Des mass médias aux médias des masses

L’émergence d’une société de plus en plus dépendante de l’échange d’informations pose la question du contrôle de cette dernière et du pouvoir qui va avec. Les nouveaux enjeux découlent donc de l’appropriation sociale des moyens d’informations.

Dans son livre « La révolte du pronétariat – Des mass média aux média des masses« , Joël de Rosnay convie à une redéfinition de la sphère médiatique où le citoyen prendra une plus grande part dans la création et la distribution de l’information :

« J’appelle infocapitalistes les détenteurs des moyens de création, de production et de diffusion de contenus informationnels dits propriétaires, généralement sous forme numérique […] j’appelle pronétaires ou pronétariat une nouvelle classe d’usagers des réseaux numériques capables de produire, diffuser, vendre des contenus numériques non-propriétaires. »

Au-delà de ces néologismes ampoulés et des comparaisons boiteuses avec la théorie marxiste se cache un phénomène bien réel qui force certaines innovations sociales que l’auteur résume bien, sans toutefois aller au fond des choses. Pour bénéficier d’un avis beaucoup plus fouillé sur la société de l’information, sur ses risques et ses opportunités en regard de la démocratie et des médias, il faut lire « La démocratie occulte – Rapports de force, gouvernance et communautique dans la société de l’information » de Pierre-Léonard Harvey de l’UQAM.

En attendant, AgoraVox (où un collègue a semé la controverse), l’initiative de Rosnay et de ses amis attire un lectorat de plus en plus grand qui concurrence les médias traditionnels français. Le principe de base de cette initiative est que chaque citoyen est un reporter en puissance, et qu’aucun groupe de presse ne peut poster un journaliste à chaque coin de rue. Ce site, qui permet au citoyen de publier ses articles, est régulé par un comité de rédaction et par le jugement des pairs rédacteurs / lecteurs. La crédibilité est l’enjeu principal du média citoyen, et cette forme de régulation semble, pour l’instant, sourire à AgoraVox.

D’autre part, les grandes entreprises accordent de plus en plus d’importance aux blogues et autres nouveaux producteurs de contenu. Pier-Karl Péladeau a d’ailleurs annoncé un certain virage pour Québécor, et les médias traditionnels s’interrogent(s’inquiètent ?) maintenant quant au phénomène de démocratisation de la production journalistique. On a comme cette impression que des bouleversements majeurs se préparent, et à l’instar de Québécor, l’inouille ne devrait pas manquer le bateau…

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