Branchez-vous achète Émile

On apprend ce matin, mais on le savait déjà un peu, que Branchez-vous achète HumourQc et Fanatique.ca, et engage notre ami Émile.

On souhaite beaucoup de bonheur à Émile au sein d’une entreprise qui lui donnera les moyens de ses ambitions. On lui souhaite aussi pas trop de jaune et de mauve. On ne doute pas qu’il ait du plaisir avec Carl, qui aime d’ailleurs se tenir dans les gradins de Tout le monde en parle.

On attendra avec impatience la fin de la clause de non-concurrence d’Émile pour l’engager à la salle de rédaction du Sportnographe.

On se demande enfin pourquoi toutes les phrases de ce billet commencent par “on”.

inouille.com – le retour

inouille

Il y a de cela bien longtemps, dans les années 2004, les amis et moi nous amusions à dire des niaiseries sur notre “blogue collectif” (mettons) inouille.com. Au départ, nous voulions appeler ça “Internouille”, mais le .com était déjà pris.

Un peu nostalgique, nous avons décidé de repartir la patente, mais en utilisant la “plateforme” de CentPapiers. inouille ressuscite donc sous forme de média citoyen pas utile. Au menu : potins, humour, chroniques, politique, citations, vidéos, tout ce que vous voulez.

Dans le meilleur des mondes, la patente servirait à financer le moindrement les activités de CentPapiers. Dans le pire des mondes, on se fait poursuivre pour avoir mis des photos de Britney Spears en petite tenue.

Le site était prêt depuis belle lurette, mais nous n’avions pas eu le temps de préparer le lancement. Monsieur Dumais est tombé sur un obscur commentaire fait sur le blogue de Julien Brault la semaine dernière à ce sujet, et en a profité pour en parler sur MédiaBiz. Pas le choix de procéder, donc. Alors voilà, inouille.com.

P.S.: J’avais choisi de belles couleurs kitsch, mais les personnes sondées n’aimaient pas, alors c’est maintenant plus… hmmm… classique.

Une école de journalisme citoyen

Y’en a qui sont rendus plus loin que nous dans leur réflexion. En Corée du Sud, OhMyNews vient d’ouvrir une école de journalisme citoyen.

“There are journalism 101 classes and writing workshops, as well as courses in photojournalism and video news gathering. There are also advanced classes in interviewing and Internet journalism workshops for college students. There is even a “re-education” program for professional journalists and special writing and business classes for media executives and managers, publicists of non-governmental organizations, and corporate managers.”

Ça devrait donner une population assez impliquée. En attendant que l’on ne transforme le cégep du Vieux Montréal en école de journalisme citoyen, vous pouvez lire ce document sur le journalisme 2.0. Je ne l’ai pas lu, mais ça semble bien.

Micronouvelles de CentPapiers

Hier soir, j’ai fait de toutes petites rénovations sur CentPapiers :

  • Modifié le “hover” des liens dans les articles à la Flickr (c’est cute et ça ajoute un peu à la navigation);
  • Ajouté des liens sur les titres de quelques sections dans la page d’accueil (il était temps);
  • Ajouté des statistiques des chroniques au survol.

Sinon, Rue89 nous a ajouté à leur page d’accueil (yeah), et plusieurs participants d’Agoravox sont venus se chicaner chez nous.

Je vous l’avais dit, ce sont des micronouvelles… vous pensiez quoi, que j’allais vous parler de Twitter ?

Le chirurgien citoyen

Décidément, les métaphores servant à illustrer les dangers de l’amateurisme se multiplient. Après le “coiffeur citoyen” (remarquez que le potentiel de danger est assez bas, ici), voici que Dan Gillmor répond à un type qui propose de règlementer la pratique du journalisme citoyen, et qui évoque entre autres à titre d’exemples, le chirurgien et l’avocat citoyens.

