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Chronique (pseudo) scientifique telle que diffusée à La soirée est (encore) jeune du 12 mars 2016.

Plusieurs nouvelles sur les robots dans l’actualité récemment.

Le Georgia institute of Technology a développé un système d’intelligence artificielle appelé Quichotte qui peut lire et comprendre une histoire pour apprendre comment agir devant un dilemme éthique.

Peut-être justement qu’en lisant Don Quichotte, un robot fera de meilleurs choix éthiques que le présumé lobbyiste Jean Charest qui lui, a L’art de la guerre de Sun Tzu comme livre de chevet.

Peut-être que Jean Charest devrait lire Don Quichotte d’ailleurs. Il serait encore meilleur pour se battre contre les éoliennes et pour les pipelines.

Par contre, le Devoir s’est récemment demandé ce qui allait arriver quand les robots allaient tout faire à notre place.

Parce que selon les chercheurs de l’université Cornell, d’ici 2020, les machines intelligentes se seront entièrement fondues dans nos sociétés. Elles vont prendre des décisions à notre place et nous vivrons en symbiose avec elle.

Même que selon la société américaine de technologie Narrative Science, dans quinze ans, 90% des articles de journaux seront écrits par des robots.

Y’a déjà quelques journaux qui publient des textes sur le sport ou la finance rédigés par des robots.

Heureusement, ils ne prévoient remplacer les chroniqueurs par des robots. On en a déjà en masse, des chroniqueurs qui sont programmés pour dire toujours ce que leur propriétaire veut entendre.

D’ailleurs, on fait trop confiance aux robots. Selon une étude de la Georgia Institute of Technology (encore eux), on fait plus confiance aux robots qu’à nos propres instincts.

Pour une expérience, dans une situation d’urgence, la plupart des gens ont suivi les indications d’un robot qui leur disait de fuir dans une direction, même si leur instinct leur disait d’aller dans l’autre direction.

Ils ont même refait le test en disant que le robot était défectueux et les gens trustaient quand même plus le robot que leur instinct et finissaient par aller se pitcher dans le feu.

De là l’expression “agir comme un robot de Panurge”.

D’ailleurs, d’ici 2037, les moutons, seront remplacés par des robots et nous pourrons acheter des chandails de laine d’acier.

Il va nous falloir un robot qui a lu Isaac Asimov pour nous avertir qu’il ne faut pas toujours faire confiance aux robots.

Enfin, un ordinateur de Google, AlphaGo qui vient de battre le champion du monde du jeu de Go.

C’est un jeu qui a beaucoup beaucoup de positions possibles. 1,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000,000 possibilités, pour être précis.

Lee Se-Dol (c’est le champion du monde de Go) était plutôt confiant, mais il s’est fait planter dans les trois premiers matchs d’une série 5. Il a abandonné alors qu’il restait encore 28 minutes au premier match.

AlphaGo en a profité pour continuer sa lecture d’À la recherche du temps perdu.

Selon les chercheurs, une partie du succès de Donald Trump, candidat à la chefferie du Parti républicain aux États-Unis serait dû à la limpidité de ses propos.

Une certaine catégorie d’individus serait en effet très inconfortable avec l’ambiguïté et préférerait se faire dire des choses offensantes et négatives qui sont très claires plutôt que des affirmations positives, mais nuancées.

C’est ce que les psychologues appellent l’intolérance à l’ambiguïté. Beaucoup moins à la mode que l’intolérance au gluten, mais beaucoup plus répandu si l’on se fie à la popularité de Trump, qui ne donne pas sa place lorsque vient le temps de dire des choses offensantes.

Cela expliquerait peut-être pourquoi la nuance est en voie de disparition chez les politiciens, mais aussi dans nos médias qui laissent de plus en plus de place à des chroniqueurs qui abusent du CAPS LOCK.

Bizarrement, si la nuance perd du terrain, ceux qui disent des choses qui ne veulent rien dire continuent de tirer leur épingle du jeu.

Ne venons-nous pas, au Canada d’élire le politicien le plus vague au monde en la personne de Justin Trudeau? Il y a eu la vague Trudeau. Nous avons maintenant “le” vague Trudeau. Même lorsqu’on fait abstraction de la syntaxe déficiente de ses phrases, il est difficile de saisir l’essence de ses propos.

Le premier ministre utilise souvent les mots “vision”, “monde meilleur” et “prochaines générations” pour parler du Canada. Ça sonne bien, mais ça ne fait pas des enfants forts.

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C’est bien beau de vouloir devenir le “plusse” meilleur pays, mais il faut un plan. Quelque chose de concret. Pas juste des esquisses.

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De même, Pierre-Karl Péladeau, qui n’est pas particulièrement subtil, ne donne pas sa place en matière de phrases difficiles à suivre. Il a particulièrement abusé de pléonasmes pour défendre son utilisation (ou pas) de paradis fiscaux.

