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Urbaniste du Web ?

J’ai ces paroles de la pièce “Comment je m’appelle” d’Anne Sylvestre dans la tête :

“Si vous le savez comment je m’appelle, vous me le direz, vous me le direz, si vous le savez comment je m’appelle, vous me le direz, je l’ai oublié”.

C’est que je ne sais plus quel titre je dois porter. Avec mes “boss”, on s’est entendu pour “Responsable de la communauté”, mais c’est un peu limitatif. Il me semble que je suis, oui, responsable d’animer une communauté, mais aussi éditeur, architecte informationnel, responsable de la SEO, du marketing sur les réseaux sociaux, rédacteur, photographe, graphiste, designeur, programmeur, et j’en passe. Il y aurait peut-être le titre de “chargé de projet” qui engloberait tout (et rien), mais ça n’évoque pas le fait que je mets la main à la pâte.

L’affaire, c’est que je ne suis expert dans rien de tout ça. Je m’intéresse à tout, et c’est ce qui m’avait attiré à étudier en urbanisme où convergent une foule de domaines : histoire, design, gestion, démographie, statistiques, cartographie, etc.

Ça se peut-tu, “urbaniste du Web” ?

Favoriser la participation en étant accueillant

L’entrevue qu’Émile a accordée à Laurent pour Intruders.tv m’a fait penser à un petit bout de mon mémoire où il est question de l’accueil réservé aux nouveaux participants au sein d’une communauté. Selon Émile, le facteur numéro dans les succès d’une communauté est le respect. Le respect entre les membres, mais aussi le respect des administrateurs vis-à-vis des membres. Le “responsable de la communauté” doit s’assurer de ce respect en modérant les discussions et en étant transparent.

Je ne reviendrai pas sur la règle du 1-9-90 telle qu’énoncée par Nielsen (en fait, j’y reviendrai sans doute un jour), mais faire augmenter le taux de participation active est le plus grand des défis pour une communauté en ligne.

Bishop suggère un modèle basé sur les actions et les objectifs :

“Actions are linked to goals seem more appropriate for online communities as needs-based theories do not explain why community members such as lurkers do not participate if their ‘deficit needs’ are being met.”

Selon lui, un individu développe des objectifs selon les actions qu’ils nécessitent, et en considérant ses convictions quant à ses chances de les atteindre. Ainsi, un individu peut rester simple observateur s’il n’a pas la conviction que sa participation soit bien reçue.

En gros, on peut extraire de ce modèle certains principes :

  • Les actions d’un participant sont motivées par ses désirs plutôt que par la nécessité de répondre à un besoin;
  • Les actions d’un participant sont limitées par ses objectifs, plans, valeurs, convictions et intérêts. C’est-à-dire qu’un acteur “will take into account their existing goals, plans, values, beliefs and interests before taking action based on their desires, which may have made such cognitions dissonant”;
  • Les actions d’un participant sont influencées en dernier lieu par la manière dont il perçoit son environnement constitué d’autres participants et d’objets.

Ce modèle propose donc que, pour favoriser une plus grande participation, il faut créer un désir de le faire chez les participants: “The ecological cognition framework proposes that in order for actors to carry out a participatory action, such as posting a message, there needs to be a desire to do so, the desire needs to be consistent with the actor’s goals, plans, values, beliefs and interests and they need to have abilities and tools to do so“. Il faut donc entre autres changer les convictions des participants passifs en démontrant, par l’entremise des participants réguliers, que les nouveaux ont droit à un accueil favorable.

Selon Yankolevich, les relations entre les usagers comptent pour beaucoup dans la décision de joindre ou pas une communauté. Il faut que le participant potentiel ait le sentiment que les utilisateurs sont en mesure de s’influencer en se considérant comme égaux, et qu’il soit possible pour lui de facilement identifier les contributions les plus pertinentes.