MonAvis.ca : où est la limite à s’inspirer des autres ?

On ne m’a pas demandé mon avis sur MonAvis.ca. Tant pis. Je trouve le concept très intéressant, même si comme Stéphane, je ne suis pas certain que la masse critique pour en faire un succès sera atteinte. Surtout, comme Benoît Descary, je trouve l’interface beaucoup trop chargée.

Disons que je suis pas mal dans la surcharge (ou la décharge) par les temps qui courent avec ma tentative d’allègement du design de Cent Papiers.

Mais en gros, l’idée est bonne. À propos du concept “tout le monde peut être un critique”, lire ce texte.

Un commentaire d’un certain Fabrice au billet de Benoît Descary rappelle toutefois que MonAvis.ca est un clone de Yelp.com. La disposition des sections et les icônes sont à peu de choses près identiques à ce qu’on voit chez Yelp.

Évidemment, je suis mal placé pour dénoncer la reprise d’un concept étranger. Ce n’est sûrement pas nous qui avons inventé celui de média citoyen. Il reste qu’on peut se demander où est la limite à emprunter les idées des autres.

Ça me turlupine d’autant plus que je m’inspire beaucoup de ce que je vois sur d’autres sites web pour rénôver Cent Papiers. Évidemment, je ne pique pas intégralement des éléments de ces sites, mais jusqu’à quelle point puis-je adapter les boîtes de UxMag, la disposition de The Nation, ou tout autres éléments glânés sur les galeries de sites en CSS, sans qu’on ne m’accuse de plagiat ?

L’industrie du torrent québécois

Je suis toujours impressionné de voir comment ceux qui partagent et distribuent des fichiers illégaux en ligne se donnent pour la cause.

J’ai donc pris mon courage à deux mains pour réaliser une enquête sur le terrain et pour tenter de découvrir ce qui motivait ces fous de l’upload, et plus généralement, comment se portait l’industrie du torrent québécois.

À lire juste là.

J’ai peur de Second Life

Il y a un engouement certain pour le phénomène Second Life par les temps qui courent. J’en connais peu sur le sujet, mais certains y voit l’avenir du Web (bon, ça ne s’appelera peut-être plus “Web”) et suggèrent que les entreprises devraient y installer leur pénates. Ils ont probablement raison.

N’empêche qu’après avoir lu quelques textes dans un magazine (Le Monde 2) où l’on décrivait les activités de certains usagers extrêmes de Second Life et d’autres “jeux” de cet acabit, j’ai un peu la chienne de ce qu’il adviendra de ces accrocs de SL (comme disent les intimes) à mesure que la popularité du service augmentera. Certains des adeptes de cet univers imaginaire y consacrent un nombre incroyable d’heures, et l’on constate qu’il est facile de se réfugier sous une identité virtuelle pour échapper à la réalité (c’est sûrement le cas aussi pour les blogues et autres “médias sociaux”).

Je mène une vie parfaitement heureuse, et suis un peu inquiet d’avoir l’impression que je pourrais rapidement m’accrocher à un machin comme Second Life.

Mise à jour: Tiens, une parodie de Seconde Life, Get a First Life

La procrastination en hausse

Une étude du professeur Piers Steel de l’Université de Calgary conclut que la procrastination augmente au sein de la société et qu’elle rend les gens “plus pauvres, plus gros et malheureux”, rapporte l’AP.

Selon l’auteur de l’étude, en 1978, seuls 5% des États-Uniens se disait “procrastineur chronique”, un taux qui est maintenant passé à 26%. M. Steel, qui a par ailleurs terminé son étude cinq ans en retard, estime que le PNB des États-Unis pourrait augmenter de 50 milliards de dollars si on interdisait l’utilisation du courrier électronique.

En voilà un avec qui Lucien Bouchard s’entendrait bien.

Dans le même ordre d’idées, le désormais célèbre site des Têtes à claques vient d’être banni par le conseil scolaire d’Ottawa. On invoque dans ce cas-ci l’impertinence des vidéos, mais on peut penser que le temps perdu à visionner ces clips à l’école ou au boulot pèse dans la balance. Il en va de même du temps consacré à YouTube et ses émules, qui sont loin d’être garants d’un contenu de qualité, comme l’explique Michel Leblanc.

Parions que les filtres utilisés par les entreprises pour bloquer l’accès à certains sites se feront dans l’avenir beaucoup plus restrictifs.

Via: Smart Mobs: Procrastination a growing trend: Diversions like electronics at work, home are to blame, study shows

Les jeunes de nos jours…

Pertinente mise au point du magazine Technology Review du MIT à propos des inquiétudes quant à la qualité de la langue utilisée sur Internet. Bien sûr, il ne faut pas négliger le fait que certains “jeunes de nos jours” ont l’abréviation assez facile lorsqu’ils clavardent, mais je me suis toujours dit que le simple fait d’écrire, bloguer ou envoyer des courriels pourrait avoir des effets bénéfiques.

Shanahan points to the more than 30 billion e-mail messages and 5 billion text messages that are exchanged every day as evidence of how technology “is raising the value of reading in our society, both as an economic and as a social activity.

L’alphabétisme évoluera, selon Bronwyn Williams professeur d’anglais à l’Université de Louisville:

“In coming years literacy will mean knowing how to choose between print, image, video, sound, and all the potential combinations they could create to make a particular point with a specific audience. What will not change is the necessity of an individual to be able to find a purpose, correctly analyze an audience, and communicate to that audience with information and in a tone that audience will find persuasive, engaging, and intelligent.”

Technology Review: Literacy and Text Messaging

Internet en six temps

Excellente analyse, inspirée entre autres de Manuel Castells, du toujours pertinent Martin Lessard, sur les six cultures d’Internet. Les cinq premières cultures seraient celles des militaires, de l’élite technico-scientifique académique, des programmeurs, des communautés virtuelles (à l’époque des bon vieux BBS), des entrepreneurs.

Nous voici maintenant dans le Web 2.0, la vague des “opérateurs de symboles”:

La nouvelle culture et ses outils ne sont pas sans danger. Elle n’estpas non plus universelle, car seule une minorité sera toujoursintéressé à communiquer. Mais elle est différente des précédentes etc’est elle je crois qui donne ce sentiment que nous passons à autrechose aujourd’hui, à une version 2.0 du web… ou à Internet 6.0.

Une minorité est intéressée à diffuser ou interagir, mais il reste que cela ouvre un éventail de messages et de choix différents que le consommateur d’information n’avait pas auparavant. S’agit de séparer le grain de l’ivraie…

ZERO SECONDE: Les 6 cultures d’Internet (par Martin Lessard)