Nous sommes des hommes (et des femmes) des cavernes

Toujours intéressant de lire sur l’origine lointaine des comportements humains. Normand Baillargeon dans Le Devoir au sujet des complotistes:

Pour aller à l’essentiel, disons que l’évolution a placé en nous des manières de penser qui nous ont été fort utiles et qui sont devenues des automatismes. On a demandé à Louis des exemples. Il en avait. Nous avons, dit-il, longtemps vécu en petits groupes et nous avons tendance à valoriser les informations provenant des gens que nous connaissons. Celles avertissant d’un danger (il y a des serpents là !) ou d’un risque attirent plus notre attention. De même, on voit bien et on se rappelle plus facilement ce qui cadre avec ce que nous savons que ce qui le contredit.

Petit Louis à la rescousse

Ça me rappelle cet épisode du balado Hidden Brain sur l’indignation. Ce serait aussi dans notre nature de s’indigner. C’est une caractéristique importante de l’évolution de l’être humain.

C’est gratifiant de dénoncer, selon les experts du cerveau.

Et quand je dis experts du cerveau, je ne parle pas seulement du Doc Mailloux.

Ça nous apporte du plaisir parce que tout au long de l’histoire, l’indignation, ça aidait à réguler les comportements des individus. Si dans un groupe, quelqu’un a un comportement douteux, c’est l’indignation des autres qui fait qu’il va se corriger.

Quand un homme des cavernes se décrottait le nez ou checkait son téléphone en conduisant son ptérodactyle, les autres s’en indignaient et après il changeait son comportement.

Sauf qu’avant, l’indignation se faisait dans un contexte de face à face qui atténuait la chose. C’est bien différent avec les réseaux sociaux. 

Le biologiste américain E. O. Wilson a une belle façon de décrire notre époque.

Le vrai problème de l’humanité, c’est que nous avons des émotions du paléolithique, des institutions du moyen-âge et des technologies dignes des Dieux.

Donc avant, nos émotions nous permettaient de deviner l’approbation des autres selon leur visages, pas selon un like. Ce n’est plus le cas avec les réseaux sociaux. On a un compteur de notre indignation.

Commentaires

[…] de comportements humains nous viennent de la préhistoire. C’est le cas de l’indignation, mais aussi du […]

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