis récemment tombé par mégarde sur le très éducatif jeu télévisé “Le Banquier”, animé par la pétulante Julie Snyder, qui selon certaines sources qui s’y connaissent pas mal en termes de médisance médiatique se serait fait légèrement refigurer après avoir eu un accident de canon sur un plateau de télévision française.

Ce qu’il y a de marquant chez les participants choisis selon des critères qui n’ont qu’à voir avec la façon dont ils gigotent, c’est la rationalité avec laquelle ils justifient leurs choix. Le cas d’une demoiselle de banlieue qui était accompagnée de sa mère pourvue d’un sixième sens (pas très sensible finalement) était particulièrement patent.

Qu’est-ce qui fait que ce genre d’émission soit si populaire ? Le zouf qui danse la claquette quand il choisit la bonne valise ? Les pitounes et pitons qui servent de supports auxdites valises ? Je ne sais pas, et je ne ferai pas de plus profondes investigations.

Le Carnaval de Québec, une présentation de…

On dit que l’on fêtait déjà le carnaval à l’époque de la Nouvelle-France, avant les privations du carême, mais la première édition organisée eut lieu en 1894. Depuis, les choses ont bien changé. L’élection des duchesses, une pratique jugée sexiste, a pris le bord, et le très originalement baptisé Bonhomme, une des rares mascottes ayant la faculté de parler, a fait son entrée (en 1954).

Le carnaval de Québec est le plus grand Carnaval d’hiver au monde et arrive au troisième rang, toutes catégories, en termes de nombre de participants (environ 2 millions).

Il est difficile de situer dans le temps le moment précis où le Carnaval de Québec s’est transformé en festival publicitaire. À n’en pas douter, la tenue d’événements de l’ampleur de ce carnaval nécessite l’apport de financement privé et suppose l’installation de banderoles à l’effigie des multiples bailleurs de fonds. Il reste qu’on peut se demander si la perversion n’a pas atteint un sommet à tel point que la publicité soit devenue la raison d’être plutôt que le support à une activité familiale.

Au Carnaval de Québec, on ne trouve pas un amoncellement de névasse (un mot joli pour dire « slush »), pas une congère en forme de sculpture qui ne soit commanditée. Le festivalier gorgé de caribou ne peut faire un pas sans entrer dans une nouvelle zone à l’effigie d’une grande marque. Même les zigotos de baigneurs sur neige, qui sont pourtant bien peu vêtus, arborent une tuque marquée du sceau d’un généreux donateur. Il en reste tout de même pour se peinturlurer le bidet d’un slogan accrocheur comme « Joyeux bonhomme ».

Les quelques chars allégoriques de la parade sont tous financés par une organisation, quand il ne sont pas simplement une complète publicité. Si l’allégorie ne charrie plus que des symboles commerciaux, il reste que la parade sert de tribune aux multiples écoles de danse et autres orchestres de la Capitale Nationale. Il y a au moins cela. C’est aussi le moment de gloire du service de police de Québec qui multiplie les zigzags afin d’épater la galerie grelottante, tout en passant outre sur la consommation affichée de ces carnavaliers qui s’obstinent à se faire aller la trompette, sans gêne aucune. Selon Wikipédia, le caribou, sorte de boisson officielle de l’événement, serait un mélange de porto, de sherry, de vodka et de brandy. Cependant, le breuvage infect rendu disponible sur les lieux par une société d’État bien connue, ne présente comme ingrédients que du vin, de l’alcool, et des arômes naturels.

Bref, d’un événement festif où la tradition est à l’honneur, le Carnaval se transforme en fête familiale où les enfants courent au-devant des échantillons gratuits de biscuits emballés et glissent sur les encarts publicitaires qui jonchent des allées aménagées à même les plaines d’Abraham. Reste qu’il y a moyen quand même de s’amuser à Québec en période carnavalesque. S’agit de sortir un peu des balises qu’offrent le festival…

Le Sportnographe chez Macadam Tribus

L’émission Macadam Tribus de Radio-Canada fait une édition spéciale sur la culture des amateurs de sport samedi prochain, le 10 février de 19:00 à 23:00. Pour cette occasion, l’équipe de l’émission a cru bon interviewé LA référence en matière de parodie sportive avec une fausse moustache, le Sportnographe. 10 minutes d’explications sur le pourquoi de notre existence, sur les médias sportifs, sur nos analystes préférés, et sur nos lecteurs chevronnés (en supposant que ça se puisse).

Notez que contrairement à CIBL, il n’est pas nécessaire d’apporter ses écouteurs à Radio-Canada.

Vous pourrez aussi y entendre un reportage mettant en vedette Ron Fournier, Michel Bergeron, Jean Dion et nous, s’ils ne nous ont pas coupé au montage parce qu’ils auront jugé que 10 minutes d’entrevue était suffisant. D’ailleurs, au cours de ce reportage, Jean Dion cite en exemple le Sportnographe, ce qui nous a beaucoup ému.

Pourquoi faire une émission sur les amateurs de sport pendant un match du Canadien ? Bonne question. De toute façon, vous pourrez l’écouter en différé sur le site de Macadam Tribus.

Mise à jour: le reportage susmentionné sera présenté à 19:23, et l’entrevue avec Jean-Philippe et moi, dans la quatrième heure.