Les moutons de Québécois

Je ne suis pas souvent d’accord avec les propos de Christian Dufour, mais pour ce qui est du “bilinguisme” des Québécois, j’ai l’impression que l’on pense sensiblement la même chose.

“Le titre de cet essai tout frais: Les Québécois et l’anglais, le retour du mouton. Avec, sous le titre, une photo du mouton, qui dit: «Je suis baaa-lingual».

Quel est le problème? Outre le fait que les Québécois soient incroyablement fiers de leur personne quand ils savent à peu près bien parler anglais, le problème, c’est que les Québécois sont trop gentils et que ce n’est pas innocent, selon M. Dufour. «L’ouverture et la tolérance dont on parle toujours de façon élogieuse (…) sont en partie l’envers d’une malsaine abdication identitaire, manifestation la plus récente d’un atavisme de conquis», écrit-il.

Les plus moutons des moutons? Les jeunes, avance l’auteur, citant à cet égard une étude de mai 2008 du Conseil supérieur de la langue française selon laquelle ils sont vraiment très prompts à passer à l’anglais dans une conversation. «La perspective d’entrée en conflit avec un non-francophone ne plaît guère, surtout s’il s’agit d’un nouvel arrivant», écrit M. Dufour.”

Rien ne m’énerve plus qu’un francophone qui “switch” à l’anglais pour “se pratiquer”, surtout quand l’interlocuteur anglophone se force pour parler français. Même chose pour les réunions en anglais lorsqu’il y a un anglophone pour neuf francophones dans la place.

Nous ne sommes pas moins cons que les autres

Je trouvais les états-uniens débiles après avoir vu l’excellent Rick Mercer leur poser des questions, mais visiblement (et ce n’est pas nécessairement une surprise), les québécois ne sont pas mieux. D’ailleurs, il était assez drôle Mercer dernièrement, parlant des coupes en culture :

“Nice to know there is still a ring of truth to that old cliché : rich like a Canadian poet.”

Mais je disais donc, nous sommes cons, comme le démontre cette vidéo de Guy Nantel :

Et le succès souvenir de Rick Mercer :

Patrick Bourgeois et la charcuterie

Il y a quelque temps, un rédacteur de CentPapiers, conspirationniste sur les bords, claquait la porte parce que l’édition de son texte ne faisait pas son bonheur :

“Merci beaucoup pour ce traitement plus que cavalier dans la façon de « golfer » mon dernier texte sur le soufflet de Radio-Canada à l’endroit de Patrick Bourgeois.

Vous charcutez d’abord le titre pour être bien certain que le nom Radio-Canada n’y apparaisse pas et que le public ne sache pas rapidement de quoi il est question ; vous le placez dans la section « opinions » alors qu’il s’agît d’un compte rendu orienté (pour rendre intelligibles aux gens les agissements historiques du grand chiffon) ; vous le golfez, enfin, après quelques heures de parution.” (lire au complet ici si inscrit à CentPapiers)

Bref, on nous accusait d’être à la solde de Radio-Canada, ou quelque chose comme ça. L’erreur était d’avoir enlevé “Radio-Canada” du titre du texte. C’était quand même léger comme charcutage. Rien à voir avec ce que le M. Bourgeois exerce sur le forum du Québécois, tel qu’expliqué par Simon Jodoin sur la Tribu du Verbe :

“Ce qui n’est pas banal, cependant, c’est que suite à la fermeture de ces discussions sur le forum des éditions et du journal Le Québécois, les administrateurs, dont Patrick Bourgeois est le grand manitou, ont purement et simplement modifié mes interventions. On a ajouté des dizaines de fautes d’orthographe grossières et des inepties d’une bassesse déconcertante.”

Ah, s’il y avait moins d’indépendantistes cons…

Ces choses que je ne comprends pas dans le débat sur le système de santé

  • Pourquoi continuons-nous d’appeler Claude Castonguay le “père de l’assurance maladie” ? Le type a été Ministre de la Santé pendant 6 mois, et représentant des compagnies d’assurances pendant 30 ans. Il me semble que de le présenter comme le père de l’assurance maladie, c’est détourner le regard de ses véritables allégeances.
  • Pourquoi les gens pensent-ils être capables de payer leurs frais de santé ? Pour donner une idée, un accouchement au Québec coûtait en moyenne 3500$ en 2001. Dans le cas de maladies graves, les coûts des traitements sont exorbitants. J’ai entendu quelque part qu’avant l’assurance maladie, l’occurrence d’un problème sérieux de santé était le principal facteur d’appauvrissement d’une famille.
  • À quel moment permettre aux médecins de travailler dans le privé résoudrait le problème du système qui est fortement lié au manque de médecins et d’infirmières ? Les médecins iraient de plus en plus vers le privé où les cas sont moins lourds, et l’on se ramasserait avec d’encore plus longues listes d’attentes.
  • Justement, les listes d’attente, tiens. Avez-vous déjà vu quelqu’un mourir dans une file d’attente ? Ça n’arrive tellement jamais que lorsque c’est le cas, on en fait une enquête publique. Les cas urgents sont traités de façon urgente, et le service est la plupart du temps excellent.

Évidemment, je suis très loin d’être un expert. Mais il me semble que la couverture médiatique a parfois une drôle de teinte.