Étiquette : médias

Quand l’éclairage lâche à Salut Bonjour

On dirait qu’il ventait.

Quand la désinformation entraîne la haine

J’aime bien lire ce qui se passe dans les médias américains parce que les nôtres en sont un calque à plus petite échelle. Ou parce que ça donne une idée de ce qui s’en vient chez nous.

Ici, il est question de Tucker Carlson, animateur de Fox News, qui donne une tribune à un mec qui dit des faussetés sur un journaliste. Journaliste qui reçoit par la suite une tonne de messages haineux.

And then the threats against Zadrozny started pouring in. The threats got so bad, and so violent, and so specific, that Zadrozny required armed security for two weeks after the Carlson show segment. The next day, NBC News released a statement accusing Carlson of “dangerously and dishonestly” targeting Zadrozny, saying that his employer, the Fox News Channel, had “shamefully encouraged harassment and worse.” Zadrozny, however, was hardly the only journalist to receive death threats after being called out by Carlson, a conservative pundit who recently dethroned Sean Hannity as the most-watched host on the most-watched cable news network.

J’ai l’impression que Patrick Lagacé a reçu beaucoup de courrier après avoir dénoncé Radio X cette semaine…

Une publication anti-vaccin plus populaire que celles de tous les médias sur Facebook

Ça explique bien des choses.

CNN. ABC News. The New York Times. Fox News. Those are the publishers of four of the five most popular Facebook posts of articles about the Johnson & Johnson COVID-19 vaccine this week. They’re ranked 2 to 5 in total interactions, according to data from the tracking tool CrowdTangle. The No. 1 posting, however, isn’t from a news organization. Or a government official. Or a public health expert. The most popular link on Facebook about the Johnson & Johnson news was shared by a conspiracy theorist and self-described “news analyst & hip-hop artist” named An0maly who thinks the pandemic is a cover for government control.

Un autre exemple que les réseaux sociaux sont des incubateurs idéologiques.

Vie privée : « Je n’ai rien à cacher »

Les algorithmes ne servent pas seulement à vous présenter des pubs pour vous vendre des bébelles. Ils peuvent aussi servir à vous vendre une idéologie, selon cet article.

For their part, platforms have made efforts to curb some extremist content and misinformation. But these only came after years of allowing it largely unchecked — and profiting from it — and with mixed results. These measures are also reactive and limited; they do nothing to stop or curb any developing conspiracy theories or misinformation campaigns. Algorithms apparently aren’t as good at rooting out harmful content as they are at spreading it. (Facebook and YouTube did not respond to request for comment.) […] The conspiracies might be much easier to find (even when you weren’t looking for them); you still choose whether or not to go down the path they show you. But that path isn’t always obvious. You might think QAnon is stupid, but you will share #SaveTheChildren content. You might not believe in QAnon, but you’ll vote for a Congress member who does. You might not fall down the rabbit hole, but your friends and family will.

Alain Finkielkraut en ondes cinq minutes sans le savoir

Journalisme et réseaux sociaux: perdre le contrôle pour gagner en visibilité?

Un passage qui m’interpelle dans le texte de Dominic Tardif sur le comportement des journalistes sur les réseaux sociaux:

Après la fermeture en 2020 de Voir Québec, où il signait une chronique, Mickaël Bergeron choisit de mettre en ligne, sur sa page personnelle, des microbillets décortiquant l’actualité. « Ça m’a fait beaucoup réfléchir, parce que j’avais cette impression d’avoir plus d’impact en les mettant simplement sur Facebook que lorsque je publiais dans Voir », se rappelle l’auteur de l’essai Tombée médiatique (Somme toute), désormais chroniqueur au quotidien sherbrookois La Tribune. « Encore aujourd’hui, j’ai l’impression que certaines de mes chroniques, même si elles ont une belle vie, circuleraient mieux si je les publiais directement sur Facebook. »

