Accueil » monologue » Jésus Bauer

Jésus Bauer

Jack Bauer est de retour dans de nouvelles aventures de 24 (24 heures chrono). Après deux ans dans les geôles chinoises où le héros, personnifié par l’imperturbable Kiefer Sutherland, a souffert le martyre, mais survécu en se nourrissant de l’espoir de ne « pas mourir pour rien », le voilà qui débarque en des États-Unis d’Amérique aux prises avec une vague d’attentats suicides, kamikazes, meurtriers (dans le genre beaucoup de bombes en 24 heures).

Qu’est-ce qui aura poussé le président états-unien à payer le gros prix pour rapatrier ce héros qui aura déjà passé à travers la mort de sa femme, une dépendance aux drogues dures, quelques balles dans le corps, la mort de tous ses amis (ou presque), une attaque bactériologique, une mission suicide au volant d’une bombe nucléaire, et de multiples sessions de tortures ? Le sacrifice pour la nation, bien sûr.

En échange de la mort de Bauer, le peuple américain sera sauvé, prétendent quelques terroristes au teint basané, mais à l’origine imprécise. Voilà que notre Jack se pointe le bout du pistolet, la barbe et le cheveu long, le dos barbouillé des traces de coups d’un fouet que l’on imagine chinois, tel un Jésus des temps modernes, pour sauver la nation en se sacrifiant. Rien de moins.

Encore une fois, la torture est à l’honneur, même si Jésus Bauer a un peu perdu la « touch » suite à ces quelques années où il fut lui-même objet de certains tourments. Aux prises avec le dilemne de faire souffrir un individu pour sauver des milliers de vies, les héros de 24, sous les ordres des scripteurs de la télésérie, parviennent toujours à faire passer la torture pour une nécessité.

N’empêche que selon le New York Times, les thèmes abordés dans la série ne vont pas toujours dans le sens des néo-conservateurs :

« But « 24″ also jukes to the far side of political correctness and even left-wing paranoia. In two different seasons, the villains seeking to harm the United States are not Middle Eastern terrorists but conspirators directed by wealthy, privileged white Americans : in the second season, oil business tycoons tried to set off a Middle East war, and last year, Russian rebels turned out to be working in cahoots with a cabal of far-right government officials. By those standards, the current crop of Muslim terrorists intent on nuclear Armageddon could yet turn out to be a front for French-Canadian separatists. »

Passons sur le fait que la journaliste du quotidien états-unien aurait pu trouver un meilleur exemple que celui de l’éventuel retour du FLQ pour constater que depuis les tout débuts de la série télévisée, l’audience est en hausse constante. Nonobstant les innombrables invraisemblances et la ribambelle d’êtres humains occis par Jack Bauer au cours des 120 heures en temps réel qu’a déjà duré la série, il faut se rendre à l’évidence que le concept fonctionne. Les sujets du terrorisme, de la torture (et du retour du messie ?) touchent visiblement les cordes sensibles des États-Uniens. Comme le disait Richard Hétu, 24 est un « plaisir coupable » qu’on se surprend à réécouter. Il convient toutefois de rester lucide et de ne pas s’imaginer que l’insistance sécuritaire mise en scène dans 24 est innocente.

Ajouter un commentaire

Laisser un commentaire

Infolettre

Pour recevoir une fois par semaine des citations comiques et autres nouvelles par courriel!

RSS Le Sportnographe

  • Émission du 8 septembre 2020
    Piquette résume la série contre le Philadelphie Meilleur-Aucoin nous offre un autre tome de son petit guide t’autojambonisation Les détails de la loterie truquées de la LNH À écouter sur OhDio! L’article Émission du 8 septembre 2020 est apparu en premier sur Le Sportnographe.
  • Alex Tanguay, propagandiste
    Ceux qui l’ont eu, ben probablement que ç’a été asymptomatique, pis que ça s’est pas propagendé. L’article Alex Tanguay, propagandiste est apparu en premier sur Le Sportnographe.
  • Mario Tremblay, à propos de Max Domi
    Oublie ça, man. Moé, être sur le même trio que lui là, j’y casserais mon hockey sur la tête. Plusieurs fois. J’y dirais “Heille, sacréfice, dors-tu, chu là là, chu dans l’ouverture, j’ai une chance d’avoir une chance de marquer pis y vire de bord pis on sait pas ousse qu’y va. J’y casserais mon […]
  • Patrick Lalime, qui soulève des chapeaux
    Il a vraiment encaissé pour sa formation, Jake Evans, et on doit lui soulever notre chapeau. L’article Patrick Lalime, qui soulève des chapeaux est apparu en premier sur Le Sportnographe.
  • Marc Bergevin, à propos de l’avenir
    On est beaucoup plus d’avant de ce qu’on était. On a vu des choses dans les derniers mois qui nous ont appris à voir ce qu’on espérait. L’article Marc Bergevin, à propos de l’avenir est apparu en premier sur Le Sportnographe.

RSS Le club des mal cités

  • Gilles Proulx, qui n’a pas peur des dictatures
    On craint de sortir la matraque. Mais moi je comprends pas. Si tu te permets d’émettre des politiques de matraque et finalement tu défends ce qui est indéfendable par la suite, tu défends son contraire. Mais l’urgence est là, bâtard de bâtard! […] On a tellement peur du mot dictature, coercition, intervention, radicalisme, c’est tout […]
  • Doc Mailloux, qui cite Josée Legault
    Je cite. Écoutez bien ça. Une chose est sûre: la deuxième vague commandera un leadership politique de fef. Un leadership politique de fer. […] S’il-vous-plait! Leadership de fer, extrêmement autoritaire, c’est de la dictature! L’article Doc Mailloux, qui cite Josée Legault est apparu en premier sur Le club des mal cités.
  • Paul St-Pierre Plamondon, à propos de l’environnement
    Première chose, nous devons absolument faire notre indépendance et je ne comprends pas qu’en 2020, il y ait des environnementalistes qui se présentent à l’échelle fédérale, que ce soit pour le NPD ou le Parti libéral du Canada, c’est impossible d’être environnementaliste et d’être fédéraliste aujourd’hui, c’est à mon avis de la malhonnêteté intellectuelle tout […]
  • Gérard Deltell, qui parle
    On est en train de se parler, on continue à se parler et la meilleure façon d’aller de l’avant, c’est de se parler. On continue de se parler, pis on va continuer à se parler et on se parle bien pis quand tout le monde parle, tout le monde est heureux, merci. L’article Gérard Deltell, […]
  • Maxime Bernier, qui reconnaît le racisme systémique
    Un programme de prêts aux entreprises de 221 millions de dollars, pour les entrepreneurs noirs. Qu’est-ce que c’est sinon que du racisme systémique? Le racisme systémique ou institutionnel est une forme de racisme intégré comme une pratique normale dans la société ou au sein d’une organisation. C’est exactement ce que fait ce type de programme. […]

Your Header Sidebar area is currently empty. Hurry up and add some widgets.