Financement 2.0 ?

Les innovations sociales engendrées par les nouveaux moyens de communication sont nombreuses. Plusieurs outils facilitent la collaboration et les interactions entre personnes qui n’auraient pas nécessairement le loisir de travailler ensemble. Le commerce électronique prend aussi de plus en plus d’importance. Au Canada en 2004, les ventes en ligne ont augmentées de 49,7% pour atteindre 28,3 milliardsde dollars.

De nouveaux projets prometteurs ont récemment vu le jour en ce qui a trait au commerce électronique, ou plutôt au financement en ligne. Un court encadré de la dernière édition de Wired (pas encore disponible sur le Web) présentait Prosper, un espace en ligne permettant à des particuliers d’emprunter ou de prêter de l’argent à d’autres personnes en se soustrayant à la nécessité de transiger avec une banque selon les taux fixés par cette dernière.

Supposons que vous vouliez emprunter quelques milliers de dollars pour financer l’achat d’une piscine. Il suffirait d’inscrire votre demande sur Prosper en précisant le montant nécessaire et le taux d’intérêt auquel vous êtes prêt à vous soumettre. Plusieurs prêteurs proposent des montants selon un taux qu’ils sont prêts à soutenir, jusqu’à ce que le temps de l’enchère soit terminé. À la fin, les sommes offrant les taux les plus bas sont combinées pour former le prêt total qui devra être remboursé en trois ans sur une base mensuelle et débité automatiquement du compte de l’emprunteur vers ceux des prêteurs. Comme si vous faisiez appel à une banque, une cote de créance vous est attribuée et peut varier selon la fiabilité de vos versements. Vous pouvez même vous joindre à des groupes d’emprunteur afin d’obtenir de meilleurs taux d’intérêt en augmentant votre cote.

Une autre initiative dans la même veine, mais à caractère humanitaire a aussi vu le jour. Il s’agit de Kiva, qui permet de prêter des petites sommes d’argent à des entrepreneurs de pays en voie de développement. Le prêteur choisit une entreprise à qui il veut prêter de l’argent à l’aide d’une carte de crédit. Kiva transfère les fonds à un partenaire local qui les redistribuent aux petites entreprises concernées. Ce même partenaire se charge de collecter les paiements, qu’il renvoie au prêteur par l’entremise de Kiva.

Ces projets, qu’ils soient à but lucratif, comme dans le cas de Prosper (l’entreprise récolte 1% du montant total de l’emprunt), ou sans but lucratif, ont au moins le mérite de libérer les épargnants du joug des grandes banques qui ne cessent d’accumuler les profits. Nous ne parlons peut-être pas ici explicitement d’économie sociale, dans la mesure où cette dernière se définit par une forme de capitalisation qui n’offre pas d’avantages individuels, mais on peut penser que de telles initiatives puissent réduire énormément le morcellement des capitaux investis dans les pays en voie de développement par les divers intermédiaires, mais aussi permettre de ne plus être tributaires de la bonne volonté des gouvernements, des grandes entreprises et des banques pour financer des projets qui tiennent à coeur.

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