Depuis le début de 2021, j’essaie de faire ma « revue de presse » quotidienne ici plutôt que de partager des articles directement sur Facebook, ce qui aurait plus d’impact. C’est d’abord pour garder un contrôle sur mes archives en constituant une base d’informations sur les sujets qui m’intéressent. Une pratique que l’algorithme de Facebook n’apprécie pas nécessairement. Mais quand Facebook n’existera plus ou sera remplacé par le nouveau réseau à la mode, je n’aurai rien perdu…

L’important, c’est de participer

Richard Hétu cite les mémoires de John Boehner ce matin dans un article sur les frasques du représentant républicain Matt Gaetz:

En parlant de la nouvelle couvée de représentants républicains élus cette année-là, il écrit, selon un extrait de son livre (en anglais) publié sur le site de Politico : « On pouvait voir que [certains d’entre eux] ne faisaient pas attention parce qu’ils ne pensaient qu’à la manière de collecter des fonds en s’indignant ou à la manière de passer à Hannity ce soir-là. Ronald Reagan avait l’habitude de dire que s’il obtenait 80 % ou 90 % de ce qu’il voulait, c’était une victoire. Ces types voulaient 100 % chaque fois. En fait, je ne pense pas que cela les satisferait, car ils ne voulaient pas vraiment de victoires législatives. Ils voulaient des sujets clivants, des complots et des croisades. »

Pour obtenir de la visibilité dans les médias, il faut être outrancier. Et depuis Trump être outrancier sans se soucier de la vérité est une qualité.

Inventer une fausse journaliste Française pour défendre la Chine

Tant qu’à inventer des nouvelles, pourquoi ne pas inventer des journalistes.

The so-called French journalist, who CGTN alleges completed a double degree in history and archaeology from the University of Paris, denied the accusations of genocide within the camps and vowed to fight countries like the US and the UK on the issue. However, after hearing of a French national speaking out on the contentious issue, French newspaper Le Monde decided to do a little bit of digging, only to conclude that Laurène Beaumond does not exist.

Je doute que la nouvelle fasse les manchettes en France…

Les moutons anti-vaccins

Semble-t-il qu’aux États-Unis (et ça doit percoler jusqu’ici) les producteurs de désinformation contre les vaccins ne seraient qu’une douzaine.

Pour arriver à ces conclusions, les chercheurs ont analysé les 425 comptes antivaccins les plus actifs sur les réseaux sociaux. Ils ont constaté que ces comptes avaient un total de 59,2 millions d’abonnés en décembre 2020, ce qui représente une hausse de 877 000 par rapport à juin 2020. Le contenu de plus de 689 000 publications antivaccins créées au cours des deux derniers mois provenait au départ d’à peine 12 de ces 425 comptes. « Un moyen clair et immédiat d’arrêter la diffusion de désinformation antivaccin serait de retirer ces 12 comptes des plateformes », estime M. Ahmed. Un rapport déposé par le CCDH l’an dernier a montré que dans 95 % des cas où des informations erronées sur la COVID-19 étaient signalées par des utilisateurs, les plateformes de réseaux sociaux ne prenaient aucune mesure.

Ça ne prend que 12 fabulateurs pour influencer 60 millions de personnes. C’est beau la viralité.

Sidney Powell: quand les polémistes se désavouent eux-mêmes

L’avocate de Donald Trump dans le dossier de la fraude électorale imaginaire lors de la dernière élection a offert une défense magique:

Les avocats de Sidney Powell ont écrit qu’«aucune personne raisonnable» n’aurait pu croire que les accusations de leur cliente étaient «des déclarations de faits» : «Les personnes raisonnables comprennent le langage de l’arène politique qui est, comme celui utilisé dans des conflits professionnels, souvent vitupérant, abusif et inexact. C’est un principe reconnu que les déclarations politiques ont tendance à être exagérées», peut-on lire dans la demande de rejet.

Ça ressemble un peu à la défense de Tucker Carlson de Fox News dans une poursuite (« Carlson is not ‘stating actual facts’ about the topics he discusses and is instead engaging in ‘exaggeration’ and ‘non-literal commentary.’ ») ou d’Alex Jones, qui serait une sorte d’acteur selon son avoctat (« He’s playing a character »).

Bref, des gens qui s’assument.