Zapartistes : une fête qui tourne mal

Il faisait chaud, très chaud, hier au Cabaret La Tulipe où les Zapartistes tenaient une soirée électorale. La salle affichait « complet » et plusieurs optimistes qui espéraient pouvoir entrer sans avoir préalablement réservé leur billet durent rebrousser chemin et se contenter de Gérard D. Laflaque pour rire un peu avant que ne débute cette « soirée historique ». Nadine Vincent des Zapartistes expliquait d’ailleurs à un journaliste du Devoir qu’à « la vitesse où se sont envolés les billets vendredi dernier, il est certain qu’on aurait dû choisir une salle beaucoup beaucoup plus grande. »

C’est vers 19:30 que sont entrés sur scène les quatre membres du groupe, François Parenteau, Brigitte Poupart, François Patenaude et Christian Vanasse, pour faire un compte rendu satirique de la campagne électorale. Comme à leur habitude, même si on les sait indépendantistes et de gauche, aucun parti, pas plus que leurs chefs, ne fut épargné. Si quelques blagues tombèrent à plat, dans l’ensemble, les Zapartistes restèrent fidèles à leur réputation : drôles et caustiques.

Ainsi, Mario Dumont fut tout au long de la soirée présenté comme un débile léger (ou presque) qui « met ses culottes », André Boisclair dépeint comme aussi creux que nature, Jean Charest, comme un menteur peu subtil (très bon sketch sur les lapsus du Premier Ministre), et Françoise David comme un/une porte-parole. D’ailleurs, l’imitation de cette dernière chantant « une fille au masculin » dans une parodie des aspirations de Québec Solidaire sur l’air de la pièce « 3e sexe » du groupe Français Indochine était particulièrement… grinçante, disons.

Vers 20:30, les Zapartistes se sont effacés derrière un écran géant où trônaient Bernard Derome et des résultats qui laissèrent la salle – partagée (à l’oreille) entre le Parti Québécois et Québec Solidaire – sans voix. Jusqu’à 22:30, les seuls moments de réjouissance furent ceux où un quelconque Ministre Libéral se voyait défait, et encore là, quand ce n’était pas un Adéquiste qui prenait sa place.

À 22:30 donc, le son est coupé et le groupe revient sur scène pour constater le pire et pour s’accrocher à quelques moments jubilatoires, comme la défaite de Jean Charest à Sherbrooke, défaite qu’il allait s’avérer n’être finalement qu’unemauvaise blague une fois le Cabaret libéré de ses âmes en peine.

Le vidéo suivant (de mauvaise qualité, par ailleurs) montre ce retour sur scène des Zapartistes. On y voit ces derniers résumer la soirée à la manière de Michel Bergeron, ainsi qu’un extrait d’un potentiel discours de Porte et Parole de Québec Solidaire.

Ce second vidéo présente Christian Vanasse déclamant une allocution de la défaite sous les traits (vocaux) d’André Boisclair. On l’entend entre autres dire : « Je garderai toujours le souvenir d’un peuple fier, d’un peuple d’irréductibles, d’un peuple presque Gaulois. Avec toutes ses différences oui, toutes ses chicanes, qui se bataille, qui se cogne dessus, qui s’envoie chier, mais un peuple quand même. Un peuple fier, qui n’a peur que d’une chose, c’est qu’un viaduc lui tombe sur la tête ». Ça fait mal à son peuple.

Sans attendre les discours des chefs, satisfaite de ceux que les Zapartistes avaient improvisés, la foule se dispersa tranquillement. Dehors, il pleuvait.

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