Verglas, de Normand Lester

Il y avait quelque chose de séduisant dans le résumé du roman « Verglas » de l’ancien journaliste de Radio-Canada et maintenant pamphlétaire Normand Lester et de sa collègue Corinne de Vailly. Une histoire autour d’un complot états-unien se déroulant en sol québécois, qui allie science, services secrets et multinationales, ne peut que susciter l’intérêt de l’amateur de polar.

Pour ceux qui ont manqué la tonitruante campagne de promotion du livre, Verglas raconte l’histoire d’un jeune sergent-détective de la police de Montréal qui est entraîné, lors d’une enquête sur la mort d’un amérindien, dans une intrigue autour de recherches du Pentagone pour modifier le climat afin d’en faire une arme de destruction massive. L’histoire amènera le héros dans le bureau du Premier Ministre du Québec, à Mistassinni, à Washington, en Russie et dans l’Antartique.

Or, malgré un scénario rempli de potentiel, force est de constater que le livre déçoit. Certains détails font que l’on a de la difficulté à embarquer dans l’histoire. D’abord, et ce n’est pas un détail, on comprend difficilement comment un jeune policier de Montréal puisse se voir accorder une mission d’une telle envergure, malgré toutes les qualités dont les auteurs l’ont affublé.

Ensuite, on explique trop au lecteur des choses qu’il devrait découvrir par lui même grâce à de subtiles pistes. Par moment, on croirait lire un scénario de film hollywoodien. D’autre part, les scènes érotiques (disons) mettant en vedette ce pervers de Bill Clinton et sa nymphette de stagiaire, Monica Lewinski, sont bien trop longues et explicites et détonnent inutilement. On se plaît toutefois à imaginer M. Lester et Mme. De Vailly débattre de la justesse de la description des caresses cochonnes de la stagiaire…

Enfin, il y a nettement dans ce livre une surutilisation du terme « ultrasecret ». On peut penser que ce bouquin, mis dans les mains d’un bon réalisateur, fasse un bon film (quoique ce sont les auteurs eux-mêmes qui en feront l’adaptation). Mais pour voir cela, il faudra encore attendre un peu…

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