goudaille

Comme dans "good eye Denis".

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La parodie au temps des internets

Ça fait quoi, presque 20 ans qu’internet existe? Au moins cinq que presque tout le monde l’utilise? Malgré ça, les gens sont toujours incapables de juger de la pertinence des contenus qu’ils lisent. Le retour du hockey et par conséquent, celui de l’inspiration pour alimenter le Sportnographe, le démontrent encore une fois.

D’abord, il s’agit d’un site qui s’appelle “Le Sportnographe”. Il y a le mot “pornographe” dedans. Ensuite, c’est un blogue. Jusqu’à maintenant, il y a peu de chance de le confondre avec le site de RDS. Puis au bas des chroniques qui parodient les médias sportifs, il y a une photo de moi où j’ai l’air d’un arc-en-ciel des années 1980.

Il y a aussi le contenu. Exagéré, loufoque, pas d’allure. Comme suggérer que Marc Bergevin aurait dû embaucher Alex Kovalev puisqu’après un match, il est 2e compteur de la ligue. Et conclure que Bergevin n’est pas un bon directeur général. Après un match.

Un site au nom ridicule, un emballage ridicule, une idée ridicule dans un texte ridicule. Et comment les gens (qui semblent “liker” notre page, en plus) réagissent? Ils disent : “Vous êtes ridicule”.

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Censure, MC Gilles, RBO, etc

La question de la censure en humour fait l’actualité cette semaine. La nostalgie autour de RBO et de leurs 30 ans y est sans doute pour quelque chose. Il fut un temps où il était plus facile de rire des artistes, où l’humour politique pullulait et où les compagnies pouvaient servir de cibles sans risques de poursuites.

MC Gilles qui vient de terminer sa saison de Boutique MC Gilles s’est d’ailleurs plaint de n’avoir pas pu faire le show qu’il voulait :

Il avoue qu’il n’a pas réalisé l’émission qu’il aurait voulu faire. Qu’il a été victime de censure de la part du département légal de V Télé qui lui demandait de ne pas mentionner des marques de commerce reconnues au Québec dans ses sketches. Bref, qu’il a touché à un des derniers tabous en humour; on ne fait pas de blagues sur les produits et les marques de commerce. On peut rire de tout, de la politique, des obèses, de la religion, des vieux, des roux, mais pas des compagnies. Parce que ces compagnies sont (ou peuvent être potentiellement) des acheteurs de publicités sur les ondes. Et parce qu’il semble que les avocats contrôlent de plus en plus le contenu télévisuel…

Je n’ai pas de doute que la réalité soit ainsi, mais ça me fait me poser des questions sur notre Sportnographe. Notre section “capsules” est remplie de parodies de publicités qui ridiculisent des marques (ou des partis politiques).

Pourquoi on nous laisse faire ? Parce que la radio de Radio-Canada ne diffuse pas de publicités et que les annonceurs ne peuvent pas faire de menaces ? Parce que notre auditoire relativement restreint nous protège ?

Sans doute un peu des deux. Fak dites-le à personne qu’on fait ça ok… parce que c’est quand même assez le fun.

Suranalyse : Le placard de David Testo

Tout le monde sait que le sport est un excellent vecteur de changements sociaux. L’actualité récente nous l’a encore une fois démontré avec la sortie de David Testo, ancien joueur de l’Impact et homosexuel (dans le désordre).

Il faut dire que la sortie de Testo s’insère dans un débat plus large sur les “coming out” de personnalités publiques. Ces dernières devraient-elles se dévoiler pour aider la “cause” ? La question a fait l’objet de débats chez Catherine Perrin, Guy A. Lepage, Benoît Dutrizac et chez quelques chroniqueurs de La Presse.

Certains estimeraient même qu’il faut dévoiler l’orientation des vedettes malgré elles. Du moins, c’est ce qu’a entendu Mario Dumont “dans la discussion”, sans toutefois en être témoin : “euh, ça j’suis pas témoin de ça, mais j’entends ça dans la discussion, c’est qu’y’a des groupes très très militants assez extrémistes qui menacent des personnalités publiques en disant, regarde, nous on a besoin de gens qui portent le flambeau, pis si tu le dis pas, on va le couler tu comprends ?”, a-t-il déclaré au micro du FM93 de Québec.