Selon Gillmor, la comparaison est assez boiteuse :

“Hazinski treads on the thinnest ice when he compares journalists with surgeons and lawyers, people who go to school for years and pass extremely difficult tests to earn the right to practice. There has never been such a requirement in journalism — ever. Nor should there be, for several reasons including the fact that a) some of the best journalists have never taken a college course on the subject; b) the skills required are simply not that hard to learn; and c) journalism is not a profession in the sense of being a lawyer or doctor. Journalism is a craft — a valuable and honorable one, but still a craft.

The analogy is absurd even if we pretend that journalism is a profession. We don’t go to the doctor (at least I don’t) to remove a splinter. We take a pin, sterilize it with flame and/or alcohol and remove it ourselves. We have, at some level, done a minor act of surgery.”

Si tous peuvent pratiquer le journalisme, tous ne peuvent pas bien le faire. Il reste à nous donner les moyens et l’encadrement pour que le journalisme civique soit utile…

Reportage : l’ère du cyberjournalisme

Maxime Morin, étudiant en journalisme et collaborateur insatiable de Fanatique.ca, a produit un petit reportage sur le cyberjournalisme dans le cadre d’un de ses cours. Il a pour l’occasion interviewé Carl, Jean-Philippe, Émile ainsi que Patrick Lagacé (qui utilise de gros mots pour qualifier ceux qui vivent dans le passé). Bien hâte de le voir à RDS le Maxime.

La rénovation d’Agoravox

Cette semaine, Agoravox s’est refait une beauté. Bon, c’est une façon de parler. On va s’entendre que le design n’est pas leur spécialité. Je n’ai jamais vu un tel ramassis de couleurs qui ne vont pas ensemble. Côté SEO, on dirait qu’ils ont oublié d’inscrire les tags “title” dans leurs articles, et ils n’utilisent pas la réécriture d’URL. Pas très efficace.

Reste que l’équipe du “média citoyen” français a ajouté quelques mécanismes intéressants : clavardage au bas de chaque article, tri des commentaires selon leur pertinence votée par les lecteurs, et système de modération par tous les rédacteurs ayant publié au moins quatre articles.

Il faudra bien qu’un jour CentPapiers se dote de mécanismes pour modérer les articles soumis, et pour mieux identifier les commentaires pertinents.

Sinon, à l’instar de CentPapiers, Agoravox a maintenant des palmarès, et différenciera les textes d’opinions des articles “privilégiant les faits”.

Réponse à Antoine Robitaille sur le journalisme citoyen

En septembre 2006, j’écrivais un article sur CentPapiers à propos de soupçons de plagiat envers le ministre Benoît Pelletier. Après quelques jours sans répercussion médiatique, je décidai de contacter Antoine Robitaille du Devoir pour lui refiler le tuyau. Plus d’un an après les faits, M. Robitaille commente un court billet du blogue de Cent Papiers où je rapportais que le Devoir avait repris la nouvelle :

“Nuance : en fait, M. Niquet m’a envoyé un courriel dans lequel il m’indiquait le passage d’un livre qu’il citait dans son blogue. Dire que c’est « une nouvelle de Cent papiers », ce serait un peu excessif, voire trompeur. Et c’est confondre nouvelle et information. Cette information, je ne l’ai pas découverte sur le site, puisque je ne le connaissais pas. Et pour en faire « une nouvelle », j’ai fait mes propres vérifications ; interviewé des auteurs qui accusaient le ministre ; interviewé le ministre. M. Niquet m’a fourni une information, l’a soumise à mon attention via courriel. Autrement dit, la « nouvelle », c’est celle du Devoir, avec les confirmations qu’exigent les règles d’un métier bien défini et qui ne se pratique pas sur un coin de clavier. Si j’ai cité « Cents papiers », c’est que je voulais faire une fleur à M. Niquet qui m’avait donné une information. Mais des informations par courriel, on en reçoit des tonnes. Il n’y a pas ici de complémentarité particulière « entre médias traditionnels et médias citoyens ». Il y a simplement un lecteur qui a envoyé une information à un journaliste. Comme ça se fait depuis des siècles grâce aux pigeons voyageurs, à la poste, au téléphone, au télex, au fax, etc. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil, à mon sens…”

J’ai écrit à M. Robitaille pour répondre à son commentaire.

