À quel rang mondial se situent les États-Unis selon divers indicateurs. C’est souvent loin du numéro un…
City Pages – No. 1?
Archives mensuelles : mai 2006
Principes de base de la consultation publique
Depuis hier se déroule à Québec une commission parlementaire sur le projet de loivisant à privatiser une partie du Parc national du Mont-Orford. Une commission parlementaire est un exercice orchestré par le gouvernement, selon son bon vouloir, et qui vise à recueillir des informations auprès des citoyens et groupes de citoyens sur un sujet donné. L’objectif est toutefois d’aider les gouvernants à prendre une décision plutôt que de les en forcer, puisqu’eux ceux-ci ne sont pas tenus de prendre en considération les suggestions des participants.
Il n’est donc pas surprenant d’entendre le ministre de l’Environnement déclarer au premier jour des consultations que la décision est déjà prise. Bien sûr, cette attitude ne fait que contribuer au ridicule de la situation, et dans une plus large mesure, au sentiment que le gouvernement Charest n’a que faire de l’opinion de la population du Québec.
Mêmes les généralement fidèles membres du Parti Libéral commencent à ruer dans les brancards. Outre Pierre Paradis qui a déclaré que « depuis 75 ans, on a demandé aux développeurs immobiliers de construire à l’extérieur du parc, pourquoi changerait-on les règles, avec un projet de loi spéciale pour un promoteur ? » et Thomas Mulcair qui ne se gène pas non plus pour critiquer son chef, ce sont d’anciens Libéraux qui sont derrière le groupe SOS Parc Orford.
Madame Gisèle Lacasse-Benoît, la porte-parole du groupe, et épouse de l’ancien député libéral d’Orford et ancien président du Parti Libéral, Robert Benoît, a déclaréque la commission parlementaire n’était qu’un « simulacre de démocratie », et on pourrait difficilement la contredire.
En 1969, dans une analyse toujours valable, Sherry Arnstein (en) a décliné en neuf échelons les objectifs derrière le processus participatif. Les deux premiers de ces niveaux, la manipulation et la thérapie (qui vise à modifier certains comportements déviants), sont qualifiés de non-participation puisqu’ils sont des mécanismes étatiques servant à faire entériner des décisions déjà prises. Les trois niveaux suivants, l’information, la consultation et la concertation, sont désignés comme des éléments de participation discursive puisqu’ils jouent sur la délibération et le dialogue. Enfin, les échelons du partenariat, de la délégation et du contrôle des citoyens sont qualifiés de participation effective puisqu’ils impliquent directement le citoyen dans la gestion des affaires de l’État.
La participation aux associations de la société civile caractérise la citoyenneté dans le contexte de la gouvernance comme mode de régulation. Avec l’enlisement de l’État providence, on veut associer le citoyen, les groupes organisés et les entreprises au processus de décision. Il semble que Jean Charest et ses amis aient choisi de privilégier le secteur privé plutôt que le citoyen, et cette commission parlementaire manipulée n’est rien pour nous convaincre du contraire.
Verglas, de Normand Lester
Il y avait quelque chose de séduisant dans le résumé du roman « Verglas » de l’ancien journaliste de Radio-Canada et maintenant pamphlétaire Normand Lester et de sa collègue Corinne de Vailly. Une histoire autour d’un complot états-unien se déroulant en sol québécois, qui allie science, services secrets et multinationales, ne peut que susciter l’intérêt de l’amateur de polar.
Pour ceux qui ont manqué la tonitruante campagne de promotion du livre, Verglas raconte l’histoire d’un jeune sergent-détective de la police de Montréal qui est entraîné, lors d’une enquête sur la mort d’un amérindien, dans une intrigue autour de recherches du Pentagone pour modifier le climat afin d’en faire une arme de destruction massive. L’histoire amènera le héros dans le bureau du Premier Ministre du Québec, à Mistassinni, à Washington, en Russie et dans l’Antartique.
