La limpidité de Trump, l’ambiguïté de Trudeau

2 February 2016 — Laisser un commentaire

Selon les chercheurs, une partie du succès de Donald Trump, candidat à la chefferie du Parti républicain aux États-Unis serait dû à la limpidité de ses propos.

Une certaine catégorie d’individus serait en effet très inconfortable avec l’ambiguïté et préférerait se faire dire des choses offensantes et négatives qui sont très claires plutôt que des affirmations positives, mais nuancées.

C’est ce que les psychologues appellent l’intolérance à l’ambiguïté. Beaucoup moins à la mode que l’intolérance au gluten, mais beaucoup plus répandu si l’on se fie à la popularité de Trump, qui ne donne pas sa place lorsque vient le temps de dire des choses offensantes.

Cela expliquerait peut-être pourquoi la nuance est en voie de disparition chez les politiciens, mais aussi dans nos médias qui laissent de plus en plus de place à des chroniqueurs qui abusent du CAPS LOCK.

Bizarrement, si la nuance perd du terrain, ceux qui disent des choses qui ne veulent rien dire continuent de tirer leur épingle du jeu.

Ne venons-nous pas, au Canada d’élire le politicien le plus vague au monde en la personne de Justin Trudeau? Il y a eu la vague Trudeau. Nous avons maintenant “le” vague Trudeau. Même lorsqu’on fait abstraction de la syntaxe déficiente de ses phrases, il est difficile de saisir l’essence de ses propos.

Le premier ministre utilise souvent les mots “vision”, “monde meilleur” et “prochaines générations” pour parler du Canada. Ça sonne bien, mais ça ne fait pas des enfants forts.

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C’est bien beau de vouloir devenir le “plusse” meilleur pays, mais il faut un plan. Quelque chose de concret. Pas juste des esquisses.

justin-trudeau-canada

De même, Pierre-Karl Péladeau, qui n’est pas particulièrement subtil, ne donne pas sa place en matière de phrases difficiles à suivre. Il a particulièrement abusé de pléonasmes pour défendre son utilisation (ou pas) de paradis fiscaux.

Comme la fois où Pierre Arcand lui a demandé s’il avait demandé à Québécor de ne pas faire d’évitement fiscal.

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Au chapitre du vide intersidéral, la ministre Francine Charbonneau (oui oui, elle est encore ministre), ne donne pas sa place.

Ses phrases sont souvent harmonieuses, mais vides.

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Elle dit tout et son contraire, mais personne ne s’en rend compte tellement elle est ambiguë.

Charbonneau_Francine-repete

Malgré tout, nous avons élu ces personnes.

Peut-être que la catégorie d’individus qui sont séduits par la rhétorique d’un Donald Trump qui mise sur la limpidité plutôt que sur la nuance est moins présente au nord de la frontière américaine. Peut-être est-ce seulement que le Canada est en retard sur les États-Unis en matière de populisme.

Dans tous les cas, entre les phrases énigmatiques et creuses et les phrases clairement offensantes, personne n’en sort gagnant.

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Chroniqueur, concepteur et gestionnaire de communauté pour La soirée est (encore) jeune à la radio de Radio-Canada. Fondateur et éditeur du Sportnographe. Urbaniste.

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