Comment faire fuir les trolls, ou essayer de le faire

Les «trolls», ces participants de communautés en ligne ou commentateurs du web qui minent la discussion en invectivant leurs collègues plus posés, sont et resteront probablement toujours un fléau sur la toile. Dans un récent article sur Information Week, Cory Doctorow, coéditeur du très populaire Boing-Boing, donne quelques conseils pour se débarrasser de ces délinquants. Ça tombe bien puisque je suis à évaluer les divers mécanismes de contrôle pour la prochaine version de Cent Papiers.

Selon Doctorow, il existe trois façons de faire fuir la vermine:

«Trolls can infect a small group, but they really shine in big forums. Discussion groups are like uranium: a little pile gives off a nice, warm glow, but if the pile gets bigger, it hits critical mass and starts a deadly meltdown. There are only three ways to prevent this: Make the pile smaller again, spread the rods apart, or twiddle them to keep the heat convecting through them.»

La première des solutions réside dans la taille de la communauté. Il s’agit donc soit, au départ, de multiplier les barrières à l’entrée, ou plus tard, de trier le grain de l’ivraie. Évidemment, le filtrage peut fermer la porte à de belles opportunités de discussion, et comme le dit Doctorow, la réduction de la taille peut provoquer une révolte chez les utilisateurs.

La seconde option, la dispersion, vise plutôt à ralentir le processus pour donner le temps aux participants de tempérer leurs ardeurs. Par exemple, on peut forcer un délai entre les publications dans un forum pour empêcher la discussion de s’enflammer, ou permettre aux commentateurs de retirer leur commentaire dans les quelques minutes suivant leur publication.

La troisième option est de jouer avec la configuration pour éliminer les messages indésirables. Doctorow donne l’exemple de Slashdot qui permet à des utilisateurs d’évaluer anonymement les messages des autres. C’est un peu la stratégie qu’a adopté Agoravox et Rue89 en donnant aux visiteurs la possibilité de noter les commentaires, ceux-ci étant cachés lorsque trop pauvrement évalués.

Il reste que, comme l’explique l’auteur, aucune de ces méthodes n’est parfaite et que les problèmes persisteront souvent. Il suggère plutôt de s’inspirer des «troll-whisperers», comme Teresa Nielsen Hayden, responsable du forum Making Light:

«Teresa is a troll-whisperer. For some reason, she can spot irredeemable trolls and separate them from the merely unsocialized. She can keep discussions calm and moving forward. She knows when deleting a troll’s message will discourage him, and when it will only spark a game of whack-a-mole.»

Il faut donc regarder faire ceux qui ont le tour avec les trolls (quelqu’un aurait un meilleur mot ?). Ceux-là n’utilisent pas toujours des moyens techniques pour réguler la conversation, et quand ils le font, c’est tout simplement pour automatiser certains des processus qu’ils exécutaient à la main.

Par exemple, ladite Teresa a développé une technique qui lui permet de retirer les voyelles des messages ou de parties de messages. Ainsi, les textes sont encore lisibles, mais difficilement. Ça vous décourage un troll, j’imagine.

Bon, avec tout ça, ce qu’il faut conclure, c’est qu’il n’existe pas de solution magique. Je ne suis pas tellement plus avancé, mais ça aide à poursuivre la réflexion. Quelqu’un ne connaîtrait pas quelqu’un qui chuchote à l’oreille des trolls ?

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