Suranalyse : Subban nous tient par les patates frites

Je fais un petit test : convertir une de mes chroniques au Sportnographe en chronique écrite. Est-ce que ça en vaut la peine ?

Vous connaissez le talent certain que j’ai à laisser la poussière retomber sur une nouvelle afin de l’analyser avec tout plein de perspective n’est-ce pas ? Non, je ne vous parlerai pas cette fois du congédiement de Guy Carbonneau comme entraîneur de Canadien, mais bien de la scarmouche entre Max Pacioretty et P.K. Subban à l’entraînement l’autre jour, un événement qui a presque changé le cours de l’histoire, contrairement au “chandail-à-terre-gate”, ce scandale impliquant Subban qui aurait lancé son chandail par terre dans le vestiaire.

Non, comme l’explique Dany Dubé, ce n’était même pas une histoire.

– Évidemment y’avait eu l’incident avec gill l’année dernière avec le chandail, là y’a ça, Pacioretty
– Ouais mais ça y’en a pas eu d’incident là… ça c’est les gens qui ont rapporté qu’y’avait eu un incident

Vous voyez la subtilité ? Ça été un événement inventé de toutes pièces par les créatifs de RDS. La scarmouche entre Subban et Pacioretty, ça c’est une histoire, malgré ce qu’en pensent… Georges Laraque :

Mais sérieusement, j’trouve qu’on fait trop un gros plat avec ça.

Steve Bégin :

On n’a pas vu d’intensité, on n’a pas vu d’énergie… on en a là… c’est pourquoi qu’on en fait un si gros plat ?

Jérémy Rainville :

Rien pour écrire à sa mère, mais m’a te dire une chose, y’a beaucoup d’intensité pis j’pense que les gars ont hâte de débuter la saison.

Je pourrais continuer comme ça sur des pages et pages. Tous les experts ont expliqué qu’il n’y a pas de quoi écrire à sa mère, parce que de toute façon, leurs mères écoutent probablement la télé et ils ne parlent que de ça.

Certains diront que Pernell Karl est souvent au centre de ces controverses. C’est que voyez-vous, Subban est un être paradoxal… d’un côté il est la gazoline de Canadien, comme le disait Réjean Tremblay :

– Pis P.K. Subban, de toute façon là, c’est l’or noir du Canadien ça…
– comment ?
– l’or noir c’est vrai
– oui
– c’est bien dit
– voilà
– oui bin merci beaucoup.

…et de l’autre côté, il est un pyromane, comme l’expliquait Jean-Charles Lajoie à Benoît Dutrizac :

– Chaque fois qu’y’a quelque chose, qu’ya un foyer d’incendie quelque part, y’est jamais bin bin loin de l’allumette.
– c’est un pyromane.
– c’est le pyromane de cette équipe.

De l’essence, des allumettes… kaboum ! C’est ce qu’on appelle un cocktail explosif.

Vous savez à qui ça fait penser tout ça ? Un leader charismatique qui a su mener une révolution pour sortir le peuple québécois de son marasme ? Non, pas Stephen Harper.

Maurice Richard, plutôt. C’est Ron Fournier qui le dit, ça doit être vrai en calvasse :

Pis j’vous le dis là, un moment donné ils vont le prendre pis y vont le calvasser dans les gradins… y vont dire, tu joues pas un match… ça va être l’émeute comme Maurice dans les années 50 à Montréal…

Mais dans tous les cas, qu’est-ce qui explique la folie passagère de ces joueurs qui se sont chamaillés un petit peu ? Le psychologue Joël Bouchard a une explication :

Pensez-vous que c’est les 700 joueurs les plus talentueux qui jouent dans la ligue nationale ? non, c’est les 700 qui ont la conception mentale de ce que ça prend être un joueur de hockey dans ligue nationale… tsé si tu commences à te faire manger la laine sul dos, ça marche pas… c’est pas la mentalité d’un joueur de hockey.

La conception mentale du joueur. Voilà. Le joueur de hockey a toujours dans sa tête un jambon qui fait tic tac tic tac tic tac…

Il est une vraie machine humaine, comme le dit Michel Langevin.

Ces gars-là, c’est des machines d’émotion, c’est des machines de travail humaines, physiques, et c’est normal qu’un moment donné, on se bouscule pis que l’émotion prenne le dessus.

Il est normal qu’une machine d’émotion s’enraye à l’occasion. C’est juste positif.

De toute façon, même si c’était négatif, Canadien aurait bien de la misère à contrôler les ardeurs de ses machines humaines, particulièrement dans le cas de P.K. Subban qui tient l’équipe et les partisans par… les patates frites, comme l’explique Ron Fournier.

Y tient son entraîneur par les patates frites et aussi un peu tout le monde par les patates frites, le public, parce que le public l’adore, le public l’aime… lui il le sait ça, 22 ans, yé intelligent… des fois c’est dangereux d’être trop intelligent et brillant.

On sous-estime trop souvent les dangers d’être trop intelligent.

Et comment finit cette histoire, Martin McGuire ?

Les deux se sont mis à rire.

Hahahahaha !

Si vous voulez mon avis, il ne fallait pas en faire tout un plat.

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