Or, malgré un scénario rempli de potentiel, force est de constater que le livre déçoit. Certains détails font que l’on a de la difficulté à embarquer dans l’histoire. D’abord, et ce n’est pas un détail, on comprend difficilement comment un jeune policier de Montréal puisse se voir accorder une mission d’une telle envergure, malgré toutes les qualités dont les auteurs l’ont affublé.
Ensuite, on explique trop au lecteur des choses qu’il devrait découvrir par lui même grâce à de subtiles pistes. Par moment, on croirait lire un scénario de film hollywoodien. D’autre part, les scènes érotiques (disons) mettant en vedette ce pervers de Bill Clinton et sa nymphette de stagiaire, Monica Lewinski, sont bien trop longues et explicites et détonnent inutilement. On se plaît toutefois à imaginer M. Lester et Mme. De Vailly débattre de la justesse de la description des caresses cochonnes de la stagiaire…
Enfin, il y a nettement dans ce livre une surutilisation du terme « ultrasecret ». On peut penser que ce bouquin, mis dans les mains d’un bon réalisateur, fasse un bon film (quoique ce sont les auteurs eux-mêmes qui en feront l’adaptation). Mais pour voir cela, il faudra encore attendre un peu…
Portatif à 100$
Les premières photographies de l’ordinateur portatif à 100$ (100$ Laptop) du MIT.
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Non merci.
Une manière de se débarasser des courriels indésirables ?
Le plan de transport de Montréal : une vision trop technique
Le premier plan de transport de la Ville de Montréal est actuellement en cours de rédaction. La vision et les objectifs, les portraits actuels et futurs du transport et les diagnostics sont terminés et serviront de base pour la construction des stratégies, des projets d’infrastructure et des politiques en matière de transport. On peut se demander si la direction que prendra ce plan tient compte de la nouvelle réalité urbaine.
Une nouvelle dynamique urbaine semble se dessiner en regard de l’évolution des rythmes de vie quotidienne des personnes. De nombreux facteurs liés à une tendance sociétale à l’individualisation, à une modification de l’organisation économique du travail et aux nouvelles technologies confèrent aux nouveaux rythmes de vie une influence grandissante sur la mobilité et sur l’organisation des transports. En ce sens, il convient de s’interroger sur la capacité des décideurs politique et des planificateurs urbains à saisir les enjeux inhérents aux transports des personnes autour d’une diversification des modes de vie.
L’élément central de cette réorganisation du temps réside dans l’individualisation des modes de vie. Selon le Centre National des Transports de France (PDF, 548 Ko), ce phénomène émerge d’un processus plaçant l’individu au centre de la conception de la société, dévoilant une volonté de « devenir sujet de sa propre existence, de choisir son style de vie, de maîtriser son temps ». Désormais, chacun a son temps, et les modes de vie, même s’ils ont toujours été diversifiés, ne sont plus garants de points de rencontre inévitables entre les différentes temporalités des individus.
De nouveaux régimes temporels voient le jour en regard de la désynchronisation des temps de la vie quotidienne. Le temps devient de plus en plus dense et éclaté et la disponibilité des individus devient permanente. Le temps et l’espace deviennent peut-être plus malléables et cette situation est exacerbée par les technologies de l’information et des communications qui facilitent cette maîtrise de l’espace-temps. Comme certaines rencontres peuvent se soustraire des contraintes de synchronicité et de face-à-face, la valeur des déplacements augmente en même temps que la dépendance entre l’information, les biens et les personnes s’accroît.
Bien d’autres facteurs comme le vieillissement de la population, une jeunesse prolongée, l’éclatement des familles, l’entrée des femmes sur le marché du travail et le contenu plus immatériel de ce dernier affectent aussi la façon dont les individus se déplacent. Tout ça confère à chacun des déplacements une importance grandissante, ce qui impose nécessairement des choix différents de localisation résidentielle. Cette réalité implique des déplacements de plus en plus difficiles à prévoir, qui sont fondés sur des comportements variés, en continu, et influencés par des variables difficiles à prévoir. Il devient de plus en plus compliqué (en) de bien jauger les heures de pointe.