Nous n’avons pas trouvé trace des extrémistes susmentionnés “dans la discussion”. Mais les auditeurs de Mario Dumont (un homme qui est passé proche de devenir notre Premier ministre) se disent probablement que s’il le dit, c’est que ce doit être vrai.

Quant à Testo, aucun extrémiste hystérique ne l’a forcé à se dévoiler et sa sortie a eu un impact international… en tout cas, au moins jusque dans une sous-section d’un site états-unien. C’est ce que nous a tartiné Jean-Charles Lajoie chez TVA Sports : “on trouve cette nouvelle sur le site ESPN.com, lorsqu’on va dans la section soccer, la deuxième nouvelle en importance, David Testo says he is gay. Alors on voit que ça se promène partout dans le monde, ça fait grand bruit, ça trouve écho aux quatre coins de la planète…”, a affirmé Lajoie.

C’est ce qu’on appelle “rayonner”.

Mais qu’en est-il du seul vrai sport qui intéresse l’expert de salon de chez nous, c’est-à-dire Canadien (et accessoirement le reste de la LNH) ? Et bien aucun joueur n’est encore sorti du placard.

Georges Laraque avoue n’en avoir croisé qu’un seul dans toute sa carrière et ça ne paraissait même pas qu’il était gai : “t’aurais jamais pensé, pis pour moi, moi c’est comme si tu buvais un verre d’eau, ça me dérangeait pas du tout, pis quand y m’a dit ça, même que j’ai oublié par après, tsé c’était pas quelque chose qui était important du tout”. Est-ce que le “gaydar” de Laraque serait défectueux ou bien est-ce que le hockey est un domaine moins propice aux mariages de mêmes sexes ?

Suite à un commentaire de Laurent Paquin qui estimait qu’il était impossible qu’il n’y ait pas d’homosexuels dans la LNH, Joël Bouchard élaborait justement cette théorie des “secteurs d’activité propices” : “bin ça s’peut pas qu’y’en ait pas… je sais pas ! J’sais que c’t’un pourcentage de la population, mais faut être d’accord que y’a certaines (sic) secteurs d’activité que y’en a plus, que le pourcentage est plus haut, y’en a qu’y’en a moins”. On peut supposer que les secteurs dont parle Bouchard mettent en valeur des habits en lycra et autres froufrous pailletés.

Heureusement, comme toujours, il y a Réjean Tremblay pour faire tomber ce genre de préjugé. Comment ? En mettant en scène un hockeyeur homosexuel dans le prochain Lance et compte.

D’ailleurs, Réjean jure que ça n’a pas changé grand-chose à son écriture. Pour lui, une scène de cul est une scène de cul. S’agit juste de tamiser les lumières comme du monde : “moi je dis que le critère suprême sais tu quoi, c’est la beauté… si c’est bien tourné, avec un éclairage… t’as sans doute remarqué qu’un éclairage orangé rend les scènes beaucoup plus douces.

Bref, le coming out de Testo aura permis à nos experts sportifs de discuter en profondeur (mettons) de la position sans doute difficile des sportifs professionnels homosexuels et peut-être de faire avancer le débat… juste avant de retourner dans leurs discours plutôt machistes sur l’importance d’aligner un goon sur le quatrième trio.

Suranalyse : La biographie de Georges Laraque toute en profondeur

L’écoute de 27 heures d’émissions sportives par semaine me laisse peu de temps pour faire autre chose comme sortir dans les bars puis vomir ou encore, réfléchir à des affaires (en général). Il en faut donc beaucoup pour me faire sortir de mes habitudes et me faire lire autre chose que des textes de 140 caractères.

Je l’avais fait pour l’excellent “Dans les coulisses de 110%” qui dépeignait avec beaucoup de sensibilité les hauts et les bas (surtout les bas) de cette émission culte, à la manière des Belles soeurs de Michel Tremblay, comme l’expliquait brillamment le critique littéraire Jean-Charles Lajoie à l’époque.

Je quitte aujourd’hui ma routine pour commenter le majestueux “La force d’y croire” la biographie très autorisée de Georges Laraque.

Ce n’est bien sûr pas l’ancien goon lui-même qui a écrit le livre. À la question “scuse le jeu de mots, mais ça été qui le nègre, celui qui l’a écrit pour toi là ?”, posée avec beaucoup de tact par Jean Perron lors de l’émission Le Match à TVA Sports, Georges Laraque a répondu que c’était Pierre Thibeault qui avait tenu le clavier pour lui.

