Favoriser la participation en étant accueillant

L’entrevue qu’Émile a accordée à Laurent pour Intruders.tv m’a fait penser à un petit bout de mon mémoire où il est question de l’accueil réservé aux nouveaux participants au sein d’une communauté. Selon Émile, le facteur numéro dans les succès d’une communauté est le respect. Le respect entre les membres, mais aussi le respect des administrateurs vis-à-vis des membres. Le “responsable de la communauté” doit s’assurer de ce respect en modérant les discussions et en étant transparent.

Je ne reviendrai pas sur la règle du 1-9-90 telle qu’énoncée par Nielsen (en fait, j’y reviendrai sans doute un jour), mais faire augmenter le taux de participation active est le plus grand des défis pour une communauté en ligne.

Bishop suggère un modèle basé sur les actions et les objectifs :

“Actions are linked to goals seem more appropriate for online communities as needs-based theories do not explain why community members such as lurkers do not participate if their ‘deficit needs’ are being met.”

Selon lui, un individu développe des objectifs selon les actions qu’ils nécessitent, et en considérant ses convictions quant à ses chances de les atteindre. Ainsi, un individu peut rester simple observateur s’il n’a pas la conviction que sa participation soit bien reçue.

En gros, on peut extraire de ce modèle certains principes :

  • Les actions d’un participant sont motivées par ses désirs plutôt que par la nécessité de répondre à un besoin;
  • Les actions d’un participant sont limitées par ses objectifs, plans, valeurs, convictions et intérêts. C’est-à-dire qu’un acteur “will take into account their existing goals, plans, values, beliefs and interests before taking action based on their desires, which may have made such cognitions dissonant”;
  • Les actions d’un participant sont influencées en dernier lieu par la manière dont il perçoit son environnement constitué d’autres participants et d’objets.

Ce modèle propose donc que, pour favoriser une plus grande participation, il faut créer un désir de le faire chez les participants: “The ecological cognition framework proposes that in order for actors to carry out a participatory action, such as posting a message, there needs to be a desire to do so, the desire needs to be consistent with the actor’s goals, plans, values, beliefs and interests and they need to have abilities and tools to do so“. Il faut donc entre autres changer les convictions des participants passifs en démontrant, par l’entremise des participants réguliers, que les nouveaux ont droit à un accueil favorable.

Selon Yankolevich, les relations entre les usagers comptent pour beaucoup dans la décision de joindre ou pas une communauté. Il faut que le participant potentiel ait le sentiment que les utilisateurs sont en mesure de s’influencer en se considérant comme égaux, et qu’il soit possible pour lui de facilement identifier les contributions les plus pertinentes.

Pourquoi je quitte iWeb et où je m'en vais

Maintenant que tout le monde chez iWeb est au courant, je peux en parler ici : je quitte mon poste de responsable des communications.

Ça n’a rien à voir avec iWeb. Il s’agit d’une excellente entreprise toute pleine de gens superextra. J’y ai vécu de beaux moments et continuerai de suivre avec attention son développement.

Avant de continuer, si quelqu’un se cherche un emploi, mon poste est ouvert. En gros, ça consiste en rédiger des communiqués, des infolettres aux clients, le contenu du site, et à participer à la réflexion sur le marketing en ligne. Une grosse partie du travail consiste à rédiger pour le blogue de iWeb. Être payé pour bloguer, pas trop mal comme idée ! Faites-moi signe si ça vous intéresse.

Donc, pourquoi est-ce que je quitte alors ? Parce qu’on m’a offert l’emploi presque rêvé. Je coordonnerai les activités en ligne (je me cherche encore un titre glamour) du Forum Canadien de Recherche Publique sur le Patrimoine. Deux de mes anciens profs viennent d’obtenir une subvention de deux millions (pas de blague sur Tourisme Montréal SVP) sur sept ans pour financer ce projet qui se veut entre autres (c’est le bout qui me concerne) une plateforme de participation en ligne qui regroupera les chercheurs du Canada en patrimoine, les experts de la question, et les citoyens.

Ce sera donc un endroit où les chercheurs pourront discuter des enjeux du patrimoine (une communauté de pratique donc), mais aussi un outil de participation citoyenne qui permettra de faire un lien entre la recherche et la pratique, qui contribuera, dans le meilleur des mondes à impliquer la population dans le processus de patrimonialisation (le processus par lequel on détermine ce qui est ou n’est pas considéré comme patrimonial). Ce sera aussi un observatoire de ce qui se passe en patrimoine, et éventuellement, une encyclopédie du patrimoine.

Il faut dire qu’en 2006, je prévoyais faire mon mémoire de maîtrise (en études urbaines) sur le FCRPP. À l’époque, malheureusement, la demande de subvention avait été refusée et j’avais fait dévier un peu mon sujet pour plutôt analyser les discussions sur un blogue qui traite d’aménagements urbains (Québec Urbain, en l’occurrence). J’avais tenté de déterminer quels étaient les caractéristiques des participants, les mécanismes techniques, et les éléments du discours qui influencent le débat, et qui en définitive, sont le mieux à même d’avoir un impact sur la sphère publique (mettons). D’ailleurs, il ne me reste qu’à l’imprimer (quelqu’un connaît une imprimante qui fait du recto-verso ?) et le déposer, ce mémoire.

Donc, mon nouvel emploi fitte parfaitement avec ce qui m’a suffisamment passionné pour en faire l’objet de ma recherche. J’aurai l’occasion de reparler de ces sujets parce que je compte bien créer un blogue consacré à la chose qui traitera de participation citoyenne en ligne, de cybergouvernance, de développement web, et qui documentera la conception du FCRPP.

J’ai un petit côté entrepreneur, mais un autre qui haït l’administration et les finances. Il s’agit là d’une excellente occasion d’avoir l’un sans l’autre. Je m’occuperai de tout ce qui touche au Web dans ce projet : planification du site, design, programmation, SEO, promotion, gestion, rénovation, etc.

Évidemment, ces considérations techniques sont de la petite bière. Le vrai défi sera de bâtir une communauté. C’est l’objectif principal de la patente. Je crois avoir un peu d’expérience de la chose, avec CentPapiers et le Sportnographe qui sont assez vivants. Reste que comme le dit ma prof, les gens qui s’intéressent au patrimoine sont souvent eux-mêmes patrimoniaux (je ne sais pas si j’ai le droit de répéter ça). Ce ne sera pas facile, donc.

Un autre facteur majeur pour ce changement de boulot relève de la qualité de vie. J’aurai un bureau à l’UQAM, mais je pourrai bosser de chez moi, d’un café, ou de la Gaspésie. Tôt le matin, de 8:00 à 17:00, ou en pleine nuit. Plein de temps pour la petite famille donc ! Du temps aussi pour les autres projets…

Cerise sur le sundae, ça me fera peut-être faire quelques voyages. Ça commence déjà à la fin juin alors que j’irai à Yellowknife (c’est pas la porte à côté !) pour le congrès de la Société pour l’étude de l’Architecture au Canada. Avouez que c’est exotique comme destination. Je me demande s’ils ont le wifi…

Voilà, presque tout est dit ! Mais j’en reparlerai sans doute !