M. Robitaille,

Suite à votre commentaire sur un billet traitant du fait que vous aviez repris une nouvelle publiée sur Cent Papiers, j’aimerais préciser quelques trucs.

D’abord, ledit billet n’annonçait pas une révolution. Nous en sommes bien loin, et l’objectif n’était que d’illustrer que n’importe qui a maintenant le pouvoir de publier, annoter, commenter une information qu’il a trouvé. Si vous avez compris dans ces quelques mots la célébration d’une quelconque victoire du citoyen sur les médias traditionnels, vous vous méprenez.

Il est vrai qu’à l’époque, compte tenu de la faible renommée de CentPapiers, j’ai dû vous contacter pour vous signaler l’information. Ce n’est pas précisé dans le billet, et c’est sans doute un élément que j’aurais dû spécifier. Néanmoins, à toutes les fois que j’ai dû revenir sur le sujet à d’autres endroits, j’ai mentionné la chose. Il reste que si CentPapiers avait la visibilité des sites similaires ailleurs dans le monde, il n’est pas dit qu’un journaliste ait pu tomber sur cette nouvelle.

Pour ce qui est de confondre nouvelle et information, bien que je ne prétende pas égaler le journaliste en ce qui a trait aux “règles du métier”, il reste que dans ce cas précis, j’ai bel et bien parlé au directeur de cabinet du ministre à quelques reprises, ait parlé aux auteurs qui accusaient le ministre, et suis allé dans une obscure bibliothèque constater de visu les textes originaux mis en cause. Je crois avoir fait un bon travail “d’enquête”…

Finalement, notez que la seule réflexion que contenait le billet consistait à dire que les journalistes ne peuvent pas tout voir, mais qu’ils ont de bien meilleurs moyens pour enquêter. C’est exactement ce que vous expliquez dans votre commentaire. Il n’y a donc là pas matière à s’indigner, il me semble.

Continuez votre bon travail.

Le coiffeur citoyen, une autre réaction

Le très pertinent Fagstein (j’ai cru comprendre que ça lui plaisait quand on le complimentait), journaliste indépendant Montréalais, réagit à la “sortie” de Philippe Schnobb. Extraits choisis :

“Certainly there are professional journalists, who make their living (or a large portion thereof) performing journalism (or a reasonable facsimile thereof), usually for a big media outlet. But there are also unprofessional journalists, amateur journalists, part-time journalists. Anyone can be a journalist just by telling a story to another person. And professional journalists can easily become non-journalists, by telling lies, introducing bias or keeping the truth from themselves.”

“So if there’s no real difference between professional journalists and regular people, why can’t we trust citizen journalists?

Because trust is earned, not given away. And even professional journalists (for the most part) can be trusted only so much as they’ve earned that trust.”

Exact, le défi est là.

Sinon, j’aimerais vous faire part d’un commentaire reçu de quelqu’un qui s’y connait (voilà qui devrait contribuer à ma crédibilité), par l’entremise de la messagerie instantanée : “Un peu plus, et on va recommencer le débat sur c’est quoi un journaliste. Me semblait que nous étions rendu pas mal plus loin que cela.

Faut crère que non.

Le coiffeur citoyen, version anglaise

Évidemment, nous n’innovons pas de par notre débat sur le journalisme citoyen. Il faut lire ce billet de Jeff Jarvis sur la chose pour voir que la question est universelle.

Jarvis réagit à une chronique de Bill Keller du Guardian sur le sujet. Dan Gillmor, chantre du journalisme citoyen, y va d’un commentaire qui résume bien cette situation qui fait que plusieurs passent à côté de la question :

“Sadly, Keller and other major media people are still making this a bloggers against professional journalists question, which is not the question at all, or at least hasn’t been for anyone who actually knows anything about the development of new media.”

Lire aussi Raymond Viger sur la chose.

P.S.: désolé de revenir avec l’histoire de “coiffeur” citoyen, mais je l’ai bien aimée… permettez-moi donc faire un peu de surf là-dessus !