Erratum: pas une crowbar, une barre d’énergie

J’adore les corrections dans les articles de journaux.

CORRECTION: A previous version of this story misstated that Rep. Ted Lieu grabbed a crowbar before leaving his office. He grabbed a ProBar energy bar.

« Une version précédente de cette histoire indiquait de façon erronée que le Rep. Ted Lieu avait emporté une crowbar avant de quitter son bureau. Il s’agissait plutôt d’une barre d’énergie. »

Les extrémistes évangéliques et la rébellion Trump

Je suis toujours fasciné par l’omniprésence de la religion aux États-Unis, même chez les plus “raisonnables” des politiciens. Il semble que la religion joue en grand rôle dans une mouvance QAnon / Trump / Jésus:

The spread of falsehoods about the integrity of the election — and now the roots of Wednesday’s rioting — have deeply infiltrated conservative Christian circles. Apocalyptic evangelical beliefs about the end of the world and the coming divine judgment blur with QAnon conspiracy theories that falsely assert the country is dominated by deep-state bureaucrats and pedophiles.

Abigail Spaulding, a stay-at-home mother of 15 who traveled to the rally with friends from her church in South Carolina, broke down in tears as she spoke about her fears for her children under a Biden administration. She said her husband had explained to their children that when Mr. Biden is sworn in as president, “they can take the Bible and call it hate speech and throw it out.” And she had other worries about Mr. Biden, drawn from Facebook and Twitter — all of which were false.

How White Evangelical Christians Fused With Trump Extremism

On ne peut que se réjouir que ce ne soit pas un facteur dans nos débats politiques ici. Du moins, pas un facteur affiché.

Les effets pervers de Twitter sur le journalisme (bis)

Je vous parlais il y a quelques jours de l’influence exagérée qu’a Twitter sur les médias.

Cette semaine, on pouvait lire un très bon article de La revue des médias qui nous rappelle que Twitter, c’est pas la vraie vie.

Quatorze ans après la création de Twitter, ce ne sont plus les contraintes de la limite d’espace (140 caractères, puis 280) qui font débat chez les journalistes, mais toutes sortes d’autres effets pervers, à commencer par le risque de s’exposer à une représentation tordue du monde. Sur Twitter, les journalistes rencontrent surtout beaucoup d’avis de… journalistes. Et comme dit l’adage, citer un journaliste, pour un journaliste, c’est comme danser un slow avec sa sœur, c’est facile mais ça n’a aucun intérêt. 

Le risque est bien sûr de confondre Twitter avec la société toute entière, comme ce rédacteur en chef répondant « Je ne vois rien sur Twitter » à quelqu’un qui l’alerte sur un mouvement social, d’oublier que le réseau social nous renvoie un monde à notre image (et à la sienne), écho des préoccupations des gens que l’on a choisi d’y suivre. « L’affaire Mila, par exemple, était un truc vécu par les gamins sur Snap. Twitter n’était pas le bon endroit pour apprécier ce que ça a créé chez les jeunes », se souvient Grégoire Lemarchand, rédacteur en chef investigation numérique à l’AFP.

Les réseaux sociaux induisent aussi une vision déformée de l’appréciation de notre travail.

Autre biais, la façon dont Twitter peut affecter le travail du journaliste sensible à ce qui se dira de lui. Et cela sans même parler du harcèlement. Peser chaque mot qu’on écrit, chaque mot qu’on dit en se demandant comment telle ou telle phrase extraite de son travail peut contribuer à se faire démolir sur les réseaux sociaux, c’est déjà signe que quelque chose ne va pas. « Dix ou quinze mentions et tu ne passes pas une bonne soirée », résume Nabil Wakim. Rares sont les journalistes à l’épiderme suffisamment épais pour ignorer sereinement les salves de « encore un journaliste qui comprend rien… » L’envie de plaire perturbe aussi la façon de travailler. Xavier de La Porte l’a expliqué dans son podcast Le Code a changé.« Les gens qui gagnent des followers sont des gens qui au fond disent toujours un peu la même chose. […] Dès qu’on sort de notre cadre, notre voix porte moins, on recueille un nombre assez faiblard de likes et retweets par rapport aux autres posts ; ça incite à toujours aborder les sujets sur lesquels notre voix porte et de la façon dont on sait qu’on est attendu, pour recevoir une sorte d’assentiment de la communauté. »

Je peux témoigner qu’il est très difficile de lire des commentaires négatifs sans en être affecté, même si ce commentaire ne représente l’opinion que d’une seule personne. C’est sur ce commentaire qu’on accroche, même s’il n’est pas représentatif et il faut se parler à soi-même pour que ça n’influence pas nos manières de faire.

Ça n’empêche pas que je ne me passerais des réseaux sociaux pour rien au monde. Les bénéfices sont plus grands que les effets néfastes.

Googler ses symptômes pour savoir de quoi on souffre…

…ne vous indique que laquelle des maladies est la mieux optimisée pour les engins de recherche.

Son pénis pris en otage par un hacker

Je m’intéresse depuis toujours à la domotique et à la connectivité de nos appareils. J’ai d’ailleurs une excellente relation avec mon aspirateur robot, même s’il m’espionne peut-être.

Justement, il y a des risques à tout ça. Récemment, un homme a presque vu son milieu du corps pris en otage après que sa ceinture de chasteté eut été piratée.

