Le Carnaval de Québec, une présentation de…

On dit que l’on fêtait déjà le carnaval à l’époque de la Nouvelle-France, avant les privations du carême, mais la première édition organisée eut lieu en 1894. Depuis, les choses ont bien changé. L’élection des duchesses, une pratique jugée sexiste, a pris le bord, et le très originalement baptisé Bonhomme, une des rares mascottes ayant la faculté de parler, a fait son entrée (en 1954).

Le carnaval de Québec est le plus grand Carnaval d’hiver au monde et arrive au troisième rang, toutes catégories, en termes de nombre de participants (environ 2 millions).

Il est difficile de situer dans le temps le moment précis où le Carnaval de Québec s’est transformé en festival publicitaire. À n’en pas douter, la tenue d’événements de l’ampleur de ce carnaval nécessite l’apport de financement privé et suppose l’installation de banderoles à l’effigie des multiples bailleurs de fonds. Il reste qu’on peut se demander si la perversion n’a pas atteint un sommet à tel point que la publicité soit devenue la raison d’être plutôt que le support à une activité familiale.

Au Carnaval de Québec, on ne trouve pas un amoncellement de névasse (un mot joli pour dire « slush »), pas une congère en forme de sculpture qui ne soit commanditée. Le festivalier gorgé de caribou ne peut faire un pas sans entrer dans une nouvelle zone à l’effigie d’une grande marque. Même les zigotos de baigneurs sur neige, qui sont pourtant bien peu vêtus, arborent une tuque marquée du sceau d’un généreux donateur. Il en reste tout de même pour se peinturlurer le bidet d’un slogan accrocheur comme « Joyeux bonhomme ».

Les quelques chars allégoriques de la parade sont tous financés par une organisation, quand il ne sont pas simplement une complète publicité. Si l’allégorie ne charrie plus que des symboles commerciaux, il reste que la parade sert de tribune aux multiples écoles de danse et autres orchestres de la Capitale Nationale. Il y a au moins cela. C’est aussi le moment de gloire du service de police de Québec qui multiplie les zigzags afin d’épater la galerie grelottante, tout en passant outre sur la consommation affichée de ces carnavaliers qui s’obstinent à se faire aller la trompette, sans gêne aucune. Selon Wikipédia, le caribou, sorte de boisson officielle de l’événement, serait un mélange de porto, de sherry, de vodka et de brandy. Cependant, le breuvage infect rendu disponible sur les lieux par une société d’État bien connue, ne présente comme ingrédients que du vin, de l’alcool, et des arômes naturels.

Bref, d’un événement festif où la tradition est à l’honneur, le Carnaval se transforme en fête familiale où les enfants courent au-devant des échantillons gratuits de biscuits emballés et glissent sur les encarts publicitaires qui jonchent des allées aménagées à même les plaines d’Abraham. Reste qu’il y a moyen quand même de s’amuser à Québec en période carnavalesque. S’agit de sortir un peu des balises qu’offrent le festival…

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