Catégorie : monologue

En revenir, de Didier Raoult

Je suis toujours surpris d’entendre encore des gens vanter les mérites des solutions de Didier Raoult, ce médecin français qui croyait pouvoir guérir tout le monde à coup d’hydroxychloroquine.

Libération avait un article intéressant sur la place qu’ont fait les médias français à ses fans:

Si le gouvernement n’avait pas été empêtré dans ce mensonge originel, les élucubrations de Didier Raoult sur la chloroquine puis l’hydroxychloroquine n’auraient pas eu pareil retentissement. Mais confrontés à un mensonge d’Etat, nombre de Français dénués de culture scientifique ont pris pour argent comptant les affirmations rassurantes d’un mandarin narcissique qui s’exonérait de la nécessité de prouver ses dires par des études correctement menées, en s’autoproclamant supérieur au reste du monde scientifique : «L’élite, c’est moi.» Dans le sillage de Raoult, un grand nombre d’élus Les Républicains a milité activement pour l’hydroxychloroquine, avec autant de zèle que d’incompétence. Christian Estrosi a visité un Ehpad à Nice pendant la campagne des municipales, sans masque, alors même qu’il était contagieux, et a vanté le traitement miracle du professeur marseillais, sans autre argument que son expérience personnelle : «On n’a pas le temps de tester sur des souris pendant six mois.»

Covid-19 : onze mois à suivre «les Experts : autoproclamés»

Ils sont plusieurs dans la « Chambre d’Écho-vedettes », cette clique de personnalités déchues qui peuple les réseaux sociaux, a continuer de suivre leur gourou Raoult.

C’était aussi le cas du Dr. Marc Lacroix, régulièrement invité à Radio X pour analyser les dernières nouvelles de la pandémie. Il disait en avril que la chloroquine avait entre autres protégé l’Afrique.

– Cent millions de population, c’est quand même assez gros. Combien y’a de morts actuellement en Éthiopie? Deux. Pourquoi? J’ai regardé, la cause numéro un de mortalité en Éthiopie actuellement, c’est le paludisme, donc la Malaria. 

– Donc sont protégés par la chloroquine. 

– Exactement

Aujourd’hui, il doit se défendre auprès du Collège des médecins suite à des plaintes reçues à son endroit.

Les effets pervers de Twitter sur le journalisme (bis)

Je vous parlais il y a quelques jours de l’influence exagérée qu’a Twitter sur les médias.

Cette semaine, on pouvait lire un très bon article de La revue des médias qui nous rappelle que Twitter, c’est pas la vraie vie.

Quatorze ans après la création de Twitter, ce ne sont plus les contraintes de la limite d’espace (140 caractères, puis 280) qui font débat chez les journalistes, mais toutes sortes d’autres effets pervers, à commencer par le risque de s’exposer à une représentation tordue du monde. Sur Twitter, les journalistes rencontrent surtout beaucoup d’avis de… journalistes. Et comme dit l’adage, citer un journaliste, pour un journaliste, c’est comme danser un slow avec sa sœur, c’est facile mais ça n’a aucun intérêt. 

Le risque est bien sûr de confondre Twitter avec la société toute entière, comme ce rédacteur en chef répondant « Je ne vois rien sur Twitter » à quelqu’un qui l’alerte sur un mouvement social, d’oublier que le réseau social nous renvoie un monde à notre image (et à la sienne), écho des préoccupations des gens que l’on a choisi d’y suivre. « L’affaire Mila, par exemple, était un truc vécu par les gamins sur Snap. Twitter n’était pas le bon endroit pour apprécier ce que ça a créé chez les jeunes », se souvient Grégoire Lemarchand, rédacteur en chef investigation numérique à l’AFP.

Les réseaux sociaux induisent aussi une vision déformée de l’appréciation de notre travail.

