Jérôme Minière, inégal à lui-même

Se produisait le 3 juillet à Carleton-sur-Mer en Gaspésie le chanteur Jérôme Minière. Dans la petite salle du moderne Quai des Arts de la municipalité de 4000 habitants, le frêle auteur-compositeur-interprète d’origine française (au Québec depuis dix ans), est parvenu à séduire les spectateurs de ses pièces accrocheuses et de son humour en forme de timidité (feinte ?).

Accompagné d’un bassiste et d’un batteur, Minière aura au total interprété une bonne vingtaine de pièces tirées de tous ses albums, parfois dans leur version originale, parfois en les revisitant. C’est peut-être pour cette raison qu’il faut qualifier la performance du chanteur d’inégale. Afin de rendre possible leur déclinaison sur scène, Jérôme Minière aura dû les adapter à la présence d’instruments autres que le clavier. C’est particulièrement le cas pour les pièces de son premier album qu’on reconnaissaient à peine tant le passage d’un mode à l’autre les aura transformées. Disons qu’on s’est pris à vouloir réécouter ledit opus du Minière seul sur sa machine.

D’un autre côté, les douces pièces du second album (excluant celui paru sous le nom d’Herri Kopter) auront comblé nos attentes, et celles du public. Public qui n’a d’ailleurs pu qu’être séduit par l’hommage au Québec rendu par Minière sur la pièce « L’air du dehors » : « Je suis venu ici, parce que l’air du dehors, a rempli le coeur, de ce peuple de chaleur… ». De même, les chansons tirées du dernier album, pourtant moins intéressant que les précédents, auront été jouées avec beaucoup d’énergie, les rendant plus sympathiques que l’écoute de l’album l’avait fait. Enfin, le chanteur en aura satisfait quelques-uns en interprétant la pièce « Il pleut » de Brigitte Fontaine et en essayant pour la première fois devant public sa dernière composition (à paraître probablement sur le prochain album de Minière), « Le train ».

En définitive et globalement, le spectacle en dent de scie de Jérôme Minière lui aura permis d’acquérir de nouveaux fans gaspésiens et de satisfaire ceux qui le suivent depuis ses débuts, sans toutefois parvenir à les surprendre.

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