Le Grand Club RDS, la suite

Je m’étais un peu moqué du tout nouveau Grand Club RDS au cours de notre Pod’Casque #20.

En gros, je disais que :

  1. il est facile de faire participer la population quand il est question de sport : tout le monde est un expert et a le potentiel d’en devenir un (on a qu’à penser à Jean-Charles);
  2. il est payant de créer des pages et des pages de contenu sur le web pour y afficher de la publicité de chars et de bière de Serge;
  3. le mélange des deux donne de la grosse schnoutte.

Je notais aussi qu’on retrouvait beaucoup de trucs qui n’avaient pas trop rapport avec le sport sur le Grand Club RDS comme des vidéos de Coldplay ou des photos de japonaises sexy.

Émile s’était aussi plaint auprès de RDS qui s’était auto proclamé “Premier réseau social francophone entièrement dédié au sport sur le web”. RDS s’était par la suite rétracté.

Il semble qu’un des concepteurs de la patente n’ait pas suivi la discussion et vienne de se réveiller avec un commentaire légèrement méprisant sur le blogue de Yannick Manuri.

“Au niveau des fonctionnalités et des capacités de réseautage – Le Grand Club de RDS est loin de tout doute le premier réseau social axé sur le sport qui possède une architecture capable d’évoluer selon les nouveaux modèles de Web Social émergents.

Aucune comparaison avec les autres aggrégateurs de Blogs qui prétendent faire du Web Social.”

Regardez ça si c’est gentil.

La lutte pour le patrimoine sur Internet

Un des facteurs important dont il faut tenir compte dans l’analyse de la participation citoyenne en ligne est l’affiliation des participants à des groupes de pression. Je suis tombé sur un article de Bérénice Waty qui parle un peu de leur présence sur le Web, dans le cas particulier du patrimoine. En voici un résumé et quelques réflexions.

Les luttes urbaines pour la protection du patrimoine bâti font jaser depuis longtemps. Les années 1960-1970 furent marquées, à Montréal entre autres, par de grands projets de “modernisation” mus par le désir de faire table rase du passé afin d’entrer de plain-pied dans l’ère du béton et d’un fonctionnalisme désincarné. Plusieurs groupes communautaires ont vu le jour afin de défendre leur environnement et le patrimoine montréalais. Si l’on reconnaît que le patrimoine est le fait de ceux qui le vivent bien plus que celui des experts, il n’est pas étonnant que le citoyen s’organise pour sauvegarder son milieu de vie. À l’ère de l’information, comment ces organisations utilisent-elles Internet pour mener à bien leur défense du patrimoine ?

C’est la question que s’est posée Bérénice Waty, doctorante en anthropologie, dans son article tiré de “Patrimoine et patrimonialisation : du Québec et d’ailleurs“. L’auteure s’est penchée sur quelques cas français pour réaliser son analyse. Comme elle l’explique d’entrée de jeu, aux acteurs traditionnels de la protection du patrimoine (experts, élus, population) se sont greffés des participants qui jouent un rôle de plus en plus important : les journalistes et les associations. Ces dernières, qui nous intéressent particulièrement, utilisent maintenant internet comme outil de connaissance et de propagande, selon les dires de Me. Waty.

Selon elle, les associations se servent du Web à diverses sauces. Il s’agit d’abord d’un moyen d’asseoir l’association, de se présenter aux autres. De là, certaines associations utilisent le Web comme plateforme de discussion afin d’échanger leurs idées et de planifier la contestation. Surtout, les associations y développent la coopération en tissant des liens avec d’autres groupes du même acabit en vue d’échanger de l’information ou de joindre leurs forces.

Cette présence en ligne permet à la fois aux associations d’atténuer l’effet NIMBY (pas dans ma cour) puisque la lutte n’est plus purement locale, mais internationale, et de s’affirmer comme porteuses de compétences et d’une maîtrise des dossiers dans tous ses aspects. Elles s’imposent sur le Web comme références en la matière. Il reste que pour Bérénice Waty, ces “sites Web ne remplacent en rien les actions de terrain entreprises, d’autant plus que les pages des sites s’en nourrissent”.

De plus, la glocalization, cette opposition entre actions locales et enjeux globaux, si elle permet d’aller au-delà du NIMBY, entraîne aussi “la perte de l’argument identitaire en tant que source de mobilisation”. Sur internet, les associations doivent faire correspondre leur message aux visiteurs délocalisés.

Considérant la popularité grandissante des réseaux sociaux comme Facebook, des blogues, des agrégateurs sociaux, du micro-bloguage, ou du microcrédit, on peut se demander si une analyse qui irait au-delà des sites Web de ces organisations ne serait pas plus pertinente. Les groupes communautaires ont en effet bien souvent peu de moyens pour mettre en place des sites efficaces qui permettent une collaboration dans la planification de l’action militante, mais surtout, qui bénéficient d’une visibilité suffisante pour faire effet. Ces acteurs peuvent toutefois miser sur le potentiel “viral” des réseaux sociaux pour propager l’information rapidement et à un plus grand nombre. Potentiellement, il devient possible d’alerter l’opinion publique grâce aux médias alternatifs ou traditionnels selon l’ampleur de la mobilisation.

Il existe de nombreux moyens d’utiliser ces réseaux pour engendrer des changements sociaux, et il fait peu de doute que les organisations de défense du patrimoine en viendront à les utiliser, si ce n’est pas déjà fait. Ce n’est pas autant dans leurs propres sites web que les militants exercent une influence, mais dans la multitude des sites qu’ils investissent.