Autre biais, la façon dont Twitter peut affecter le travail du journaliste sensible à ce qui se dira de lui. Et cela sans même parler du harcèlement. Peser chaque mot qu’on écrit, chaque mot qu’on dit en se demandant comment telle ou telle phrase extraite de son travail peut contribuer à se faire démolir sur les réseaux sociaux, c’est déjà signe que quelque chose ne va pas. « Dix ou quinze mentions et tu ne passes pas une bonne soirée », résume Nabil Wakim. Rares sont les journalistes à l’épiderme suffisamment épais pour ignorer sereinement les salves de « encore un journaliste qui comprend rien… » L’envie de plaire perturbe aussi la façon de travailler. Xavier de La Porte l’a expliqué dans son podcast Le Code a changé.« Les gens qui gagnent des followers sont des gens qui au fond disent toujours un peu la même chose. […] Dès qu’on sort de notre cadre, notre voix porte moins, on recueille un nombre assez faiblard de likes et retweets par rapport aux autres posts ; ça incite à toujours aborder les sujets sur lesquels notre voix porte et de la façon dont on sait qu’on est attendu, pour recevoir une sorte d’assentiment de la communauté. »

Je peux témoigner qu’il est très difficile de lire des commentaires négatifs sans en être affecté, même si ce commentaire ne représente l’opinion que d’une seule personne. C’est sur ce commentaire qu’on accroche, même s’il n’est pas représentatif et il faut se parler à soi-même pour que ça n’influence pas nos manières de faire.

Ça n’empêche pas que je ne me passerais des réseaux sociaux pour rien au monde. Les bénéfices sont plus grands que les effets néfastes.

Du retour à la brutalité

Malgré le titre pour le moins intense, j’avais trouvé intéressante la lettre ouverte (Le Québec, champion mondial de la brutalité) où le professeur Normand Mousseau contestait la pertinence des nouvelles mesures sanitaires.

La liste des signataires faisait toutefois douter. M. Mousseau est prof de physique. Il y avait aussi une psychologue, un vétérinaire et un prof de français. Pas de mal à ça, mais c’est moins crédible que s’ils avaient été experts en santé publique.

Or voilà que M. Mousseau doit s’excuser qu’une des autrices soit complotiste et un autre signataire s’en dissocie en partie.

¯\_(ツ)_/¯

La puissance dialectique contre l’indignation

Jocelyn Maclure dans La Presse à pitons:

On sait que ces chroniqueurs aiment exploiter jusqu’à plus soif chaque intervention malheureuse ou réaction disproportionnée de certains militants progressistes, mais quand les a-t-on vus faire preuve d’une véritable force dialectique ? Discutent-ils de façon honnête et rigoureuse des thèses défendues par des intellectuels qui épousent des conceptions concurrentes du bien commun ? Respectent-ils la complexité des faits et des enjeux qui sont au cœur de nos débats de société ? Je les vois plutôt choisir de façon stratégique les faits qui les arrangent, généraliser de façon abusive à partir de cas d’espèce et dénaturer ou caricaturer de façon grossière les positions qu’ils abhorrent, mais je suis prêt à réviser mon jugement si on attire mon attention sur des interventions démontrant de leur part une véritable puissance dialectique.

La faiblesse dialectique

Je trouve qu’il y a de nombreuses critiques légitimes du mouvement “woke” et de ses dérives. Mais je me questionne sur les intentions des porte-étendards de ces critiques.

Polariser pour régner, comme on dit.

Malheureusement, c’est le propre de l’industrie de l’indignation qui est en pleine forme aux États-Unis:

“Americans are much more reasonable and moderate than what you might guess when you see a little Twitter war. But I’m guessing that the purpose of many Twitter wars is to polarise people and, in fact, we’ve seen that happen because you can often trace some of the fighting groups to the same location. Outrage is profitable. Most of the outrage I’ve seen in the online world – I would guess 80% – someone’s faking it for profit.”