La mobilité devient aussi un critère d’exclusion, dans la mesure où les « sous-mobiles » se voient privés d’accès aux bénéfices liés à une plus grande flexibilité dans les déplacements. C’est bien là que la planification des transports prend toute son envergure. L’accessibilité aux moyens de transport devient l’enjeu principal des aménagements urbains qui devront permettre d’accéder facilement aux lieux d’emploi et de loisir. Les infrastructures de transports deviennent un véhicule de progrès social (ou de recul social), faisant de leur planification un exercice délicat.
Le problème de la congestion, qui s’étale sur des heures de pointe de plus en plus longues, peut être en partie réglé par les transports en commun, mais les nouveaux modes de vie qui créent des déplacements en quantité privilégient au contraire le transport individuel et flexible. La résolution de cette contradiction réside, selon plusieurs chercheurs, dans la multimodalité (multiplication des solutions de transport) et l’intermodalité (le passage d’un mode de transport à un autre). À la lecture du plan de transport en cours de rédaction, on constate que les auteurs y sont allés d’une approche technique plutôt que sociologique, passant à côté de certains éléments cruciaux de la nouvelle réalité urbaine.
Si en général, les planificateurs identifient relativement bien les principaux effets de l’individualisation des modes de vie, ils ne lient pas nécessairement ces effets à leur véritable cause, ce qui pourrait les empêcher d’adopter les bonnes solutions. En ce sens, on prend conscience de l’importance de la qualité de vie dans la planification des transports, mais sans identifier les éléments de la qualité de vie qui est intrinsèquement liée aux nouveaux rythmes de vie. Enfin, certaines situations observées, notamment à l’aide de l’enquête Origine-Destination (PPT, 24 Mo) de l’AMT, n’ont pas été retenues dans le cadre du plan de transport, comme l’allongement des périodes de pointe et l’augmentation des motifs de déplacement.
La perspective réductrice de la planification des transports à Montréal qui tient peu compte des changements opérés en périphérie pourrait nuire grandement à l’efficacité des transports. On peut penser que le beau gâchis en forme de conseil d’agglomération orchestré par le gouvernement provincial n’est rien pour faciliter la bonne entente entre les différentes instances administratives.
Internet communautaire et culture
L’organisme communautaire Île sans fil (ISF) qui installe des bornes d’accès gratuit à Internet sans fil chez les commerçants et dans les espaces publics montréalais, vient d’annoncer un partenariat avec Terminus 1525 et Wireless Toronto pourpromouvoir le travail des artistes locaux (en) par l’entremise des points d’accès à Internet.
De nombreux organismes de ce type existent dans plusieurs villes du monde. Certains sont mis en place par la municipalité, d’autres comme ISF ne bénéficient pas de l’appui des autorités municipales. Pour une société de plus en plus dépendante à l’information, l’accès au réseau constitue la base de la recherche de l’équité, et certains projets comme celui d’ISF sont mis à mal par les fournisseurs d’accès au réseau qui sont de plus en plus féroces dans leur volonté d’empêcher ce genre d’installation. Déjà plusieurs États états-uniens ont banni l’Internet municipal.
L’organisme concentre ses activités dans l’installation de bornes d’accès dans les cafés, parcs et autres espaces publics de Montréal, mais aussi dans l’installation d’un réseau de toit à toit accessible par tous. Près de 90 points d’accès sont déjà installés à Montréal. ISF veut se servir des technologies de l’information et des communications pour briser l’isolement des citoyens à l’échelle locale. C’est pourquoi en plus des infrastructures physiques, l’organisme met à disposition des utilisateurs de ses bornes d’accès un portail permettant de voir et de communiquer avec les autres personnes branchées dans la même aire d’accès.
C’est de ce portail que seront présentées les oeuvres – fournies par Terminus 1525 – d’artistes locaux. Plutôt que d’afficher des publicités, ces pages Web offriront du contenu multimédia aux usagers du service d’accès à Internet. Bien sûr, la clientèle de ce service constitue un auditoire captif, mais les instigateurs du projet affirment que la diffusion sera momentanée et volontaire. Il s’agit certainement là d’une façon originale de se servir des outils informatiques comme levier social.
Avis de recherche
Assez romantique.