Québec urbain se refait une beauté

Québec Urbain, c’est un peu la rencontre de mes deux centres d’intérêts: l’urbanisme et les technologies de l’information et des communications. Je me suis donc toujours intéressé au projet même si je n’habite pas Québec et ne peut vraiment apprécier la veille urbanistique qui s’y fait et les discussions qui en découlent. Il m’est toutefois souvent arrivé de vouloir démarrer un tel site à Montréal (il y a bien Montréal Urbain, mais il n’est pas très… vivant). Un jour, peut-être…

Québec Urbain est né en mai 2002, et sa popularité n’a cessé d’augmenter depuis. Ce blogue (je crois qu’on peut dire “blogue territorial”), qui est l’initiative de Françis Vachon, a été souvent cité en exemple dans les médias comme un concept innovant qui aurait avantage à être reproduit sur le territoire d’autres municipalités. En mai 2006, le nombre de visiteurs de Québec Urbain s’élevait à environ 100,000 par mois, une moyenne impressionnante pour le marché québécois, d’autant plus que les écrits publiés sur Québec Urbain intéressent principalement les internautes de la région de la Capitale Nationale. Bon, une bonne dose de ces visites doit provenir des moteurs de recherche, mais il reste que les billets y sont généreusement commentés par une communauté de visiteurs assidus que l’on imagine assez large. En 2006, Françis Vachon cédait sa tribune à plusieurs collaborateurs, s’effaçant tranquillement afin d’entreprendre une nouvelle carrière.

Tout ça pour dire qu’iXmédia, la compagnie qui chapeaute Québec Urbain, vient de refaire une beauté plus que nécessaire au site. Une nouvelle interface simple et jolie. Chapeau.

Réactions en chaîne

Je vous épargne les détails, mais:

  • La semaine dernière: le frangin installe Ruby on rails sur le serveur;
  • Hier, j’installe la librairie GD2 qui permet entre autres de redimensionner les images dans SPIP;
  • Cette nuit, Apache se met à jour;
  • Ce matin, le serveur est mort parce qu’Apache n’a pas aimé l’installation de Ruby on Rails;
  • Je corrige le problème;
  • Le serveur est ok, mais GD2 ne fonctionne plus, ce qui rend le Sportnographe à moitié inaccessible;
  • Je réinstalle GD2;
  • En fouillant pour réparer le problème, je tombe sur un petit bouton pour mettre à jour cPanel;
  • cPanel se met à jour;
  • Le système de votation en forme d’étoiles de Cent Papiers ne fonctionne plus, mais celui du Sportnographe oui;
  • Je mets donc à jour ledit système sur Cent Papiers;
  • Les étoiles reviennent, mais pas les palmarès d’auteurs et d’articles;
  • Après moult gossages, tout est rétabli.

Bilan: une demi-journée de perdue pour pas grand chose. Fâchant.

MonAvis.ca : où est la limite à s'inspirer des autres ?

On ne m’a pas demandé mon avis sur MonAvis.ca. Tant pis. Je trouve le concept très intéressant, même si comme Stéphane, je ne suis pas certain que la masse critique pour en faire un succès sera atteinte. Surtout, comme Benoît Descary, je trouve l’interface beaucoup trop chargée.

Disons que je suis pas mal dans la surcharge (ou la décharge) par les temps qui courent avec ma tentative d’allègement du design de Cent Papiers.

Mais en gros, l’idée est bonne. À propos du concept “tout le monde peut être un critique”, lire ce texte.

Un commentaire d’un certain Fabrice au billet de Benoît Descary rappelle toutefois que MonAvis.ca est un clone de Yelp.com. La disposition des sections et les icônes sont à peu de choses près identiques à ce qu’on voit chez Yelp.

Évidemment, je suis mal placé pour dénoncer la reprise d’un concept étranger. Ce n’est sûrement pas nous qui avons inventé celui de média citoyen. Il reste qu’on peut se demander où est la limite à emprunter les idées des autres.

Ça me turlupine d’autant plus que je m’inspire beaucoup de ce que je vois sur d’autres sites web pour rénôver Cent Papiers. Évidemment, je ne pique pas intégralement des éléments de ces sites, mais jusqu’à quelle point puis-je adapter les boîtes de UxMag, la disposition de The Nation, ou tout autres éléments glânés sur les galeries de sites en CSS, sans qu’on ne m’accuse de plagiat ?