Craigslist’s Craig Newmark: ‘Outrage is profitable. Most online outrage is faked for profit’

Il faudrait peut-être s’offusquer davantage des gens qui s’offusquent trop.

George Orwell, la décence ordinaire et la #covid1984

Court texte dans Le Devoir sur la décence ordinaire prônée par George Orwell.

On parle beaucoup d’Orwell, mais on en parle mal — ou plutôt, on cerne mal l’essentiel, la part de son œuvre qui, en ces temps difficiles, pourrait nous venir en aide, nous aider à comprendre. Pour peu que l’on renonce à une lecture orientée de 1984, on tombera assez vite, en lisant les romans, les essais ou les récits-reportages du pamphlétaire, sur un concept fondamental : celui de la « common decency », que l’on traduira avec Bruce Bégout, auteur d’une étude sur le sujet, par « décence ordinaire ».

Penser la pandémie avec George Orwell

Comme l’explique l’auteur Nathan Murray, Orwell est cité à tort et à travers depuis le début de la pandémie. Un des pires exemples est l’émergence du mot-clic #covid1984, qui est même utilisé par certains chroniqueurs relativement en vue dans nos médias.

L’ignorance, c’est la force, comme disait l’autre.

Quand votre aspirateur vous espionne (et votre ampoule aussi)

Beaucoup d’articles par les temps qui courent sur l’espionnage ménager. Hier, La Presse nous parlait d’unecompagnie montréalaise qui vend des machines pour intercepter les communications de téléphonie cellulaire.

Gros comme une valise, ces dispositifs de surveillance sont typiquement munis d’antennes qui simulent le signal des tours cellulaires des fournisseurs de téléphonie. Le téléphone des individus faisant l’objet d’une enquête s’y branche en se faisant leurrer par le faux signal cellulaire, ce qui permet aux policiers d’intercepter des informations d’intérêt pour leur enquête. Mais dans les secteurs plus densément peuplés, ils peuvent théoriquement aussi leurrer au passage les téléphones d’utilisateurs innocents, dont ils captent également les données.

Mais il est aussi possible d’espionner en piratant les appareils que vous possédez à la maison. Du moins, théoriquement.

Des chercheurs sont parvenus à écouter des discussions par l’entremise d’un aspirateur robot: Spying with Your Robot Vacuum Cleaner: Eavesdropping via Lidar Sensors

Eavesdropping on private conversations is one of the most common yet detrimental threats to privacy. A number of recent works have explored side-channels on smart devices for recording sounds with- out permission. This paper presents LidarPhone, a novel acoustic side-channel attack through the lidar sensors equipped in popular commodity robot vacuum cleaners. The core idea is to repurpose the lidar to a laser-based microphone that can sense sounds from subtle vibrations induced on nearby objects.

D’autres l’ont fait en analysant les vibrations d’une ampoule: Spies Can Eavesdrop by Watching a Light Bulb’s Vibrations

Researchers from Israeli’s Ben-Gurion University of the Negev and the Weizmann Institute of Science today revealed a new technique for long-distance eavesdropping they call “lamphone.” They say it allows anyone with a laptop and less than a thousand dollars of equipment—just a telescope and a $400 electro-optical sensor—to listen in on any sounds in a room that’s hundreds of feet away in real-time, simply by observing the minuscule vibrations those sounds create on the glass surface of a light bulb inside. By measuring the tiny changes in light output from the bulb that those vibrations cause, the researchers show that a spy can pick up sound clearly enough to discern the contents of conversations or even recognize a piece of music.

Et enfin, certains sont parvenus à voler des informations sur un ordinateur déconnecté de l’internet en transformant de façon logicielle le courant électrique dans une barrette de mémoire RAM: Academics turn RAM into Wi-Fi cards to steal data from air-gapped systems

Since Wi-Fi signals are radio waves and radio is basically electromagnetic waves, Guri argues that malicious code planted on an air-gapped system by attackers could manipulate the electrical current inside the RAM card in order to generate electromagnetic waves with the frequency consistent with the normal Wi-Fi signal spectrum (2,400 GHz).