Mais Laraque est habitué aux maladresses comme celles de Jean Perron. Dans son livre, on retrouve environ 643 fois le mot “racisme”. Il se réclame d’ailleurs de Jackie Robinson qui est son idole même s’il trouve le baseball plutôt ennuyant comme sport.

En fait, il trouve aussi le hockey un peu plate, il préférait le football et le soccer, deux sports où il excellait, mais a choisi le hockey parce que, et je cite “c’est là que j’ai un rôle à jouer”. Cet homme s’est sacrifié pour faire avancer la cause des noirs dans le hockey, un peu comme Jésus l’a fait dans l’excellent roman The Bible.

D’ailleurs, rien de ce qui est arrivé dans la vie de notre héros n’est le fruit du hasard et tous ses revers sont intentionnels. Comme le Monte-Cristo de Dumas, il a méticuleusement planifié son ascension pour venger ses ancêtres.

Son père le battait ? Pas grave, il choisit tout de même d’habiter avec lui parce qu’il jugeait avoir besoin de discipline.

À l’école ? Il fait exprès pour couler ses cours au prestigieux Collège Brébeuf afin d’être muté dans une autre école où le calibre de hockey est meilleur.

Le coach veut le garder après son premier camp chez les Oilers ? Il répond non, “je dois parfaire mon jeu”. Afin de sauver les animaux de la planète, pourrait-on ajouter. Il avoue toutefois avoir menti à cet entraîneur, expliquant qu’il avait demandé à être rétrogradé parce qu’il avait peur de Dave Brown, le champion dur à cuire de la LNH. DIsons que c’est compréhensible.

Le seul préjugé qu’il n’a pu vaincre est celui de la visière complète dans la LHJMQ. Son père ayant refusé de signer l’autorisation pour qu’un jeune de son âge débute précocement dans cette ligue avec une demie-visière, il sacrifie une année complète afin de ne pas faire rire de lui derrière une visière complète. Un autre héros devra mener ce combat…

Évidemment, les bagarres coulent à flot dans cette biographie toutefois moins sanglante qu’on aurait pu le croire. C’est que Laraque aborde toujours la question avec un grand respect :“je n’écrirai jamais que j’ai gagné un combat ou que j’ai donné une volée à tel ou tel joueur, même lorsque ce fut le cas. Je me contenterai de dire que le combat s’est bien déroulé. Vous ferez le lien vous-même”, ce qui revient un peu au même, avouons-le.

Parmi ses batailles mémorables, celle contre Rob Ray : “je lui ai donné une quarantaine de coups de poing, il ne m’a pas touché une fois” ainsi que celle contre Dave Morissette : “ça se passa très bien pour moi, la mare de sang sur la glace ne provenait nullement d’une quelconque partie de mon anatomie.

Dit-il qu’il a gagné ces batailles ? Non. Voilà un homme respectueux.

Respectueux, mais peu superstitieux. Il a entretenu une seule routine dans sa carrière, à l’époque où il évoluait avec les Oilers d’Edmonton. Avant de faire son entrée sur la patinoire, son coéquipier Shawn Horcoff devait absolument lui dire “Hello Clarisse” à la manière d’Hannibal Lecter dans le Silence des agneaux. Laraque n’a pas peur du ridicule (sauf pour ce qui est des visières) comme en fait foi son goût pour les robes de mariées.

D’autre part, Laraque raconte qu’il a perdu deux fois en finale de la Coupe Stanley. Il trouve que la scène dans le vestiaire après la défaite était terrible. Je cite : “Comparé à ce tableau, le radeau de la méduse de Géricault ressemble à une joyeuse scène de bal”. C’est d’ailleurs ce qu’il aurait déclaré à Renaud Lavoie après cette défaite : “ouais, euh, c’est pire que l’radeau d’la méduse icitte”.

On apprend aussi que Laraque est un grand amateur d’art puisqu’il ne voyage jamais sans sa machine de karaoké et son micro. Et contrairement à bien des artistes, il n’a jamais pris de drogue même s’il estime qu’il y en a en tabarouette dans la LNH.