Comme la fois où Pierre Arcand lui a demandé s’il avait demandé à Québécor de ne pas faire d’évitement fiscal.

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Au chapitre du vide intersidéral, la ministre Francine Charbonneau (oui oui, elle est encore ministre), ne donne pas sa place.

Ses phrases sont souvent harmonieuses, mais vides.

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Elle dit tout et son contraire, mais personne ne s’en rend compte tellement elle est ambiguë.

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Malgré tout, nous avons élu ces personnes.

Peut-être que la catégorie d’individus qui sont séduits par la rhétorique d’un Donald Trump qui mise sur la limpidité plutôt que sur la nuance est moins présente au nord de la frontière américaine. Peut-être est-ce seulement que le Canada est en retard sur les États-Unis en matière de populisme.

Dans tous les cas, entre les phrases énigmatiques et creuses et les phrases clairement offensantes, personne n’en sort gagnant.

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L’État de Washington songe à transformer d’anciens bateaux de guerre, des portes-avions de la guerre du Vietnam, en pont à péage.

Un représentant de l’État croit qu’aligner trois porte-avions serait parfait, ou encore deux porte-avions avec un pont pour les relier au centre.

Une option qu’on n’a jamais envisagée pour le pont Champlain. À la place de faire un pont avec des bateaux, on a engagé SNC-Lavalin qui va nous monter un beau grand bateau.

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Une nouvelle loi vient d’être passée qui limite le droit de manifester et prévoit des amendes importantes pour tout rassemblement non autorisé… en Espagne.

Pour protester contre cette loi, un collectif d’associations a organisé une manifestation d’hologrammes.

“Cette protestation d’un nouveau genre a eu lieu vendredi 10 avril 2015, à Madrid, en face du Parlement. Elle a été préparée de longue date puisque tous ceux qui voulaient y participer avaient la possibilité via un site internet, Hologrammas por la libertad, d’enregistrer un message sonore ou une vidéo grâce à la webcam. Les sons étaient diffusés pendant la manifestation et les images ont été transformées afin d’être projetées sous la forme d’hologrammes.”

C’est une belle percée pour les activistes de salon qui pensent faire leur part à likant un statut d’Anarchopanda sur Facebook ou en signant une pétition que personne ne va lire.

On ne sait pas si les policiers sont allés bûcher les hologrammes parce qu’ils n’avaient pas donné leur tracé IP.

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Succès souvenir d’il y a 20 jours:

Pourquoi le gouvernement fédéral se refuse-t-il à obliger les camionneurs à laver, désinfecter et sécher leur camion-remorque à leur retour au Canada après une livraison aux États-Unis, comme le demandent les vétérinaires de la santé porcine au Québec?

« Parce que nous sommes dans un pays libre, répète Maxime Bernier. Il y a des droits à respecter, la liberté individuelle. On ne peut pas obliger un individu à prendre une douche, à changer de vêtements. Il y a une charte qui existe, la Charte canadienne des droits et libertés, et on la respecte. On incite fortement ces gens-là à suivre les mesures de biosécurité. »

On ne peut pas obliger quelqu’un à se laver, alors pourquoi obliger un camionneur à laver son truck pour empêcher que la maladie se propage? Logique.

Sauf qu’en fin de semaine:

Le ministère québécois de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation annonce qu’un premier cas de diarrhée épidémique porcine vient d’être détecté au Québec, dans une ferme de la Montérégie.

Je ne sais pas s’il y a un lien, mais si oui, des cochons qui meurent pour des idées, c’est un peu jambon.

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Il y a deux semaines, Mario Dumont nous expliquait au 98,5FM que l’économie, c’est comme les bateaux sur l’eau.

“Tsé quand le niveau d’eau monte sur le fleuve, ça monte toute les bateaux, les petits bateaux comme les paquebots. Si tu lèves le niveau du fleuve d’un pied, tu montes tout le monde, c’est vrai aussi pour l’économie.”

C’est un peu la théorie du ruissellement (trickle down) qui dit que “les revenus des individus les plus riches sont in fine réinjectés dans l’économie, soit par le biais de leur consommation, soit par celui de l’investissement (notamment via l’épargne), contribuant ainsi, directement ou indirectement, à l’activité économique générale et à l’emploi dans le reste de la société.”

Hier, je suis tombé par hasard sur la caricature ci-haut qui fitte bien avec l’idée de Mario Dumont. Des fois, quand les exemples sont trop simples, ils sont aussi simples à caricaturer.

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Il y a quelques semaines, dans le cadre de ma chronique à “La soirée est (encore) jeune“, j’avais diffusé un extrait de Vincent Geloso de l’Institut économique de Montréal qui expliquait que les économies plus “libres” se remettaient plus rapidement d’un désastre naturel:

Les pays qui s’en sortent mieux sont soit des pays qui sont développés, soit qui sont très libres économiquement. Le meilleur exemple a été fourni en 2010 quand t’avais eu un gros tremblement de terre en Haïti. Haïti, c’est sur la même île que la République dominicaine. La République Dominicaine, ça avait pris quelque jours s’en remettre parce que y’avait plus de facilité de partir une business, d’avoir un permis de construction.