La télévision comme bien public

La décision du CRTC:

“Enfin, le CRTC a fixé au 31 août 2011 la fin de la diffusion en mode analogique. Ce sera donc la fin des «oreilles de lapin» dans quatre ans, puisque les téléspectateurs qui possèdent un ancien téléviseur et qui ne sont abonnés ni au câble ni au satellite ne recevront plus de signaux.”

Bien public:

“Les biens publics sont des biens, services ou ressources qui bénéficient à tous, et se caractérisent par la non-rivalité (la consommation du bien par un individu n’empêche pas sa consommation par un autre), et la non-exclusion (personne ne peut être exclu de la consommation de ce bien).”

Finie donc, la non-exclusion.

De toute façon, comme dirait (à peu près) l’autre, les jeunes sont déjà rendus autre part…

Être Scientologiste, c'est un peu comme être French Canadian

Le magazine Rolling Stone propose un article sur l’Église de Scientologie: “Inside Scientology“. C’est prometteur, mais je ne l’ai pas encore lu. La copine me pointe toutefois cet extrait:

Paul met very few Wogs growing up, and those he did know often didn’t understand him. Scientology has its own unique lexicon. “It’s kind of like being a French Canadian,” Paul explains. “You speak one thing out in the world and another thing at home.”

Drôle de comparaison.

Comment faire fuir les trolls, ou essayer de le faire

Les «trolls», ces participants de communautés en ligne ou commentateurs du web qui minent la discussion en invectivant leurs collègues plus posés, sont et resteront probablement toujours un fléau sur la toile. Dans un récent article sur Information Week, Cory Doctorow, coéditeur du très populaire Boing-Boing, donne quelques conseils pour se débarrasser de ces délinquants. Ça tombe bien puisque je suis à évaluer les divers mécanismes de contrôle pour la prochaine version de Cent Papiers.

Selon Doctorow, il existe trois façons de faire fuir la vermine:

«Trolls can infect a small group, but they really shine in big forums. Discussion groups are like uranium: a little pile gives off a nice, warm glow, but if the pile gets bigger, it hits critical mass and starts a deadly meltdown. There are only three ways to prevent this: Make the pile smaller again, spread the rods apart, or twiddle them to keep the heat convecting through them.»

La première des solutions réside dans la taille de la communauté. Il s’agit donc soit, au départ, de multiplier les barrières à l’entrée, ou plus tard, de trier le grain de l’ivraie. Évidemment, le filtrage peut fermer la porte à de belles opportunités de discussion, et comme le dit Doctorow, la réduction de la taille peut provoquer une révolte chez les utilisateurs.

La seconde option, la dispersion, vise plutôt à ralentir le processus pour donner le temps aux participants de tempérer leurs ardeurs. Par exemple, on peut forcer un délai entre les publications dans un forum pour empêcher la discussion de s’enflammer, ou permettre aux commentateurs de retirer leur commentaire dans les quelques minutes suivant leur publication.

La troisième option est de jouer avec la configuration pour éliminer les messages indésirables. Doctorow donne l’exemple de Slashdot qui permet à des utilisateurs d’évaluer anonymement les messages des autres. C’est un peu la stratégie qu’a adopté Agoravox et Rue89 en donnant aux visiteurs la possibilité de noter les commentaires, ceux-ci étant cachés lorsque trop pauvrement évalués.

Il reste que, comme l’explique l’auteur, aucune de ces méthodes n’est parfaite et que les problèmes persisteront souvent. Il suggère plutôt de s’inspirer des «troll-whisperers», comme Teresa Nielsen Hayden, responsable du forum Making Light:

«Teresa is a troll-whisperer. For some reason, she can spot irredeemable trolls and separate them from the merely unsocialized. She can keep discussions calm and moving forward. She knows when deleting a troll’s message will discourage him, and when it will only spark a game of whack-a-mole.»

Il faut donc regarder faire ceux qui ont le tour avec les trolls (quelqu’un aurait un meilleur mot ?). Ceux-là n’utilisent pas toujours des moyens techniques pour réguler la conversation, et quand ils le font, c’est tout simplement pour automatiser certains des processus qu’ils exécutaient à la main.

Par exemple, ladite Teresa a développé une technique qui lui permet de retirer les voyelles des messages ou de parties de messages. Ainsi, les textes sont encore lisibles, mais difficilement. Ça vous décourage un troll, j’imagine.

Bon, avec tout ça, ce qu’il faut conclure, c’est qu’il n’existe pas de solution magique. Je ne suis pas tellement plus avancé, mais ça aide à poursuivre la réflexion. Quelqu’un ne connaîtrait pas quelqu’un qui chuchote à l’oreille des trolls ?