Il prévient toutefois le lecteur qu’il ne nommera personne : “je n’aime pas les délateurs, je n’en deviendrai certainement pas un ici”. Évidemment, cette affirmation vient un peu en contradiction avec le fait qu’il parle parfois avec un stool dans le vestiaire de Canadien avant de rapporter ses propos devant la centaine de téléspectateurs de TVA Sports. Mais même Jésus a fait des erreurs.

C’est que Georges a toujours eu quelques problèmes avec les médias. Il dit que le seul journaliste qu’il respecte est Réjean Tremblay, “parce qu’il écrit avec conviction sans se laisser influencer politiquement par quiconque”. Bon, il se laisse influencer économiquement, mais ça, c’est une autre histoire.

Pour ce qui est des autres experts sportifs, il admet avoir eu maille à partir avec certains comme Ron Fournier, Gabriel Grégoire, Jean-Charles Lajoie et Michel Villeneuve. Il s’est toutefois réconcilié avec ces deux derniers. Il estime aussi que “l’un des pires poisons que la presse sportive montréalaise a porté en son sein s’appelle Bertrand Raymond”, sans préciser pourquoi. Enfin, il aime bien vanter les lumières de “l’illustrissime Don Cherry”.

On découvre aussi en Laraque une sorte de grenouille de bénitier, mais qui ne sait pas toujours dans quel bénitier se tremper. Après avoir vu le film Malcom X, il devient musulman. Après il a essayé d’être témoin de Jéhovah, bouddhiste et juif. Denis Lévesque lui a d’ailleurs demandé “pourquoi vous vous êtes pas converti au judaïsme ? Vous dites j’étais tout près… à cause de la circoncision ?”, ce à quoi le principal intéressé à répondu qu’il l’était déjà, circoncis. Un autre scoop de Denis Lévesque.

Mais n’oublions pas que Georges Laraque est aussi un évangéliste végétalien (ça sonne bien). C’est après avoir vu un film (encore) où il a appris que les animaux que nous mangeons ne sont pas ceux qui meurent de vieillesse que Laraque s’est converti à la salade de tofu. Toute une révélation.

Il estime depuis que les hommes ne se respecteront pas entre eux tant qu’il ne respecteront pas les animaux : “Je lisais d’ailleurs que les tueurs en séries ont d’abord été des enfants qui maltraitaient les animaux”. CQFD.

Voilà donc le parcours d’un homme qui, un peu à la manière des petits jumeaux dans Le grand cahier d’Agota Kristof, s’est fait du mal afin de s’endurcir pour mener à bien sa destinée de protecteur des animaux, pourfendeur du racisme, prêcheur et promoteur de la bataille au hockey.

Laraque n’a que 36 ans et il lui reste bien des choses à accomplir. Bien hâte de lire la suite de cette biographie dans dix ans…

Suranalyse : Le vestiaire de Jacques Martin

Les choses évoluent vite dans le monde de Canadien. Jusqu’à mercredi dernier, en raison d’un horrible début de saison, la planète surmédiatique était en crise. Jean-Charles Lajoie expliquait même à un Benoît Dutrizac médusé que de nombreuses choses allaient mal au Québec, avec en tête, sur un pied d’égalité, “tout ce qui peut se passer dans les tractations au niveau de la construction et de l’octroi des contrats, mais y’a aussi la situation du Canadien”. Ok, “bye”, allait conclure Dutrizac suite au laïus de son collaborateur dont il trouvait la poésie moins drôle qu’en général.

La “patente” d’enquête et les déboires de Dany d’Occupation Double n’étaient à ce moment rien à côté de la déconfiture de Canadien. C’est que voyez-vous, il n’existe pas de chaîne spécialisée en commission d’enquête alors qu’il en existe deux en Canadien.

C’est sur l’une d’elles, TVA Sports, que la question de l’avenir de Jacques Martin fut posée en premier. Disons que notre ami Georges Laraque a un agenda caché plutôt mal caché : “ça n’a rien à voir avec le fait que je l’aimais pas ou que je l’aimais pas… j’fais juste te parler du point de vue de qu’est-ce qu’y’a gagné”. Laraque ne s’en prend pas à Martin parce qu’il ne l’aime pas, ni parce qu’il ne l’aime pas. Tirez-en vos propres conclusions.

