Ce que devraient faire les médias

Selon Jeff Jarvis, les grands médias devraient se transformer en interfaces permettant au public d’utiliser, de remixer et de contribuer à l’information. Voici ces conseils en traduction libre:

  • Encouragez les lecteurs à distribuer vos contenus pour vous.
  • Pensez de façon distribuée (je ne sais pas trop ce que ça implique).
  • Encouragez les lecteurs à remixer vos contenus. Ils le font déjà, alors arrêtez de voir la chose comme un vol et dites vous que si vous n’êtes pas “rémixé”, vous ne faites plus parti de la conversation.
  • Devenez une platforme pour les nouvelles. Permettez aux lecteurs de vous utiliser pour faire des liens vers des gens ou de l’information.
  • Expérimentez. Développez des laboratoires de nouvelles et laissez les gens y participer pour qu’ils créent et critiquent à vos côtés.

Évidemment, cette transformation implique l’utilisation de nombreux mécanismes de régulation pour que le tout ne tourne pas mal. Les trolls ne sont jamais bien loins. Il faudra peut-être que les médias traditionnels s’ouvrent un peu plus pour concurrencer les blogues dans un avenir très proche où le Web sera le médium principal.

Source: BuzzMachine » Blog Archive » WWGD: The news API

Ce qu’il adviendra de la télé et des journaux

Hayden Shaugnessy, journaliste et “stratège des technologies”, développe sur Blogcritics sa vision de ce que deviendront la télévision et les journaux. Voici en gros et en traduction libre ce qu’il prévoit:

  1. D’ici cinq ans, les journaux se seront débarassés de la plus grande partie de leurs employés pour miser en ligne sur des rédacteurs qui leur offriront du contenu gratuit.
  2. Les journaux prendront moins de place dans les kiosques, et plus de place en ligne. Leur influence diminuera.
  3. Wikipédia ou un équivalent deviendra l’autorité pour agréger le contenu qui proviendra des journaux et des blogueurs.
  4. Ce que vous connaissez relèvera de ce que vous pouvez croire et de qui d’autre croit.
  5. L’affiliation sera cruciale pour juger de la justesse de l’information, et elle sera inscrite dans des mondes virtuels comme Second Life.
  6. Comme toute l’information sera gratuite, tous devront se tourner uniquement vers la publicité pour survivre. De nombreux bureaux de nouvelles fermeront et le groupe des blogueurs locaux deviendra la source d’information primaire.
  7. La télévision se concentrera sur le vedettariat et le bizarre et l’offre de qualité se déplacera vers le Web.
  8. La télévision deviendra un mode d’interaction créative et de collaboration.
  9. Toute organisation aura ses propres moyens de production et de diffusion. Par exemple, le réseau sportif pourra être exploité par Adidas, Puma ou Nike sans aucun intermédiaire.
  10. Le “recommendeur” deviendra une nouvelle profession.

Il s’agit sans doute là d’un portrait possible de ce que pourrait devenir le paysage médiatique. Même si l’horizon de cinq ans me semble court pour quelques propositions, certains des points décrivent ce qui est déjà en train de se produire. Des journaux s’allient à des médias citoyens, les blogueurs ont de plus en plus d’influence, la crédibilité devient un enjeu crucial et dépends souvent de l’affiliation.

Toutefois, je n’irais pas jusqu’à dire que le Web laisse plus de place à la qualité qu’au bizarre…

Si je ne suis pas convaincu de la concrétisation de la débâcle des journaux annoncée par Shaugnessy, ce qu’il y a de certain, c’est que tout ça suppose une plus grande interaction entre lecteurs et rédacteurs (professionnels ou pas), ce qui fait grandement défaut dans le système massmédiatique actuel. Comme le dit Yochai Benkler dans “The Wealth of Networks”:

“The internet allows indidivuals to abandon the idea of the public sphere as primarly constructed of finished statements uttered by a small set of actors socially understood to be “the media” (wheter state owned of commercial) and separated from society, and to move toward a set of social practices that see individuals as participating in a debate.”

On constate que cette vision est reconnue dans une certaine mesure par quelques entreprises médiatiques, non sans de nombreux heurs issus de la confrontation des journalistes avec leurs lecteurs. Faudra apprendre à vivre avec…

Source: Blogcritics.org: Ten Things That Will Happen to TV and Newspapers

Citizenbay

TechCrunch annonce l’ouverture prochaine de CitizenBay, un média citoyen axé sur les nouvelles locales où les contributeurs seront rémunérés.

À moyen terme, Cent Papiers devrait aussi offrir des nouvelles locales par l’entremise de portails régionaux. Les régions sont souvent mal desservies par les grands groupes médiatiques qui leur imposent le contenu de la métropole ou de la capitale. Néanmoins, pour l’instant, la base des contributeurs est trop petite et les moyens de promotion trop réduits pour ouvrir ces “filiales “.

Pour ce qui est de payer les contributeurs, il s’agit bien sûr là de quelque chose d’envisageable. Toutefois, on voit mal comment le fait de recevoir entre 1$ et 10$ par contribution puisse motiver le journaliste citoyen. Surtout, il est pour l’instant écarté de présenter des publicités (qui financeraient la chose) sur Cent Papiers.

Via TechCrunch en français » Citizenbay lance le journalisme citoyen local rétribué (Fr et US)

Canoë victime de pirates ?

Le portail Canoë de la compagnie Québécor aurait été victime de pirates informatiques, au beau milieu de la crise au collège Dawson.

Drôle de hasard qu’au moment où les sites de tous les médias du Québec tournent au ralenti parce que surchargés, Canoë cesse de répondre parce victime d’un pirate. Ça sonne comme une excuse du gars du service technique au boss pour expliquer la défaillance de ses installations…

Via Radio-Canada: Accueil – Le carnet techno de Bruno Guglielminetti

Internet en six temps

Excellente analyse, inspirée entre autres de Manuel Castells, du toujours pertinent Martin Lessard, sur les six cultures d’Internet. Les cinq premières cultures seraient celles des militaires, de l’élite technico-scientifique académique, des programmeurs, des communautés virtuelles (à l’époque des bon vieux BBS), des entrepreneurs.

Nous voici maintenant dans le Web 2.0, la vague des “opérateurs de symboles”:

La nouvelle culture et ses outils ne sont pas sans danger. Elle n’estpas non plus universelle, car seule une minorité sera toujoursintéressé à communiquer. Mais elle est différente des précédentes etc’est elle je crois qui donne ce sentiment que nous passons à autrechose aujourd’hui, à une version 2.0 du web… ou à Internet 6.0.

Une minorité est intéressée à diffuser ou interagir, mais il reste que cela ouvre un éventail de messages et de choix différents que le consommateur d’information n’avait pas auparavant. S’agit de séparer le grain de l’ivraie…

ZERO SECONDE: Les 6 cultures d’Internet (par Martin Lessard)