Les moutons de Québécois

Je ne suis pas souvent d’accord avec les propos de Christian Dufour, mais pour ce qui est du “bilinguisme” des Québécois, j’ai l’impression que l’on pense sensiblement la même chose.

“Le titre de cet essai tout frais: Les Québécois et l’anglais, le retour du mouton. Avec, sous le titre, une photo du mouton, qui dit: «Je suis baaa-lingual».

Quel est le problème? Outre le fait que les Québécois soient incroyablement fiers de leur personne quand ils savent à peu près bien parler anglais, le problème, c’est que les Québécois sont trop gentils et que ce n’est pas innocent, selon M. Dufour. «L’ouverture et la tolérance dont on parle toujours de façon élogieuse (…) sont en partie l’envers d’une malsaine abdication identitaire, manifestation la plus récente d’un atavisme de conquis», écrit-il.

Les plus moutons des moutons? Les jeunes, avance l’auteur, citant à cet égard une étude de mai 2008 du Conseil supérieur de la langue française selon laquelle ils sont vraiment très prompts à passer à l’anglais dans une conversation. «La perspective d’entrée en conflit avec un non-francophone ne plaît guère, surtout s’il s’agit d’un nouvel arrivant», écrit M. Dufour.”

Rien ne m’énerve plus qu’un francophone qui “switch” à l’anglais pour “se pratiquer”, surtout quand l’interlocuteur anglophone se force pour parler français. Même chose pour les réunions en anglais lorsqu’il y a un anglophone pour neuf francophones dans la place.

Stéphane Dion a l’air confortable avec un brochet dans les mains

Il gagne un concours avec un brochet de seulement 10 livres. Comme le dit JPW, “tu fais quoi avec ça, un brochet de 10 livres, un sandwich ?”. C’est qu’au sein de certains cercles, on m’appelle “Brocket Piquette”, alors 10 livres, c’est rien.

Stéphane Dion

Source.

Comment gérer un site bilingue ?

J’aurais besoin d’un petit conseil pour le Forum canadien de recherche publique sur le patrimoine (va falloir que je lui trouve un surnom, parce que ça fait long à dire). Comme c’est un site canadien et que le Canada est bilingue d’un océan à l’autre (y parait), le site doit aussi être bilingue.

Nous avons deux noms de domaines qui devraient être pas pires pour le référencement : patrimoine-canada.ca et canada-heritage.ca.

Qu’est-ce qui est le mieux ? Tout faire en double avec deux sites distincts, l’un en français et l’autre en anglais ? N’utiliser qu’un nom de domaine et gérer un seul site bilingue en redirigeant une des deux adresses vers l’autre ?

J’ai l’impression que je devrai sacrifier un peu de SEO (le nom de domaine) pour m’éviter d’avoir à gérer deux sites avec des utilisateurs et contenus dédoublés.

P.S.: le tout sera sous Drupal.

La crosse de Domain Registry of Canada

Hier, je reçois par la poste une lettre de “Domain Registry of Canada” me disant que mon nom de domaine pulitzen.com (notez l’ingéniosité et la fluidité du nom) doit être renouvelé, et me réclamant quelques 40$. Comme je n’ai pas enregistré mon nom chez Domain Registry of Canada, je me dis dans mon phare intérieur (comme dirait l’autre) : “De kessé ?”.

En commençant à taper “Domain Registry of Ca…” dans la barre de recherche Google, la première suggestion qui m’est offerte est “domain registry of canada scam”. Bin voilà.

Mitch Joel explique l’arnaque (leur lettre n’a d’ailleurs pas évoluée depuis 2004, l’époque du billet de M. Joel).

Tension linguistique

Très beau spectacle de Beirut, hier, à la Sala Rossa. Ça rend encore plus heureux quand un chanteur, l’étatsunien Zach Condon dans ce cas-ci, s’avère parler un français relativement bon, et se force pour le faire.

Reste qu’il suffit qu’une [insérez un mot pas fin] crie “Speak english !” et s’engueule avec un type qui lui explique qu’on est à Montréal et qu’il peut bien parler la langue de son choix, pour me faire oublier le spectacle pendant, hmmm, trois morceaux au moins.

J’aurais eu envie de lui dire que c’est entre autres à cause de ce genre d’attitude imbécile que l’idée d’indépendance subsiste, et que si les anglos étaient le moindrement opportunistes, ils arriveraient sans doute à en convaincre plus d’un de rester dans un Canada-uni-bilingue-d’un-océan-à-l’autre.

Sur une note plus joyeuse, voici un vidéoclip de Beirut :

Canada de Fantaisie

Mon impuissance à référencer mon ami Alexandre est chose du passé.

Il y a quelques temps, l’Alex en question avait sauté sur une promotion de Yahoo pour enregistrer un nom de domaine. Pris au dépourvu et manquant un brin d’imagination à ce moment, il dû se jeter sur une boîte de maïs en crême pour choisir ledit nom : canadadefantaisie.com.

Paraît que c’est une mention que l’on retrouve sur toutes les conserves d’une marque reconnue.

Ah tiens, une tentative d’explication de Serge Bouchard :

“Une tomate de fantaisie, c’est une tomate plate parce que sans défaut, une parmi toutes les tomates choisies. Le Canada de fantaisie, c’est justement ce Canada sans saveur, similitude de tous les similis que nous préférons à la nature et à l’anarchie des choses. Nous n’avons pas de défaut, il n’y a plus de ver dans la pomme et plus de pomme pourrie dans le lot. Nous sommes vraiment des gens très fancy.”

10,6 millions de USD pour NowPublic

Carl, qui s’est remis de mes moqueries sur The Police, me fait remarquer grâce à la magie de la messagerie instantanée que Now Public, une plateforme canadienne de journalisme citoyen, vient d’amasser 10,6 millions de beaux dollars états-uniens en provenance de capital-risqueurs.

Il y a quelques temps, l’Associated Press s’était associé à Now Public pour reprendre des contenus de ce dernier. Plus récemment, selon les dirigeants de l’entreprise, Now Public aurait reçu d’alléchantes offres (refusées) d’acquisition par des médias étrangers :

“But we made a decision that we felt we could grow this thing, and that it was just too early [to be acquired],” Mr. Brody said. “We are big believers in what we are doing… and that is building the largest news agency in the world. We are laser-focused on that goal.”

The NowPublic CEO said that he and the rest of the team believe “we are building a billion-dollar company.”

Selon les informations présentées sur le site, Now Public aurait près de 120,000 membres dans 3850 municipalités.

Tout ça pour dire que c’est rassurant (et excitant) pour l’avenir de Cent Papiers…

Mur linguistique en Afghanistan

La copine me fait suivre cet extrait d’un article de Cyberpresse à propos des soldats Québécois en Afghanistan, accompagné du commentaire suivant “c’est donc bin toton ça”:

“Dans un article récent, un chroniqueur anglophone mentionnait l’existence du «mur linguistique» qui séparait le camp canadien, après avoir constaté, entre autres, que les soldats des deux communautés préféraient écouter la télévision chacun de leur côté, dans leur langue respective. Il y voyait là un bien mauvais exemple à projeter dans un pays déchiré par les tensions tribales.”

Sans doute que le chroniqueur (Don Martin du Edmonton Journal) voulait dire que les soldats devraient tous écouter la télévision en français, n’est-ce pas ?