À l’émission Le Match sur le même réseau, on se gardait bien de vouloir parler trop rapidement de l’éventuel congédiement du coach. “Tu vas être honnête là, y’a personne qui parle de congédiement, y’a personne, y’a personne qui va parler de congédiement ici, y’a personne qui va avoir la tête de Jacques Martin”, promettait l’animateur Dave Morissette à Enrico Ciconne… 33 secondes avant d’annoncer la “Question Vidéotron” du jour : “est-ce qu’un changement d’entraîneur est la solution aux problèmes du Canadien.

Au “5 à 7” de RDS, les animateurs Yannick Bouchard et Frédéric Plante se sont faits plus raisonnables en préparant une pièce de théâtre qui devrait être en nomination au prochain gala des Masques. Quatre minutes sur la thématique de la panique anticipée : “allo les pièces ? c’est Frédéric en compagnie de Yannick ici, Chantal aussi… on voulait savoir, est-ce que c’est possible de faire livrer un bouton panique, ou du moins en commander un ?”. Pas de stress pour l’instant donc, mais commencez à stocker des vivres.

À l’antichambre, Michel Bergeron, lui, l’avait déjà reçu son “bouton panique” : “la maison est en feu là!”, postillonnait-il. Il faut dire que la position enviable de Travis Moen au sommet du classement des pointeurs de l’équipe avait sonné l’alarme des experts. Il n’y pas de fumée sans feu.

Avant le match contre les Panthers, la grogne se faisait aller plutôt intensément. C’est à ce moment que Réjean Tremblay a tenu à remettre les pendules à l’heure quant à l’origine de la crise lors de sa chronique chez Paul Houde : “faut pas qu’on se flatte trop la bedaine, mais c’est à cette émission-là qu’on a commencé à poser des questions en premier hein”. 33 secondes après avoir pris le crédit d’être celui qui avait mis le feu à la maison, il implorait toutefois le peuple de se calmer : “avant de crier à la panique, avant de hurler au putois, comme un putois, on va attendre un peu là !

Heureusement, au travers de tous ces cris de détresse, certains experts avaient des solutions à proposer. “Il y a une solution : il faut retrouver le chemin de la victoire”, estimait Mario Tremblay à CKOI. Quant à Richard Labbée, perdu sur les ondes de CHOI Radio X, sa suggestion était un peu plus terre à terre : “Jacques Martin ne peut pas faire grand-chose, honnêtement, il doit espérer que ça se replace, il doit se croiser les doigts”. Voilà de judicieux conseils.

Après la défaite contre la Floride, l’angoisse chez les experts et les amateurs était à son paroxysme. D’autant plus qu’elle survenait juste après qu’un Georges Laraque déguisé en journaliste d’enquête révélait en exclusivité chez TVA Sports qu’il avait parlé à un mystérieux joueur qui lui aurait dit que le vestiaire de Jacques Martin était en perdition. Selon Laraque, un entraîneur peut être aimé ou pas aimé, mais pour ce qui est “d’un respect”, c’est complètement différent. Et ledit respect n’était plus totalement au rendez-vous.

Surtout que toujours selon la taupe de Laraque, il y aurait un rat dans le vestiaire (on dit aussi que Pacioretty serait fort comme un boeuf) : “tsé les entrevues que Mathieu Darche fait, il parle beaucoup de ce que le coach a déjà dit… pis tsé souvent quand t’as une bonne relation avec l’entraîneur, les joueurs regardent ça un peu, c’est un petit peu téteux comme on dit”. Un joueur de Canadien qui sort la cassette en entrevue ! Voilà une attitude qui doit effectivement bousculer les habitudes de l’équipe.

D’ailleurs, après la défaite contre les Panthers, Erik Cole semblait sur le bord de la dépression en entrevue d’après-match. À la télévision, Jean-Charles Lajoie jubilait à l’idée de pouvoir enfoncer une fois de plus un clou dans la tombe de Jacques Martin. “M. Molson, vous avez laissé les hommes de hockey de votre organisation s’isoler, se recroquevillant en un groupe hermétique, vous avez permis à Gauthier et Martin de se peinturer dans l’coin, vous avez désormais le devoir de procéder à un ménage qui sera aussi important qu’improbable, mais qui devient incontournable”, expliquait Lajoie, ce qu’on aurait pu traduire, en enlevant les mots superflus par “M. Molson, vous avez laissé Gauthier et Martin faire, vous devez maintenant les renvoyer”.