Bientôt, il va nous falloir un firewall pour toute la maison…

Les 15 meilleures chansons de 2020

Voici mes 15 chansons préférées de l’année, pas nécessairement dans l’ordre.

  • Tame Impala – Lost in yesterday
  • Caribou – You and I
  • Zen Bamboo – Glu (coule sur moi)
  • Louis-Jean Cormier – Face au vent
  • The 1975 – People
  • Perfume Genius – Your body changes everything
  • The Dears – Instant Nightmare!
  • Ondara – Lockdown on date night tuesday
  • Antoine Corriveau – Maladresses
  • Comment Debord – Chalet
  • Run The Jewels – JU$T
  • P’tit Belliveau – Income tax
  • The Strokes – The adults are talking
  • Yves Tumor – Gospel for a new century
  • Soccer Mommy – Circle the drain

La liste de lecture est sur Spotify.

Nous sommes des hommes (et des femmes) des cavernes

Toujours intéressant de lire sur l’origine lointaine des comportements humains. Normand Baillargeon dans Le Devoir au sujet des complotistes:

Pour aller à l’essentiel, disons que l’évolution a placé en nous des manières de penser qui nous ont été fort utiles et qui sont devenues des automatismes. On a demandé à Louis des exemples. Il en avait. Nous avons, dit-il, longtemps vécu en petits groupes et nous avons tendance à valoriser les informations provenant des gens que nous connaissons. Celles avertissant d’un danger (il y a des serpents là !) ou d’un risque attirent plus notre attention. De même, on voit bien et on se rappelle plus facilement ce qui cadre avec ce que nous savons que ce qui le contredit.

Petit Louis à la rescousse

Ça me rappelle cet épisode du balado Hidden Brain sur l’indignation. Ce serait aussi dans notre nature de s’indigner. C’est une caractéristique importante de l’évolution de l’être humain.

C’est gratifiant de dénoncer, selon les experts du cerveau.

Et quand je dis experts du cerveau, je ne parle pas seulement du Doc Mailloux.

Ça nous apporte du plaisir parce que tout au long de l’histoire, l’indignation, ça aidait à réguler les comportements des individus. Si dans un groupe, quelqu’un a un comportement douteux, c’est l’indignation des autres qui fait qu’il va se corriger.

Quand un homme des cavernes se décrottait le nez ou checkait son téléphone en conduisant son ptérodactyle, les autres s’en indignaient et après il changeait son comportement.

Sauf qu’avant, l’indignation se faisait dans un contexte de face à face qui atténuait la chose. C’est bien différent avec les réseaux sociaux. 

Le biologiste américain E. O. Wilson a une belle façon de décrire notre époque.

Le vrai problème de l’humanité, c’est que nous avons des émotions du paléolithique, des institutions du moyen-âge et des technologies dignes des Dieux.

Donc avant, nos émotions nous permettaient de deviner l’approbation des autres selon leur visages, pas selon un like. Ce n’est plus le cas avec les réseaux sociaux. On a un compteur de notre indignation.

40 chansons Québécoises que vous n’entendrez pas à JS Tendresse

Après les 100 meilleures chansons en anglais par des groupes pas trop grand public, voici les 40 pièces que vous n’entendrez pas à JS Tendresse, animé par Jean-Sébastien Girard. Et ce n’est même pas juste du maudit criage.

Disponible sur Spotify ou ci-dessous.

Les 100 meilleures chansons en anglais par des groupes pas trop grand public

Pour le plaisir, j’ai constitué une liste de lecture de pièces en anglais desquelles je ne suis jamais déçu lorsque mon “shuffle” tombe dessus, mais qui ne sont pas interprétées par des artistes ultra-connus. Ça s’écoute bien en voiture, en faisant du jogging ou en rouli-roulant.

Disponible sur Spotify ou dans la liste ci-dessous.