In October of last year, security researchers found that the manufacturer of an Internet of Things chastity cage—a sex toy that users put around their penis to prevent erections that is used in the BDSM community and can be unlocked remotely—had left an API exposed, giving malicious hackers a chance to take control of the devices. That’s exactly what happened, according to a security researcher who obtained screenshots of conversations between the hacker and several victims, and according to victims interviewed by Motherboard.   

A victim who asked to be identified only as Robert said that he received a message from a hacker demanding a payment of 0.02 Bitcoin (around $750 today) to unlock the device. He realized his cage was definitely “locked,” and he “could not gain access to it.” 

‘Your Cock Is Mine Now:’ Hacker Locks Internet-Connected Chastity Cage, Demands Ransom

Ce qu’il y a de plus surprenant dans tout ça, c’est d’apprendre que ça existe, une ceinture de chasteté de pénis.

Ajout: Plus de détails en français ici sur la faille identifiée en octobre.

Succès souvenir de Gilles Proulx en 1996

Les temps changent, mais pas tant que ça.

Du retour à la brutalité

Malgré le titre pour le moins intense, j’avais trouvé intéressante la lettre ouverte (Le Québec, champion mondial de la brutalité) où le professeur Normand Mousseau contestait la pertinence des nouvelles mesures sanitaires.

La liste des signataires faisait toutefois douter. M. Mousseau est prof de physique. Il y avait aussi une psychologue, un vétérinaire et un prof de français. Pas de mal à ça, mais c’est moins crédible que s’ils avaient été experts en santé publique.

Or voilà que M. Mousseau doit s’excuser qu’une des autrices soit complotiste et un autre signataire s’en dissocie en partie.

¯\_(ツ)_/¯

La lutte à la désinformation passe par les patrons des médias

Tant que la désinformation rapporte, les patrons des médias gardent leurs animateurs en ondes. Ç’a l’air que ce n’est plus le cas.

« Nous devons contribuer à induire le calme à l’échelle nationale, maintenant », a indiqué aux animateurs de ses 416 stations à travers le pays Brian Philips, vice-président au contenu de Cumulus Media. Le groupe, qui emploie plusieurs figures ultra-populaires du monde de l’opinion radiophonique aux États-Unis, dit ne « plus vouloir tolérer les discours » haranguant les foules sur le thème des « élections volées » ou de la « guerre civile », et encore moins « les commentaires sous-entendant que la désobéissance violente est justifiée ».

Des animateurs empêchés de promouvoir la théorie du complot électoral

Je me suis toujours demandé quel genre de personne fait ça, engager des animateurs malhonnêtes qui ont une influence négative sur la société, dans le seul but de faire des profits…

Reste que le concept de liberté d’expression évolue. Les patrons d’entreprises ont maintenant des responsabilité à cet effet. Il y a une bonne description de la situation dans ce texte.

Face à ces pratiques de désinformation, la protection de la liberté d’expression paraît mal calibrée. L’environnement dans lequel circulent les informations est très différent de celui qui prévalait lorsque les protections prévues par nos lois ont été mises en place. Dans beaucoup de pays, notamment au Canada et aux États-Unis, la protection contre les violations de la liberté d’expression est orientée vers les mesures émanant de l’État. Or, les activités expressives se déroulent de plus en plus dans des environnements relevant d’entreprises privées comme Facebook, Parler ou Twitter. Ces entreprises disposent d’un droit de vie ou de mort sur les activités expressives. Le pouvoir de supprimer les comptes utilisés par des groupes conspirationnistes pour diffuser des propos incendiaires ou délirants se trouve aux mains d’entreprises qui peuvent agir à leur guise au fil de ce qu’elles perçoivent être ou non dans leur intérêt.

Je suis inquiet moi aussi que l’on laisse ces entreprises décider de ce qu’on peut consommer comme information ou pas. C’est lorsqu’il est question de diffuser de fausses informations qui ont des impacts réels que j’ai l’impression qu’il faut agir, même si je ne suis pas sûr que de bannir complètement soit le bon mécanisme.

4chan et le mythe QAnon

Un article fort intéressant où l’on apprend que QAnon existait avant que QAnon existe:

Therefore, when viewed in its original context, Q’s conspiracy theory — far from blazing new trails — trod a well-worn path.

For example, here’s one anon predicting the imminent “arrest of the Cabal” and “liberation of Planet Earth from dark forces” in July 2017 — three months before Q’s first post. Here’sanother, two weeks before Q appeared, writing: “Soon their demise will come. The storm approaches. Hollywood is directly connected.”

Even if we restrict ourselves to the week before Q’s first drop, we can find countless anons expressing their belief in ideas that Q went on to espouse.

For example, three days before Q’s first post, an anon who believed in the Pizzagate conspiracy listed Hillary Clinton’s supposed crimes: “Sex with a minor, rape, cannibalism” — the exact charges against Hillary that would go on to become a core part of QAnonAnother anon in that thread wanted to “talk about what the Clinton Foundation did in Haiti.” The reference was to a less-central part of Pizzagate lore which, despite its relative obscurity, Q folded into some of their early drops.

The Making of QAnon: A Crowdsourced Conspiracy

Je me demande si les fans de QAnon connaissent la genèse du mouvement et réalisent que les « drops » de Q, c’est du réchauffé.

In other words, Q — far from leaking top-secret information to the anons — simply repackaged what right-wing media (and therefore the anons) were already discussing.

Ceux qui disent que bannir quelqu’un de Twitter est orwellien / ceux qui ont lu Orwell

Un beau diagramme de Venn. Via Reddit.