Rio Tinto Alma, les Philippins et la marijuana – Chronique du 6 juillet 2012

L’actualité n’a pas dérougi cette semaine et encore une fois, j’étais aux premières loges pour voir l’histoire s’écrire sous mes yeux. Oui oui, la fin de semaine dernière, j’étais à Alma alors que Rio Tinto Alcan en venait à une entente de principe avec ses employés.

Ok ok, ça adonnait que j’étais là aussi pour le 60e anniversaire de mariage de mes grands-parents, mais ça fait partie des qualités du journaliste d’enquête que d’être au bon endroit au bon moment. J’ai donc pu voir de mes yeux voir les lockoutés de Rio Tinto manger leurs beignes aux bleuets tout en piquetant sous la pluie. La belle vie, comme dirait Richard Martineau.

Sérieusement, si j’avais voulu connaître leurs conditions de travail, j’aurais pu descendre de voiture pis leur demander direct dans face. Mais pourquoi m’abaisser à ça quand Jeff Fillion me mets la désinformation toute cuite dans l’bec : “Tsé j’entendais les gens de l’Alcan, Rio tinto à Alma… y veulent continuer à avoir un secondaire trois, pis à avoir des jobs à cent-dix-mille par année, pis à travailler sur leur 36 heures, à travailler à peu près quinze heures pour vrai.” Ça ressemble presque à mon horaire de travail à Radio-Canada…

En tout cas, se retrouver dans le feu de l’action de l’actualité, ça épuise. Alors mardi j’ai pris ça un peu plus relax, me suis fait un petit pop corn, pis j’ai regardé la vidéo d’Éric Duhaime qui sur Sun News, s’inquiétait pour les familles des militaires ridiculisés par le groupe Manu Militari :

“They’re even showing murders of canadian soldiers, i mean it goes very very very very far. and i’m sure that those families dont find it very funny and dont think that they should dance on that rap music at all, so euh… and they should certainly not fund it”.

Or Simon Jodoin du journal Voir, ou de ce qu’il en reste, nous rappelait que le même Duhaime avait été le plus ardant défenseur de la diffusion des images du meurtre de Lin Jun décapité par un Luka Rocco Magnotta qui y est allé lui aussi assez very very very very far, comme on dit : “faut se garder une pudeur pour les familles des victimes, cela étant dit, l’étudiant chinois qui a été victime de ce crime-là, euh sa famille, y’a pas de famille ici là”, avait-il déclaré. Si j’en crois Éric Duhaime, on serait fous de se priver d’un film gore sino-canadien qui n’a pas coûté une cenne aux contribuables. Prends des notes Xavier Dolan.

D’autre part, si vous avez trouvé des articles un peu bizarres dans votre Journal de Montréal récemment, dans le genre “Éleveur de vers de terre en furie” comme ce matin, ou “Dompteur de sauterelles en extase”, c’est peut-être qu’il a été rédigé… par un Philippin ! Oui oui, mercredi, j’ai écouté un reportage sur une entreprise américaine qui sous-traite la rédaction d’articles journalistiques à des Philippins sous-payés et à des algorithmes informatiques programmés par des Philippins sous-payés. D’ailleurs, l’agence QMI, sont pas aux Philippines eux autres ?

En tout cas, on m’assure que ce n’est pas un Philippin qui a rédigé la “Une” raturée du Devoir de mercredi. Ce serait plutôt un enfant de huit ans qui en a fumé du bon.

Et justement, aujourd’hui vendredi, j’ai décidé de ne pas m’en rouler un ptit avant l’émission… c’est parce que ça me fait paranoïer pis ça me donne des palpitations cardiaques… en tout cas, selon un sondage dévoilé hier, 66% des Canadiens sont pour la légalisation du cannabis. 66% de personnes aux regards embués qui ne réalisent pas les méfaits de la maudite drogue qui tue nos jeunes de huit ans, comme l’explique le sénateur Boisvenu.

“C’est des hommes de vingt-cinq trente ans qui se ramassent avec des ptits gars de seize ans, y font pousser cinq six dix plans de pot chez eux, pis y vont vendre ça à des mineurs de huit neuf dix ans, c’est maintenant ça le commerce du pot.”

C’est maintenant ça le commerce du sénat : des bonhommes de 118 ans qui se présentent cinq six fois par année pis qui votent deux trois lois pour une société dont ils sont totalement déconnectés. C’est presque pire que de travailler pour Alcan.

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