Frankenstein, le porc effiloché et Trois-Pistoles – Chronique du 27 juillet 2012

J’ai commencé ma fin de semaine passée en regardant la dernière émission de Mario Dumont à V Télé. Une émission empreinte d’émotion avec un dernier sujet qui passera à la postérité : le phénomène des jeunes dont les pères sont riches en tabarnak et qui immortalisent leur oisiveté sur le web. Rich Kids of Instagram que ça s’appelle. Une belle façon de boucler la boucle de l’apathie intellectuelle qui caractérisait cette émission.

Des photos de jeunes qui baignent dans l’argent donc, qui n’ont sans doute jamais fréquenté nos cégeps et qui n’ont donc pas été comme moi brainwashés lorsqu’ils étaient petits. Joanne Marcotte est d’ailleurs sortie de ses vacances pour expliquer la chose : “ça dénote vraiment ce qu’enseignent nos professeurs anarchistes militants gauchistes au Québec dans nos cégeps, c’est ça qu’on a déploré, vraiment c’est d’une tristesse infinie”. Tout d’un coup là, je vois mon cours d’algèbre léniniste et vectoriel d’un tout autre oeil. Ça explique bin des affaires.

Lundi, on apprenait que des scientifiques avaient réussi à créer une méduse artificielle à l’aide de muscles de coeur de rat cultivés en laboratoire. Un genre de Frankenstein aquatique. C’est fou ce qu’on peut faire de nos jours. Ça aurait même l’air qu’ils sont en train de transformer un fougueux leader étudiant de 20 ans en politicien ennuyeux de 58 ans. Faut l’faire !

Mardi, le Québec est entré dans la modernité. Oui, une première Québécoise, on nous a annoncé que nous aurions enfin du gavage de compétition de par chez nous, comme les Amaricains ! Description : “c’est euh, cinq onces d’effilochés de porc dans un ptit pain, une ptite cuillerée de coleslaw, pour faciliter le tout, pis on va en emmener, celui qui va réussir en dix minutes d’en avaler le plus grand nombre, va être le champion du bedon». La décadence. Une preuve de plus que Jean Charest a raison : le chaos est à nos portes.

Remarquez qu’un jour, lorsqu’un ptit gars de chez nous triomphera sur la scène internationale et deviendra champion du monde du bedon, je regrettai peut-être d’avoir dénigré ce sport. Avoir notre Céline Dion du porc effiloché, serions-nous assez fiers ?

Mercredi, Kathleen Lévesque a quant à elle perdu le concours du journaliste qui se fait le plus emplir en 10 minutes de conférence de presse alors qu’elle a été huée par les militants du PQ pour avoir posé cette question à Léo Bureau-Blouin : “n’avez-vous quand même pas l’impression d’être complètement instrumentalisé par le parti québécois pour atteindre une clientèle…”. Bon, faut les comprendre, au PQ, ils confondent souvent journalistes et militants. Ce n’est pas aussi évident que ça en a l’air.

Et parlant d’instrumentalisation et de PQ, on apprenait jeudi que Djemila Benhabib allait se présenter sous la bannière péquiste aux prochaines élections. Une autre preuve que contrairement à ce que le candidat déchu de la CAQ Kamal Lutfi disait, les séparatisses ne sont pas racisses. Sauf une fois dans un vox pop au chalet à Trois-Rivières : “j’suis un souverainiste, pis à part de ça j’trouve que des députés pis des ministres pis toute, ça devrait être des Québécois, pas des euh… des euh… des immigrants ou euh». Ah les gens des régions, sont tous pareils ! Moi je trouve que des députés pis des ministres pis toute, ça devrait être des Québécois, pas des euh… des euh… des péquenots.

Mais citer un péquiste péquenot pour conclure que Trois-Rivières n’est pas prête à élire un immigrant comme plusieurs l’ont fait est malhonnête. Surtout alors que Trois-Pistoles sera envahi par des racistes comme Gabriel Nadeau-Dubois ou chose Richard le Zapartiste (c.-à-d. Christian Vanasse), comme l’explique le maire de Trois-Pistoles.

“C’est sur YouTube là, y disent, c’est le Zapartiste richard je sais pas trop qui, y dit pour les carrés rouges, ce sera 35 dollars pour entrer au site de l’écho-fête, pis les carrés verts ce sera 1625 dollars… y’a pas une forme de racisme dans ça monsieur ?”

Oui monsieur. Trop souvent on s’est moqué de cette race de monde qui luttent contre vents et marrées pour le bien commun de leurs droits individuels et qui n’ont plus qu’un seul refuge : le web et ses Rich Kids of Trois-Pistoles.

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