Molson, sans doute à l’écoute de TVA Sports, n’a pas tardé à ne rien faire. C’est plutôt Pierre Gauthier qui le lendemain congédiait le pauvre Perry Pearn, un geste qui allait le faire passer pour un génie de la trempe de Steve Jobs et/ou Léonardo Da Vinci puisque Canadien allait gagner ses trois matchs suivants. Tout va maintenant pour le mieux dans le meilleur des mondes de Canadien.

Suranalyse : Subban nous tient par les patates frites

Je fais un petit test : convertir une de mes chroniques au Sportnographe en chronique écrite. Est-ce que ça en vaut la peine ?

Vous connaissez le talent certain que j’ai à laisser la poussière retomber sur une nouvelle afin de l’analyser avec tout plein de perspective n’est-ce pas ? Non, je ne vous parlerai pas cette fois du congédiement de Guy Carbonneau comme entraîneur de Canadien, mais bien de la scarmouche entre Max Pacioretty et P.K. Subban à l’entraînement l’autre jour, un événement qui a presque changé le cours de l’histoire, contrairement au “chandail-à-terre-gate”, ce scandale impliquant Subban qui aurait lancé son chandail par terre dans le vestiaire.

Non, comme l’explique Dany Dubé, ce n’était même pas une histoire.

– Évidemment y’avait eu l’incident avec gill l’année dernière avec le chandail, là y’a ça, Pacioretty
– Ouais mais ça y’en a pas eu d’incident là… ça c’est les gens qui ont rapporté qu’y’avait eu un incident

Vous voyez la subtilité ? Ça été un événement inventé de toutes pièces par les créatifs de RDS. La scarmouche entre Subban et Pacioretty, ça c’est une histoire, malgré ce qu’en pensent… Georges Laraque :

Mais sérieusement, j’trouve qu’on fait trop un gros plat avec ça.

Steve Bégin :

On n’a pas vu d’intensité, on n’a pas vu d’énergie… on en a là… c’est pourquoi qu’on en fait un si gros plat ?

Jérémy Rainville :

Rien pour écrire à sa mère, mais m’a te dire une chose, y’a beaucoup d’intensité pis j’pense que les gars ont hâte de débuter la saison.

Je pourrais continuer comme ça sur des pages et pages. Tous les experts ont expliqué qu’il n’y a pas de quoi écrire à sa mère, parce que de toute façon, leurs mères écoutent probablement la télé et ils ne parlent que de ça.

Certains diront que Pernell Karl est souvent au centre de ces controverses. C’est que voyez-vous, Subban est un être paradoxal… d’un côté il est la gazoline de Canadien, comme le disait Réjean Tremblay :

– Pis P.K. Subban, de toute façon là, c’est l’or noir du Canadien ça…
– comment ?
– l’or noir c’est vrai
– oui
– c’est bien dit
– voilà
– oui bin merci beaucoup.

…et de l’autre côté, il est un pyromane, comme l’expliquait Jean-Charles Lajoie à Benoît Dutrizac :

– Chaque fois qu’y’a quelque chose, qu’ya un foyer d’incendie quelque part, y’est jamais bin bin loin de l’allumette.
– c’est un pyromane.
– c’est le pyromane de cette équipe.

De l’essence, des allumettes… kaboum ! C’est ce qu’on appelle un cocktail explosif.

Vous savez à qui ça fait penser tout ça ? Un leader charismatique qui a su mener une révolution pour sortir le peuple québécois de son marasme ? Non, pas Stephen Harper.

Maurice Richard, plutôt. C’est Ron Fournier qui le dit, ça doit être vrai en calvasse :

Pis j’vous le dis là, un moment donné ils vont le prendre pis y vont le calvasser dans les gradins… y vont dire, tu joues pas un match… ça va être l’émeute comme Maurice dans les années 50 à Montréal…

Mais dans tous les cas, qu’est-ce qui explique la folie passagère de ces joueurs qui se sont chamaillés un petit peu ? Le psychologue Joël Bouchard a une explication :

Pensez-vous que c’est les 700 joueurs les plus talentueux qui jouent dans la ligue nationale ? non, c’est les 700 qui ont la conception mentale de ce que ça prend être un joueur de hockey dans ligue nationale… tsé si tu commences à te faire manger la laine sul dos, ça marche pas… c’est pas la mentalité d’un joueur de hockey.

