Beau portrait des États-Unis dans Libération

C’est pas jojo:

Ces évidences rappelées, rapprochons-nous un peu. Baissons-nous, même. Que voit-on, quand on soulève le tapis rouge de «l’exceptionnalisme américain», quand on quitte, même de quelques miles, les mégapoles côtières ? Des nids-de-poule qui créent de dangereuses sorties de route au pays de l’automobile. Des infrastructures qui s’effritent ou s’effondrent, des barrages qui se fissurent (lire notre reportage à Oroville), des trains qui déraillent. L’inexistence d’un système de santé public (à lire : «Accouchement : mères noires, sombres rivages). Une espérance de vie indigne d’une superpuissance économique. Une école très fortement inégalitaire. Une mobilité sociale plus basse encore aux Etats-Unis qu’en Europe, bien loin du sacro-saint «rêve américain», comme l’écrit l’intellectuel et activiste américain Noam Chomsky (Requiem for the American Dream). Une classe moyenne asphyxiée, quand les super-riches reçoivent des cadeaux fiscaux (lire l’interview d’un prof d’économie à Berkeley). Un racisme systémique. Un taux d’incarcération digne d’un régime totalitaire – les Etats-Unis représentent 4,4% de la population, mais 22% de la population carcérale mondiale (lire les témoignages d’ex-détenus de Rikers Island). Un taux d’homicides par armes à feu sans commune mesure avec les autres pays développés. Une société anxieuse, minée par les hypothèques ou les remboursements d’emprunts étudiants (lire «Education : les pauvres mis au ban»), dopée aux amphétamines ou shootée aux opiacés.

Faut voir le film Florida Project, dans le même ordre d’idées…

— À lire sur www.liberation.fr/planete/2018/04/22/l-amerique-cote-chaos_1645208

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