!!! – Even When The Water’s Cold
Adam Green – Hard to Be a Girl
Andrew Bird – Sisyphus
Arab Strap – The Shy Retirer
Atlas Sound – My Angel is Broken
Beach House – Walk in the Park
Belle & Sebastian – Piazza, New York Catcher
Blonde Redhead – Dripping
Bright Eyes – Lover I don’t Have to Love
Cage the Elephant – Broken Boy
Calexico – Close Behind
Casears – My Heart is Breaking Down
Clap Your Hands Say Yeah – The Skin Of My Yellow Country Teeth
Clearlake – Almost The Same
Clor – Good Stuff
Cut Copy – Time Stand Still
Death Cab for Cutie- No Room In Frame
Death From Above 1979 – Freeze Me
Destroyer – It’s Gonna Take an Airplane
Divine Fits – Flaggin A Ride
Django Django – Hail Bop
Eels – I Like Birds
Elf Power – Skeleton
Elliott Smith – Needle In The Hay
Espers – Daughter
Evergreen – Bloom
Flight of the Conchords – If You’re Into It
Foxygen – San Francisco
Goldfrapp – Satin Chic
Half Moon Run – Full Circle
Hayden – Bass Song
Hot Chip – Motion Sickness
Hot Hot Heat – Goodnight Goodnight
Interpol – Obstacle 2
Islands – The Arm
Jay Reatard – Waiting for Something
Jay-Jay Johanson – On The Radio
Jens Lekman – I’m Leaving You Because I Don’t Love You
John Frusciante – Murderers
Komeda – Elvira Madigan
Kurt Vile – Pretty Pimpin
Ladytron – Seventeen
Low – Congregation
Metric – Dead Disco
Metronomy – The Upsetter
Miike Snow – Paddling Out
Modest Mouse – Lampshades on Fire
My Morning Jacket – Victory Dance
Neon Indian – Annie
Neutral Milk Hotel – Two-Headed Boy
of Montreal – Rapture Rapes the Muses
Ok Go – Maybe, This Time
Parquet Courts – Total Football
Queens of the Stone Age – My God Is The Sun
Soccer Mommy – Your Dog
Spoon – Stay Don’t Go
Stephen Malkmus – Shiggy
Stephen Malkmus – Shiggy
Tame Impala – The Moment
Tapes ‘n Tapes – Hang Them All
The Antlers – I Don’t Want Love
The Apples in Stereo – Seems So
The Barr Brothers – Wolves
The Coral – Sorrow or the Song
The Czars – Paint the moon
The Dears – We Can Have It
The Decemberists – The Legionnaire’s Lament
The Donnas – Play My Game
The Dresden Dolls – Sex Changes
The Evens – Everybody Knows
The Exploding Hearts – I’m a Pretender
The Faint – Southern Belles in London Sing
The Fall – Mountain Energei
The Flaming Lips – Do You Realize?
The Killers – Somebody Told Me
The Knife – Neverland
The Libertines – Vertigo
The Magic Numbers – Love Me Like You
The Magnetic Fields – I Thought You Were My Boyfriend
The Mountain Goats – Mole
The National – Anyone’s Ghost
The New Pornographers – The Jessica numbers
The Postal Service – Such Great Heights
The Rakes – We Are All Animals
The Raveonettes – Love in a Trashcan
The Shins – Mine’s Not A High Horse
The Soft Pink Truth – Promofunk
The Thermals – Returning to the Fold
The Unicorns – Inoculate the Innocuous
The Walkmen – Heaven
The War on Drugs – Red Eyes
The xx – Islands
Tindersticks – Tiny Tears
TV On The Radio – Happy Idiot
Vampire Weekend – White Sky
We Are Wolves – L.L. Romeo
Ween – Gabrielle
White Rabbits – The Plot
Wild Beasts – Mecca
Wolf Parade – Dear Sons And Daughters Of Hungry Ghosts