Je suis prêt à admettre que les barrières à l’entreprenariat puissent nuire à la reconstruction (je ne m’y connais pas assez pour juger de la chose), mais il me semble que dans ce cas-ci, d’autres facteurs ont pu faire en sorte que la “reconstruction” de la République dominicaine se soit faite plus rapidement.

Je dis ça comme ça, mais le fait que l’épicentre du tremblement de terre était situé près de Port-au-Prince et le fait qu’Haïti est un pays pauvre en mautadit ont peut-être influencé la vitesse de la reconstruction. Un peu plus que le délai nécessaire à obtenir un permis de construction, en tout cas.

Je suis plutôt pour qu’il soit facile pour un entrepreneur de se partir en affaire, mais cette comparaison ne constitue pas un argument en faveur du retrait des barrières à l’entrepreunariat. On peut sûrement trouver mieux.

Tout ça pour dire que le classement des pays les plus libres économiquement, réalisé par la Heritage Foundation, un think tank conservateur, vient d’être mis à jour et que le Canada se trouve au 6e rang.

Si les “enverdeurs” et autres “environnementeurs” ont raison, on va pouvoir se reconstruire vite vite. Fiou.

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Il est commun chez certains chroniqueurs de tirer des conclusions sur les changements climatiques après une journée de temps froid ou de chaleur intense. Richard Martineau racontait en mai dernier à LCN:

J’avais une discussion l’autre jour avec ma fille de 14 ans, y faisait froid pis j’y disais: regarde le réchauffement de la planète là, la planète se réchauffe pas…

C’était une semaine après ces déclarations de Jérôme Landry de Radio X:

J’espère que ceux qui pensent qu’y’a un réchauffement climatique ce matin vont se fermer la boite pour 24 heures pis se faire geler tout seul. Y fait deux à matin chers amis qui nous parlez du réchauffement climatique.

Éric Duhaime (et d’autres) en remettaient cette semaine suite au fameux vortex polaire.

Évidemment, on ne peut analyser les changements climatiques en regard de la météo du jour et ces gens le savent sans doute (c’est ce qui est triste). À ce sujet, il vaut la peine d’écouter cette belle discussion entre Sylvain Bouchard de Cogeco et Patrick Bonin de Greenpeace. La science vs les “j’pense que” et les “selon moi”.

Heureusement, nous ne sommes pas les seuls à avoir des commentateurs de l’actualité qui font la guerre aux “environnementeurs” et aux “enverdeurs“. Le Daily Show de Jon Stewart a fait un pas pire segment là-dessus cette semaine (dommage, ça ne s’embed pas ces vidéos-là).

Quand on se compare, on se console… mais pas tant que ça.

Dominic Maurais de Radio X a eu maille à partir avec les internets hier. Voici comment se rétracter d’un statut Facebook douteux en six étapes faciles (mais pas vraiment).

1. Avoir un collaborateur et ami Facebook médecin qui croit qu’on peut mourir d’une overdose de pot (ok, j’avoue, faut pas être chanceux).

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2. Trouver que ça fitte pas mal avec notre opinion sur la légalisation de la marijuana et partager la bonne nouvelle. Utiliser des MAJUSCULES.

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3. Se rendre compte que le Daily Currant est un site de fausses nouvelles et vouloir sauver les apparences.

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4. Aller encore plus loin en suggérant que d’avoir partagé le lien n’avait pour but que de faire de l’argent (via Matthieu Bonin, ici).

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5. Effacer les publications compromettantes.

6. Faire rire de soi, puis menacer les gens de censure.

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Voilà, aussi simple que ça.

On suppose que M. Maurais a des méthodes plus rigoureuses dans la préparation de son émission de radio ou de ses chroniques dans le Journal de Québec. Mais surtout, on aimerait bien avoir son truc pour faire 200$ avec 60 commentaires sur Facebook (MISE À JOUR: il aurait écrit que c’est à la suite d’une gageure).

MISE À JOUR: pas mal plus de détails dans ce court métrage.

P.S.: notez qu’il s’agit d’une version romancée de l’histoire puisque les publications en question ont été retirées.

Je viens de finir de lire “Le sel de la terre” de Samuel Archibald, un essai sur la classe moyenne. “La classe moyenne est instrumentalisée par les politiciens et les commentateurs médiatiques“, peut-on lire dans la description.

Extrait du livre:

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Or voilà-tu-pas que j’apprends chez Dominic Maurais que la classe moyenne est effectivement en guerre, mais contre le PQ:

Toute est dans toute.