La conception mentale du joueur. Voilà. Le joueur de hockey a toujours dans sa tête un jambon qui fait tic tac tic tac tic tac…

Il est une vraie machine humaine, comme le dit Michel Langevin.

Ces gars-là, c’est des machines d’émotion, c’est des machines de travail humaines, physiques, et c’est normal qu’un moment donné, on se bouscule pis que l’émotion prenne le dessus.

Il est normal qu’une machine d’émotion s’enraye à l’occasion. C’est juste positif.

De toute façon, même si c’était négatif, Canadien aurait bien de la misère à contrôler les ardeurs de ses machines humaines, particulièrement dans le cas de P.K. Subban qui tient l’équipe et les partisans par… les patates frites, comme l’explique Ron Fournier.

Y tient son entraîneur par les patates frites et aussi un peu tout le monde par les patates frites, le public, parce que le public l’adore, le public l’aime… lui il le sait ça, 22 ans, yé intelligent… des fois c’est dangereux d’être trop intelligent et brillant.

On sous-estime trop souvent les dangers d’être trop intelligent.

Et comment finit cette histoire, Martin McGuire ?

Les deux se sont mis à rire.

Hahahahaha !

Si vous voulez mon avis, il ne fallait pas en faire tout un plat.

La Genèse du Sportnographe

L’archéologue en résidence du Sportnographe, Normand Leblond (Alex), a retrouvé dans ses archives le courriel initial de la création du Sportnographe, en 2004. Extraits choisis (j’écrivais à Munger et Leblond) :

Salut les garçons,

Voici un template de site sportif. J’attends vos commentaires, hésitez pas à me suggérer des modifs… c’est ptête un peu trop coloré.

Faudrait penser à un slogan cool.

JP, alex et moi on discutait du nom hier sur MSN… on hésitait entre spornographe, sporc-épique et sportraitiste.

On est arrivé avec les idées suivantes:

– sondages
– citations de Ron
– on va pas mettre nos vrais noms, on va tête des chroniqueurs fictifs comme
– section “jeune poulain d’avenir” la vedette montante selon Yvan Labrosse
– “le baron vous répond” (mais faudrait trouver un autre nom, genre de vicomte)

Voilà pour l’instant.

En fouillant dans ses archives, Alex est aussi tombé sur cette discussion sur MSN, mettant fin à un débat éternel à savoir si c’est moi ou Jean-Philippe qui avait trouvé le nom du site :

alex: ouain mais faudrait se trouver un nom winner pour notre chronique sinon ca va pas etre assez serieux
alex: genre sportbobbymag ou piquette sporting news
olivier: le sporadique les sporcs le sporc-épique le sporcelet la sporcherie le spornographe le sportail (.com déjà pris) le sportemanteau le sportier le sportraitiste
olivier: le sportatif le spornythorinque le sportense (comme dans Ortense) le sporte-clés
alex: les sportraitistes c’est pas pire
olivier: j’avais soumis ça à jp et il a pointé le spornographe… mais c’est pas obligé d’être un jeux de mot poche comme ça non plus..

Dans ta face Munger !

Finalement, clou du spectacle, Alex avait les premières tentatives de “templates” du site en sa possession.

Les technologies derrière le Sportnographe

Les gens ne me demandent jamais : “comment vous fonctionnez, communicationnellement parlant, au Sportnographe ?”. Peut-être parce que ça se dit mal “communicationnellement” ou juste parce que c’est pas intéressant. C’est pas grave, ça me tente de répondre pareil. Parce que je regarde aller les autres et je trouve qu’on utilise les internets de façon plutôt efficace pour communiquer et pour organiser notre travail.

Google Docs : c’est dans Google Docs que nous écrivons tous nos textes pour l’émission. Ça doit bien faire trois ans que je n’ai pas installé MS Word sur ma machine. Comme c’est triste. C’est d’autant plus utile que nous travaillons et retravaillons les textes sans cesse, et de façon collaborative. Avec Google Docs, nous voyons en direct les modifications des autres et nous pouvons faire des commentaires dans la marge. De plus, aucun arbre n’est maltraité pour le bien de notre émission puisque nous utilisons nos portables en studio.

Dropbox : chez Sportnographe Inc, on s’échange beaucoup de fichiers en forme de citations d’experts sportifs, ainsi que les extraits pour l’émission. Pour faciliter les choses, nous utilisons un même compte Dropbox installé sur chacun de nos ordinateurs, ce qui fait que nous avons la même banque de fichiers à portée de main. Avant d’utiliser Dropbox, nous utilisions notre serveur par l’entremise du FTP… Dropbox a changé nos vies.

WordPress : bien sûr, le Sportnographe roule sous WordPress, mais nous avons aussi un “blogue” interne pour nos tempêtes d’idées. On utilise le thème P2 qui est bien adapté à ce genre de travail. Auparavant, nous utilisions Google Wave, mais c’était plutôt inefficace et Google a récemment décidé de l’abolir.

Radioshift : ce petit logiciel de Rogue Amoeba nous permet d’enregistrer CKAC toute la journée afin de ne rien manquer en matière de choses pas d’allure. Bien que nous écoutons la plupart du temps les extraits découpés par CKAC sur leur site, Radioshift nous permet d’accéder aux moments qui ne s’y trouvent pas. C’est aussi ce qui me donne l’inestimable opportunité de partir le matin avec une bonne heure de Michel Langevin dans mon iPhone afin de mieux supporter le trajet de métro… ou vice-versa.

GTalk : très pratique puisque nous ne sommes pas toujours au même endroit, et que nous travaillons souvent le soir et la fin de semaine. Pratique aussi dans le bureau pour parler dans le dos d’un collègue. On se sert aussi parfois de la vidéoconférence plutôt que de se téléphoner.

Gmail : le courriel est une technologie… euh… pas besoin d’élaborer hein ?

Skype : au Sportnographe, le mardi est jour de répète. C’est aussi une journée où l’on reste chacun chez soi afin de finaliser les textes loin des distractions et de la caféteria de Radio-Canada. C’est pourquoi nous utilisons Skype pour répéter nos textes à plusieurs. Au début, nous utilisions iChat avec la vidéo et tout le tralala, mais c’était parfois un peu lent, et nous nous sommes rendus compte que l’image, on s’en foutait un peu… en plus que nous étions tannés de nous voir la face.

Voilà comment nous gérons nos communications synchrones et asynchrones ainsi que le flot de données sportivo-niaiseuses par l’entremise des internets.

Bien sûr, tout n’est pas parfait et il y a toujours quelques individus réfractaires au changement qui ne se virent pas sur un dix mégaoctets, mais au total, ça roule plutôt bien.

Si quelqu’un a de meilleures idées ou des suggestions, nous sommes très ouverts.

La critique sportive

Foglia ce matin :

Ouache, la critique qui nous empêche d’avoir du fun. Beurk, la critique. Fuck la médiation. Allez chier, messieurs les enculeurs de mouches. On n’a pas besoin de vous pour consommer. On a une vraie job, nous, O.K.? Quand on va au cinéma, c’est pour se reposer, O.K.?

Ici aussi, on est dans le gros sens. Cette fois culturel.

Ce que j’ai contre le gros bon sens?

Plein de choses. Mais surtout ceci: il se présente toujours penaud. Pauvre, pauvre petit gros bon sens, toujours attaqué, dévalué, humilié par les intellos… Mais tadam! Il finit toujours par triompher, parce qu’il est le goût, la volonté, le coeur du peuple.

Alors que, dans la réalité culturelle, le gros bon sens est impérial, dictatorial, il commande à tout (à toutes les subventions, surtout), ne souffre aucune médiation, aucun filtre entre lui et la consommation.

Ça fait beaucoup penser à la manière dont les experts sportifs voient le Sportnographe. “Engagez des critiques gentilles” nous dit Martin Lemay…

Un internet avec pas de sites

Avec le Sportnographe, on voit bien les effets d’un internet “avec pas de site“. Le contenu est roi, mais le roi doit se déplacer vers ses sujets.

Sur Facebook, nous avons plus de 4000 admirateurs à qui nous pouvons accéder directement grâce au fil de nouvelles. On s’immisce directement dans leur vie.

C’est pourquoi j’ai installé l’extension RSS graffiti qui permet de présenter plus de contenu du site, sur Facebook. Les lecteurs pourront maintenant écouter les extraits audio de citations et les extraits de l’émission sur Facebook.

Ça impliquera peut-être moins de visites sur le site du Sportnographe, mais plus de gens qui écouteront nos contenus…

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